La confiance de la population envers la police chute à nouveau
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La confiance de la population envers la police chute à nouveau

Le taux de désapprobation monte de 69 % à 84 % ces dernières semaines, selon la Deuxième chaîne

Le chef de la police, Roni Alsheich, pendant une réunion à la Knesset, le 9 févier 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la police, Roni Alsheich, pendant une réunion à la Knesset, le 9 févier 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le taux d’approbation de la police israélienne a spectaculairement diminué ces dernières semaines, alors que les forces de l’ordre sont lourdement critiquées pour leur gestion de plusieurs affaires très visibles.

La Deuxième chaîne a annoncé mercredi que le mécontentement des Israéliens vis-à-vis de leur force de police a augmenté de 69 % – un niveau assez constant pendant les 17 derniers mois – à 84 % ces dernières semaines.

La Deuxième chaîne a utilisé un article de Buzzilla, un service qui trace les tendances dans les informations, les réseaux sociaux, les blogs et les forums internet.

« La police est vue comme corrompue, et ses fonctionnaires inaptes pour différentes raisons », a déclaré la compagnie à la chaîne.

La police a été assaillie ces dernières années par une série de scandales sexuels parmi ses dirigeants, ainsi que par des affirmations d’incompétence et d’utilisation excessive de la force.

Le chef de la police Roni Alsheich s’était plaint le mois dernier que les forces de l’ordre en Israël étaient devenues un « punching-ball » pour les médias, après des vidéos de policiers en civils battant un arabe à Tel Aviv qui avaient attiré des torrents de critiques.

Alsheich lui-même a été l’objet de la plupart des critiques en raison d’une absence perçue de transparence et d’une attitude inamicale envers la presse.

Il a affronté des réactions sévères pour avoir affirmé fin mai que la recommandation de la police d’inculper l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, pour corruption n’aurait pas dû être publiée.

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec son avocat, Yossi Cohen, au tribunal régional du travail de Jérusalem, le 29 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec son avocat, Yossi Cohen, au tribunal régional du travail de Jérusalem, le 29 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Buzzilla a noté dans son évaluation que la plupart des mauvais sentiments à l’égard de la police exprimés récemment était concentrée sur Alsheich. « Le discours sur la police indique une pensée qu’Alsheich est un ‘béni-oui-oui’ de Netanyahu et pas un chef de police important et indépendant, comme attendu », a noté la compagnie.

Les forces de police ont également été critiquées pour sa gestion confuse du viol d’une Israélienne handicapée ; son échec à empêcher un double homicide à Rishon Lezion malgré les plaintes répétées de la victime, Anastasia Rusanov, auprès de la victime contre son ancien petit ami devenu assassin, Ian Gavrielov ; et son refus de rendre publique l’identité de Gavrielov au public pendant qu’il était recherché.

Même la mort de Gavrielov quelques jours plus tard pendant un échange de tirs avec la police est devenue une gêne pour la police israélienne, les policiers ayant initialement affirmé qu’il avait été tué par un haut officier, avant que l’examen post-mortem ne montre qu’il s’était en fait tiré une balle dans la tête, et n’avait été touché par aucune balle de la police.

Alsheich, ancien vice directeur des services de sécurité internes du Shin Bet, est devenu chef de la police en décembre après un processus de nomination interminable, les dirigeants israéliens espérant que sa gestion mettrait fin à une période tumultueuse pendant la police israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déclaré à l’époque qu’il espérait qu’Alsheich ouvrirait un nouveau chapitre de l’histoire de la police.

Cependant, Buzzilla a résumé dans son rapport, « il est évident que la police est devenue incapable de réhabiliter son image et de gagner la confiance du public. Cette défiance commence avec les hauts gradés et ruisselle jusqu’aux policiers. La tentative de reconstruire l’image [de la police] par un nouveau chef n’a pas fait ses preuves. »

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