La mère du soldat Goldin accuse Netanyahu de « n’avoir rien fait » pour son fils
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La mère du soldat Goldin accuse Netanyahu de « n’avoir rien fait » pour son fils

Leah Goldin affirme avoir été appelée au bureau du Premier ministre pour une réunion urgente, où il lui a dit qu'il voulait que les parents de prisonniers du Hamas aillent à l'ONU

Leah Goldin interviewée par la Douzième chaîne le 17 juillet 2019. (Crédit : capture écran/Channel12)
Leah Goldin interviewée par la Douzième chaîne le 17 juillet 2019. (Crédit : capture écran/Channel12)

Dans sa première interview depuis qu’elle est sortie du bureau du Premier ministre en pleurs, la mère du soldat tombé au combat, Hadar Goldin, dont le corps est retenu par le Hamas à Gaza, a déclaré mercredi que Benjamin Netanyahu n’avait « rien fait » pour ramener son fils, cinq ans après sa mort.

« Pendant cinq ans, vous n’avez rien fait. Vous nous avez promis qu’il n’y aurait pas d’accord de cessez-le-feu [avec le Hamas] sans retour des soldats. Vous avez aujourd’hui tous les outils [pour le faire], alors pourquoi ne le faites-vous pas ? » a dénoncé Leah Goldin, s’adressant à Netanyahu devant les caméras de la Douzième chaîne.

Le mois dernier, Israël et le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza, ont conclu un cessez-le-feu dans le but de mettre un terme aux lancers de dispositifs explosifs ou incendiaires sur le sud d’Israël depuis la bande de Gaza et aux violences près de la frontière, en échange d’un certain nombre de concessions économiques.

L’accord a été mis à mal la semaine dernière par de nouveaux envois de ballons incendiaires, la mort accidentelle d’un agent du Hamas par les forces israéliennes et le tir de deux roquettes gazaouïe en réaction. Cependant, des responsables du renseignement égyptien se sont rendus dans l’enclave côtière le week-end dernier pour tenter de renforcer la trêve.

Photo montage des soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite).

Leah Goldin a expliqué qu’après des mois de silence de la part du bureau du Premier ministre, elle avait reçu un appel urgent dimanche de la part d’un membre de son bureau, qui lui a dit que « quelque chose de très important était survenu » et que le chef du gouvernement voulait la rencontrer, elle et son mari, ainsi que les familles de l’autre soldat tombé, Oron Shaul, et des civils israéliens détenus, Avraham Mengistu et Hisham al-Sayed.

Les deux militaires tombés au combat avaient été capturés par le Hamas lors de l’opération Bordure protectrice de 2014. Quant à Avraham Mengistu et Hisham al-Sayed, ils étaient entrés dans la bande de leur propre chef en 2014 et 2015, leurs familles indiquant qu’ils souffraient de troubles mentaux.

Leah Goldin a expliqué que la mère de Shaul, Zehava, croyait que la réunion avait pour but de les informer personnellement qu’on avait réussi à rapatrier les corps de leurs fils.

À la place, les parents ont appris à leur arrivée que Benjamin Netanyahu voulait qu’ils participent à un événement à l’ONU organisé par les États-Unis et lors duquel ils parleraient de la souffrance de leurs familles.

« Tout d’un coup, il se réveille et se dit qu’il devrait nous envoyer à une espèce de cérémonie que nous avons déjà dû endurer il y a deux ans et demi ? C’est scandaleux », s’est insurgée Leah Goldin.

Pour elle, cet appel « ne peut s’expliquer » que par les élections de septembre et l’anniversaire des cinq ans du kidnapping et de la mort de son fils la semaine prochaine. Le Premier ministre voulait que les gens voient qu’il prenait l’affaire au sérieux, a-t-elle accusé.

Des membres de la famille du lieutenant Hadar Goldin, le soldat qui a été capturé et tué lors de l’opération Bordure protectrice, rencontrent le président Reuven Rivlin, le dimanche 31 mai 2015. (Photo: Résidence officielle du président)

Après la révélation mardi de la sortie en pleurs de Leah Goldin de la réunion, le bureau du Premier ministre a publié un communiqué assurant que Benjamin Netanyahu « continuait à travailler de toutes les façons possibles » afin de rapatrier les corps des civils et soldats décédés, et indiquant qu’il avait invité les familles pour discuter d’un nouvel événement onusien.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu comprend la douleur des familles et continuera de faire tout son possible pour ramener nos garçons à la maison », a fait savoir le bureau.

Expliquant sa décision de quitter la réunion avant la fin, la mère meurtrie a indiqué à la Douzième chaîne : « Je ne pouvais pas rester plus longtemps. Il y a une limite au coup de poignard dans le cœur qu’on enfonce, enfonce et enfonce encore. »

Elle a néanmoins conclu l’entretien en déclarant que son fils reviendrait. « Et la personne qui le fera est le Premier ministre qui l’a envoyé à la guerre. »

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