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La Jordanie, Israël et les EAU signent un nouveau protocole d’accord énergétique

L'accord, qui prévoit un échange d'énergie solaire contre de l'eau dessalée, a été signé en présence de l'envoyé américain pour le climat John Kerry à la COP27

Les signataires d'un nouveau protocole d'accord négocié par les EAU entre la Jordanie et Israël sur l'énergie à Sharm El-Sheikh, en Égypte, le 8 novembre 2022. (Crédit : ESue Surkes/Times of Israel)
Les signataires d'un nouveau protocole d'accord négocié par les EAU entre la Jordanie et Israël sur l'énergie à Sharm El-Sheikh, en Égypte, le 8 novembre 2022. (Crédit : ESue Surkes/Times of Israel)

SHARM EL-SHEIKH, Egypte — Israël, la Jordanie et les Émirats arabes unis ont signé mardi le renouvellement d’un protocole d’accord portant sur un pacte qui avait été négocié par les EAU il y a un an. Il prévoit que la Jordanie approvisionnera Israël en énergie solaire à Israël, l’État juif fournissant, en échange, de l’eau dessalée au royaume hachémite.

Ce protocole d’accord a été signé en présence de l’envoyé pour le climat américain John Kerry lors de la conférence de la COP27, organisée dans la station balnéaire de Sharm el-Sheikh, en Égypte.

Le ministre sortant de la Coopération régionale Issawi Frej a signé pour Israël, accompagné par une équipe du ministère de l’Énergie dirigée par son directeur-général, Lior Shilat. La ministre sortante de l’Énergie, Karine Elharrar, n’était pas présente au sommet.

Mohammad Al Najjar, ministre jordanien de l’eau et de l’irrigation, a ratifié l’accord pour Amman et la ministre émiratie du changement climatique et de l’environnement Mariam Al Mheiri a signé l’accord au nom de l’État du Golfe.

Le protocole d’accord jure de continuer « à développer les outils nécessaires à la mise en œuvre du plan en amont de la COP28 », qui aura lieu aux Émirats arabes unis au mois de novembre prochain.

Partie d’une nouvelle centrale solaire construite pour 15 millions d’euros, le jour de son inauguration officielle au camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, le 13 novembre 2017. (Crédit : AFP Photo/Khalil Mazraawi)

Ce protocole viserait à transmettre le message que les parties sont engagées en faveur de la concrétisation de l’accord et qu’il « y aura quelque chose à voir » lors de la conférence de l’année prochaine.

Le protocole d’accord qui avait été signé en novembre dernier lors de l’exposition universelle de Dubaï était « une déclaration d’intention ».

Pour sa part, le document le plus récent établit que les études de faisabilité concernant tous les projets sont encore en cours et les parties affirment que « Prosperity Green » (une usine solaire avec une capacité de 600 MW, avec des possibilités de stockage, qui doit être construite en Jordanie) et Prosperity Blue (l’exportation en Jordanie de 200 millions de mètres-cubes d’eau dessalée par an en Jordanie) présentent « des perspectives potentielles positives ».

Avec cet accord, Israël achètera de l’énergie solaire à l’usine située en Jordanie qui sera construite par une firme émiratie, et la Jordanie achètera de l’eau à une structure israélienne qui doit aussi être édifiée le long de la côte méditerranéenne.

Cet accord est la dernière conséquence des accords de normalisation signés avec les Émirats, les Accords d’Abraham, qui s’étaient concrétisés avec l’aide de l’administration Trump. L’administration Biden a promis de continuer à développer ces accords, tout en disant clairement qu’ils ne remplaceront pas la paix entre Israël et les Palestiniens.

Illustration: Une usine de dessalement à Hadera, le 16 mai 2010 (AP Photo/ Ariel Schalit)

La Jordanie est l’un des pays du monde les plus touchés par le manque d’eau et sa coopération avec Israël, dans ce domaine, remonte à une date antérieure à l’établissement de relations officielles entre les deux pays. La nation, qui n’a presque pas de littoral, fait face à une situation qui ne devrait qu’être encore aggravée par l’élargissement de sa population et par la hausse des températures.

Israël est également un pays chaud et sec, mais ses technologies innovantes en termes de dessalement lui ont donné des opportunités en matière de vente d’eau potable.

La conférence des Nations unies sur le climat, la COP27, a commencé dimanche en Égypte avec des mises en garde contre un relâchement des efforts visant à réduire les émissions à effet de serre, et avec des appels lancés aux nations les plus riches d’indemniser les pays pauvres après une année de catastrophes naturelles entraînées par des conditions météorologiques extrêmes.

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