Rechercher

La peur de la COVID-19 peut entraîner une altération des fonctions cognitives

Les chercheurs ont indiqué avoir profité de la pandémie pour "étudier les effets d'un facteur de stress ancré dans le quotidien dans un important échantillon" de personnes

Une infirmière prépare un vaccin Moderna contre la COVID-19 dans une clinique de vaccination au Gillette Stadium de Foxborough, dans le Massachusetts, le 19 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Steven Senne)
Une infirmière prépare un vaccin Moderna contre la COVID-19 dans une clinique de vaccination au Gillette Stadium de Foxborough, dans le Massachusetts, le 19 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Steven Senne)

Une nouvelle étude a établi que les inquiétudes et l’anxiété suscitées par la pandémie de la COVID-19 pouvaient affecter les fonctions cognitives de base, entraînant des prises de décision plus médiocres, un ralentissement du traitement des informations par le cerveau et une altération de la perception du risque.

Une équipe de l’université McGill University et du Neuro – Montreal Neurological Institute-Hospital a examiné les cas de 1 517 Américains pour évaluer l’impact persistant de la pandémie sur une combinaison de tâches cognitives, visant des fonctions du cerveau vitales comme le traitement de l’information et la mémoire à moyen-terme.

« Les altérations liées à l’inquiétude qui ont été observées ici laissent penser que dans des périodes de stress élevé, comme dans une période de pandémie mondiale, notre capacité à penser, à planifier et à évaluer les risques est diminuée », explique Kevin da Silva Castanheira, le principal auteur de l’étude qui est étudiant en 3è cycle au département de psychologie de McGill.

L’étude a demandé aux participants d’attribuer une note sur une échelle prédéterminée à leur degré d’inquiétude face à la COVID-19, leur proposant ensuite des tests cognitifs variés. Les résultats ont ensuite été comparés avec ceux d’avant la pandémie. Les tests ont mesuré la réaction aux stimuli, la capacité à traiter et à interpréter une information et la capacité à évaluer correctement un risque.

A travers cette série de tests, les chercheurs ont découvert que ceux qui étaient les plus effrayés ou les plus inquiets face à la pandémie ne réussissaient pas aussi bien que les autres les examens cognitifs simples qui leur étaient soumis, et qu’ils étaient plus susceptibles de présenter « une vitesse de traitement de l’information ralentie, une moins bonne capacité à retenir les informations nécessaires à l’exécution d’une tâche, et une sensibilité aux enjeux accrue dans la prise de risque ».

« L’impact du stress et de l’inquiétude dans les fonctions cognitives sont bien connues mais il est habituellement étudié entre les quatre murs d’un laboratoire », commente la docteure Madeleine Sharp, neurologue au Neuro et co-autrice de l’étude. « Ici, nous avons pu élargir nos conclusions en étudiant les effets d’un facteur de stress ancré dans le quotidien, et sur un large échantillon de personnes ».

Des passagers du tramway de Jérusalem, portant le masque pour cause de pandémie de coronavirus, devant l’arrêt du marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 31 décembre 2021. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Ces résultats sont conformes aux conclusions qui avaient été tirées par des chercheurs israéliens. Une étude antérieure réalisée par un groupe d’universités israéliennes avait établi que les enfants souffraient davantage du stress en raison de la pandémie, qu’ils présentaient des comportements sociaux et alimentaires nocifs et qu’ils étaient même sujets à des accès de violence plus importants.

Israël est confronté à une cinquième vague de coronavirus, attisée par le variant Omicron. Un éminent expert de la santé, qui conseille le gouvernement, a prédit, dimanche matin, qu’un Israélien sur trois ou un Israélien sur quatre attraperait le variant Omicron dans les trois prochaines semaines.

Israël a pris des initiatives pour entraver la propagation de cette cinquième vague, annonçant qu’une quatrième dose de vaccin serait proposée aux personnes de 60 ans et plus et aux employés du secteur de la santé, restreignant les voyages aériens et distribuant une première série des nouveaux médicaments contre le coronavirus à des patients à risque.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...