Israël en guerre - Jour 263

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La mort en héros d’un soldat israélien gay tué le 7 octobre a fait changer la loi

Toutes les personnes qui vivent en concubinage, quel que soit leur genre, peuvent accéder à l'allocation de veuvage ; un élu gay salue "une étape majeure sur la voie de l'égalité"

Le capitaine réserviste Sagi Golan, à gauche, et son fiancé Omer Ohana. (Crédit : Capture d'écran)
Le capitaine réserviste Sagi Golan, à gauche, et son fiancé Omer Ohana. (Crédit : Capture d'écran)

Son compagnon, réserviste d’une unité spéciale, a été tué dans l’attaque le 7 octobre, deux semaines avant leur « mariage » gay, non reconnu en Israël. Depuis, Omer Ohana a obtenu pour les concubins de soldats homosexuels décédés les mêmes droits que les couples mariés.

Le 6 novembre, la Knesset, a amendé la mention accordant le soutien de l’Etat aux seuls veufs et veuves de soldats mariés.

Désormais, « toutes les personnes qui vivent en concubinage », homos comme hétéros, peuvent accéder à l’allocation de veuvage, résume Yorai Lahav-Hertzanu, un élu du parti centriste Yesh Atid, lui même ouvertement homosexuel et qui a œuvré à l’adoption de l’amendement.

Les concubins d’otages ou de disparus peuvent aussi en bénéficier quel que soit leur genre, selon le député, qui salue « une étape majeure sur la voie de l’égalité ».

Le résultat du combat mené en quelques semaines par Omer Ohana, 28 ans, depuis le décès de son concubin, Sagi Golan. Les deux réservistes vivaient ensemble depuis six ans et avaient prévu de se « marier » le 20 octobre, avant une lune de miel au Costa Rica.

« C’était plutôt une fête avec une cérémonie », explique Omer, rencontré par l’AFP dans leur appartement de Herzliya (centre), car « les partenaires de même sexe ne peuvent pas se marier en Israël » où seuls les mariages religieux font foi.

Le député Yesh Atid, Yorai Lahav-Hertzano, s’exprime lors d’une réunion du Comité constitutionnel à la Knesset, à Jérusalem, le 29 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Un mariage gay contracté à l’étranger peut cependant y être reconnu.

Prévues pour les réjouissances, des fleurs de coton ont finalement orné une couronne funéraire. Sagi, 30 ans, a été tué dans la nuit du 7 au 8 octobre dans les combats dans le kibboutz de Beeri.

« Pas besoin de parler »

Quand les deux hommes se réveillent et apprennent l’attaque par le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, au matin du 7 octobre, ce capitaine réserviste du Lotar, une unité antiterroriste, « a bondi hors du lit, et après une minute ou deux, il portait déjà son uniforme », raconte Omer.

Là-bas, à 80 km plus au sud, les kibboutz qui entourent la bande de Gaza sont la cible du Hamas. « Je lui ai préparé un café pour la route, nous nous sommes embrassés. Je lui ai dit de ne pas être un héros ».

Les amoureux avaient convenu de s’envoyer « un cœur sur WhatsApp à chaque heure, pour être sûr que tout va bien », explique Omer, la voix étouffée. « A minuit, j’ai reçu le dernier cœur. Dimanche, il n’a pas répondu ».

Mobilisé lui aussi mais sur le front nord, à la frontière avec le Liban, Omer passe les journées suivantes à remuer ciel et terre pour obtenir des informations. En vain.

Jusqu’à ce que dans la nuit du 10 au 11 octobre, des officiers frappent à la porte. « Ils n’ont pas eu besoin de parler. C’était très clair ».

Les tombes des résidents du kibboutz Beeri qui ont été assassinés par des terroristes du Hamas le 7 octobre, dans le kibboutz Revivim, dans le sud d’Israël, le 15 novembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

A Beeri, Sagi a été tué après avoir « extrait des familles de leurs abris » et porté secours « à une unité prise sous le feu », raconte Omer entre deux sanglots. Touché à la poitrine, il « était déjà mort » quand son unité a récupéré son corps deux heures plus tard.

Dévasté, Omer doit de surcroît affronter des soucis « bureaucratiques ». Un officier « ne m’a pas reconnu comme le partenaire de Sagi », raconte-t-il. Il a demandé des explications à l’armée et le militaire a été sanctionné.

Dans un pays où les minorités sexuelles ont obtenu une visibilité et des droits croissants ces dernières décennies, Sagi et Omer n’avaient « jamais fait l’expérience de la discrimination ».

« Mais nous ne sommes toujours pas égaux dans la vie », constate-t-il, amer.

« Devenir père »

Fin octobre, des médias israéliens ont relayé le fait qu’en plein deuil, le veuf avait dû batailler avec l’administration pour avoir droit au soutien financier, psychologique et médical prévu par la loi.

Début novembre, le Knesset lui a donc donné raison. Mais son combat ne s’arrête pas là : il entend désormais militer pour « un ensemble de huit lois » qui, une fois adoptées, « garantiront une égalité absolue en Israël » aux personnes LGBT.

Recevant des « milliers de messages » de soutien, Omer Ohana souligne que les Israéliens sont « très unis » depuis l’attaque du 7 octobre qui a fait quelque 1 200 victimes, essentiellement des civils.

Omer Ohana s’accroche aujourd’hui au « rêve » de Sagi de « devenir père », par le biais d’une gestation pour autrui, autorisée en Israël depuis 2021 pour les couples homosexuels.

Le sperme du défunt a été congelé. Sagi n’est plus, mais son amoureux fera tout pour qu’il ait un enfant.

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