La Knesset confirme la fin de la Liste arabe unie après leur désaccord avec Raam
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La Knesset confirme la fin de la Liste arabe unie après leur désaccord avec Raam

Hadash et Balad continueront à faire partie de la Liste arabe unie, tandis que Taal d'Ahmad Tibi et Raam de Mansour Abbas se présenteront séparément

La Liste arabe unie présente sa liste de partis à la Commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
La Liste arabe unie présente sa liste de partis à la Commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Une commission de la Knesset a approuvé jeudi la dissolution de la Liste arabe unie, dont les quatre factions vont maintenant se présenter aux élections de mars comme trois partis distincts, augmentant les risques qu’au moins l’un d’entre eux échoue à franchir le seuil électoral.

La scission approuvée par la commission parlementaire de la Knesset a été qualifiée de division « technique ». Le parti Raam de Mansour Abbas avait demandé la scission avant l’annonce, mercredi soir, de la dissolution de la Liste arabe unie.

Les factions Hadash et Balad continueront sous le nom de Liste arabe unie, tandis que Raam et Taal d’Ahmad Tibi se présenteront en tant que partis distincts. La composition finale reste cependant à déterminer.

Avec l’effondrement de l’alliance, les probabilités qu’une ou plusieurs factions passent sous le seuil électoral de 3,25 % des voix – et gaspillent des dizaines de milliers de voix arabes – augmentent considérablement.

Les négociations entre les quatre factions ont été rompues mercredi soir. Mais il reste une semaine avant la date limite du 4 février pour soumettre les listes définitives de candidats à la commission centrale électorale, ce qui laisse une certaine marge de manœuvre pour la poursuite des négociations. Les responsables du parti Raam qui ont parlé au Times of Israel ont exprimé un certain optimisme quant à la possibilité de réunir les listes.

Les tensions entre les quatre partis arabes n’ont cessé de croître au cours des derniers mois, alimentées par le chef du parti renégat Raam, Mansour Abbas. Abbas a publiquement cherché à resserrer les liens avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, une démarche que ses collègues de la Liste arabe unie considèrent comme inacceptable.

La députée Aida Touma-Sliman dirige une commission sur le Statut des femmes et l’égalité entre les sexes à la Knesset, le 21 novembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Aida Touma-Suleiman du parti Hadash n’a pas tardé à reprocher à Abbas la rupture, en déclarant à la radio de l’armée qu’il avait « renoncé à toutes les promesses et accords que nous avions ».

Sami Abou Shahadeh, le chef nouvellement élu de la faction nationaliste arabe Balad, a également rejeté la faute sur Abbas mais a déclaré qu’il y avait encore une chance que le parti parvienne à se présenter avec trois factions – Balad, Hadash et Taal.

« La Liste arabe unie continue sans Mansour Abbas. Nous allons essayer de la sauver jusqu’à la dernière minute. Je l’entends dire des choses puis se contredire, et avec un tel comportement politique, il est difficile de lui faire confiance », a déclaré Abou Shahadeh à la radio de l’armée. « A mon avis, la Liste arabe unie va continuer avec trois factions et réaliser de grandes choses. »

(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Les anciens collègues de la Liste arabe unie d’Abbas considèrent qu’il apporte aide et réconfort à un Premier ministre qui, selon beaucoup, a mené une campagne d’incitation raciste contre les Arabes israéliens.

Abbas a déclaré qu’afin de faire avancer les priorités législatives de la communauté arabe, il envisagerait même de voter en faveur d’une loi accordant à Netanyahu l’immunité contre les poursuites dans ses affaires de corruption, ou de servir comme ministre dans un gouvernement dirigé par le Likud.

La Liste arabe unie, une alliance de quatre factions dirigées par des Arabes, était principalement unie par le désir d’éviter de tomber en dessous du seuil électoral de la Knesset de 3,25 % des voix. Les partis couvrent toute la gamme des opinions politiques, allant des communistes engagés de Hadash aux islamistes conservateurs de Raam.

En mars dernier, le taux de participation élevé des Arabes israéliens a permis à la Liste arabe unie d’obtenir la plus forte participation jamais enregistrée à la Knesset pour leur circonscription – un record de 15 sièges. Mais après une année de coups politiques successifs, de divisions internes et de rares accomplissements politiques, ils sont confrontés à une apathie croissante des électeurs et à une frustration généralisée au sein de leur base.

Trois réunions entre les représentants de la Liste arabe unie ont eu lieu ces derniers jours afin de tenter de maintenir le bloc uni à l’approche des élections de mars. L’unité politique arabe est une position populaire parmi les Arabes israéliens : l’expérience montre que lorsque les partis arabes se sont présentés ensemble, la participation électorale des Arabes israéliens augmente généralement.

Mais les affrontements ne font que s’intensifier depuis quelques semaines, les partis arabes se critiquant en public.

Les tensions ont été aggravées par une campagne agressive menée par Netanyahu pour séduire et diviser les votes arabes. Netanyahu, connu auparavant pour avoir tenté de susciter l’enthousiasme de sa base en disant que les électeurs arabes allaient voter « en masse », rencontre régulièrement les maires arabes pour tenter de gagner des voix dans leurs circonscriptions.

L’annonce mercredi soir de l’échec des négociations et de la disparition probable de la Liste arabe unie a été aussi chaotique que la vague d’accusations et de revendications qui a envahi les médias arabes israéliens au cours de la semaine dernière.

La Liste arabe unie a publié un communiqué officiel en son nom déclarant que Raam avait quitté l’alliance – mais le parti Taal a rapidement déclaré qu’il n’avait pas approuvé ce communiqué.

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