La France ne reconnaît « aucune souveraineté israélienne dans les Territoires »
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La France ne reconnaît « aucune souveraineté israélienne dans les Territoires »

La représentante de la France à l'ONU s'est par ailleurs inquiétée de "l’aggravation de la politique de colonisation, qui sape la viabilité de la solution des deux Etats"

Le Conseil de Sécurité de l'ONU. Sur cette photo datant du 20 décembre 2016, les membres respectent une minute de silence à la mémoire de l'ambassadeur de la Fédération Russe en Turquie, qui a été assassiné le 19 décembre lors d'un attentat terroriste à Ankara. (Crédit : Photo ONU/Manuel Elias)
Le Conseil de Sécurité de l'ONU. Sur cette photo datant du 20 décembre 2016, les membres respectent une minute de silence à la mémoire de l'ambassadeur de la Fédération Russe en Turquie, qui a été assassiné le 19 décembre lors d'un attentat terroriste à Ankara. (Crédit : Photo ONU/Manuel Elias)

« La France ne reconnaît aucune souveraineté israélienne sur l’ensemble des territoires occupés, et conformément à la Charte des Nations unies, nous jugeons illégale l’acquisition de territoires par la force que ce soit à Jérusalem, en Cisjordanie ou sur le plateau du Golan », a déclaré ce lundi 20 juin Anne Gueguen dans un discours au Conseil de sécurité de l’ONU.

Représentante permanente adjointe à la mission permanente de la France auprès des Nations unies, la diplomate a également annoncé que la France était « extrêmement préoccupé par la dégradation de la situation sécuritaire à Gaza ».

Elle en a profité pour « réitérer le plein soutien de la France à l’action de l’UNRWA et la France appelle tous les contributeurs à maintenir cette année notre niveau d’engagement financier à l’occasion de la conférence des donateurs de l’organisation [tenue] le 25 juin ».

« Pour sa part, la France a déjà annoncé le doublement de sa contribution à l’UNRWA en 2019. A termes, il n’y aura pas de solution à Gaza sans une levée du blocus assortie de garanties de sécurité crédibles pour Israël », a-t-elle ajouté.

La responsable a également appelé au retour d’une « stabilité durable à Gaza » qui ne saurait être mise en vigueur « sans solution politique qui passe par le retour complet de l’Autorité palestinienne ». Gueguen n’a pas prononcé le mot Hamas, le groupe terroriste palestinien à la tête de l’enclave.

« Enfin, l’avenir de Gaza ne peut être séparé de l’objectif de l’établissement de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Il n’y aura pas d’Etat palestinien sans Gaza et pas de solution politique durable dans la région sans Etat palestinien », a-t-elle estimé.

« Ceci m’amène à revenir sur l’aggravation de la politique de colonisation en Cisjordanie, qui sape les fondements et la viabilité de la solution des deux Etats. Depuis le début de l’année, plus de 4 500 nouvelles unités de logement ont fait l’objet de décisions d’approbation en Cisjordanie. La France est également préoccupée par la publication par les autorités israéliennes le 30 mai d’appels d’offres pour des constructions dans des colonies à Jérusalem-Est, dont plus de 800 unités de logements. Avec plus de 600 000 colons, dont 200 000 à Jérusalem, nous sommes proches du point de non-retour. Les différentes initiatives, visant à appliquer le droit israélien en Cisjordanie, contribuent à un mouvement d’annexion de fait. Nous prenons ces évolutions d’autant plus au sérieux qu’elles ont été doublées de déclarations préoccupantes sur l’annexion de tout ou partie des territoires occupés. »

Anne Gueguen estime que « si cette évolution devait se poursuivre, elle marquerait pour les Palestiniens l’abandon de leurs aspirations nationales qui passent par l’établissement d’un Etat ; et pour les Israéliens, la renonciation au caractère démocratique de l’Etat d’Israël. Par ailleurs, il est impératif de mettre fin aux discours de haine et d’incitation à la violence dont le Coordinateur spécial vient de rappeler qu’ils persistent et que la France condamne ».

Elle a enfin rappelé que « dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer les paramètres agréés par la communauté internationale de la solution des deux Etats ».

En référence à l’organisation du sommet de Manama, organisé ces 25 et 26 juin, elle a expliqué que la « ‘paix économique’ ne saurait se substituer à la recherche d’un véritable règlement politique, fondée sur la solution des deux Etats et sur l’ensemble des paramètres internationaux agréés, eux-mêmes ancrés dans le droit international et les résolutions de ce Conseil. Toute tentative de s’écarter de ces paramètres, définis collectivement, serait condamnée à l’échec ».

Nommée à son poste en avril 2017, Anne Gueguen a à plusieurs reprises condamné la politique israélienne. En mai dernier, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, elle avait déjà présenté les mêmes positions et arguments.

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