La France veut doubler le nombre de visas pour les Iraniens en 2017
Rechercher

La France veut doubler le nombre de visas pour les Iraniens en 2017

Cette annonce intervient dans un contexte tendu après le décret du président américain qui interdit l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, dont l'Iran

Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, devant les Nations Unies à New York le 19 septembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)
Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, devant les Nations Unies à New York le 19 septembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)

La France veut doubler le nombre de visas pour les Iraniens en 2017, a annoncé lundi le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, dans un contexte international tendu après les restrictions imposées par Washington aux citoyens de sept pays dont l’Iran.

« La France souhaite pouvoir permettre au plus grand nombre d’Iraniens désireux de voyager en France de demander un visa dans les meilleures conditions », a déclaré M. Ayrault, arrivé lundi soir à Téhéran pour sa première visite en Iran.

« Ce projet, qui vise à doubler le nombre de visas actuellement délivrés en Iran, devrait se concrétiser à l’été 2017 », a-t-il précisé. A l’heure actuelle, 41.000 visas sont délivrés chaque année à des Iraniens.

Cette annonce intervient dans un contexte tendu après le décret du président américain Donald Trump qui interdit l’entrée aux Etats-Unis pendant trois mois aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, dont l’Iran.

Cette décision a provoqué une forte émotion en Iran, où une importante communauté a des attaches familiales aux Etats-Unis.

Téhéran a décidé d’appliquer la « réciprocité » de cette mesure aux Américains voulant voyager en Iran.

Dans son discours devant la communauté française, M. Ayrault a également souligné son « attachement » à l’accord historique sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en juillet 2015 entre l’Iran et les grandes puissances.

« Il est important que cet accord soit mis en œuvre, surtout dans ce contexte incertain. La France respecte ses engagements », a répété le ministre.

Conclu de haute lutte en juillet 2015 à Vienne, après des années de négociations entre le P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Allemagne) et Téhéran, l’accord garantit la nature pacifique du programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions internationales contre l’Iran.

Les intentions du président américain Donald Trump, qui avait promis pendant sa campagne de « déchirer » cet accord, et l’a qualifié de « stupide », suscitent cependant nombre d’interrogations.

Lors d’un entretien téléphonique lundi, Donald Trump et le roi Salmane d’Arabie saoudite se sont déclarés pour une « application rigoureuse » de l’accord de Vienne, sans plus de détails.

« On a une vraie inquiétude concernant l’attitude de l’administration américaine avec cet accord, même si on ne veut pas rentrer dans une logique de procès d’intention », a indiqué M. Ayrault à des journalistes.

Lors de sa visite officielle mardi, le ministre français assistera à la première réunion d’une commission mixte franco-iranienne, au cours de laquelle des contrats pourraient être annoncés. Une soixantaine de chefs d’entreprises français y participeront.

Plusieurs grandes entreprises françaises ont conclu en 2016 des accords avec l’Iran, après des années d’absence en raison des sanctions internationales. Les groupes pétrolier Total, aéronautique Airbus, et automobiles Peugeot et Renault ont ainsi fait leur retour sur le marché iranien.

« Faire des affaires avec l’Iran, c’est évidemment bon pour les entreprises, mais ce n’est pas que ça. C’est aussi renforcer ceux qui ont soutenu l’accord sur le nucléaire, les modérés qui sont les plus proches de nos vues », a souligné un diplomate français.

M. Ayrault s’entretiendra également des grandes crises régionales, et particulièrement de la guerre en Syrie, avec son homologue Mohammad Javad Zarif, et avec le président iranien Hassan Rohani.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...