La police « estime » toujours que l’incident à Umm al-Hiran était un acte terroriste
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La police « estime » toujours que l’incident à Umm al-Hiran était un acte terroriste

"Nous n’avons jamais changé notre version", affirme la porte parole de la police, alors que le ministère de la Justice continue d’enquêter sur l’affaire qui a entraîné la mort d’un officier et d’un enseignant

Le véhicule qui a renversé des policiers et tué l'un d'eux dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)
Le véhicule qui a renversé des policiers et tué l'un d'eux dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

La police israélienne s’en tient à son affirmation que l’enseignant bédouin abattu lors d’une opération pour démolir des maisons illégalement construites a délibérément renversé un officier de police dans un acte de terrorisme.

« Nous n’avons jamais changé notre version. Nous avons des raisons de penser ainsi. Nous croyons qu’il s’agissait d’un acte de terrorisme », a déclaré la porte-parole de la police, Meirav Lapidot, lors d’une conférence de presse dans la ville du sud d’Eilat mardi.

« Même aujourd’hui, quand nous savons ce que nous savons, nous ne pouvons pas donner une réponse différente à ce qui s’est passé », a-t-elle déclaré lors d’un panel de discussion sur le thème de la police dans une société démocratique.

La porte-parole de la police israélienne Merav Lapidot, le 28 novembre 2007. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

L’incident a eu lieu tôt le matin du 18 janvier quand la police est arrivée pour superviser la démolition de maisons dans le village illégal de Bédouins d’Umm al-Hiran dans le Neguev, dont l’état cherche à se débarrasser afin de créer une nouvelle ville juive.

Alors que les officiers convergeaient vers Umm al-Hiran, Yaqoub Mousa Abu Al-Qian, un enseignant âgé de 47 ans et père de 12 enfants, a mis quelques affaires dans son véhicule et est sorti de sa maison en disant à des amis qu’il ne voulait pas assister à sa destruction. Peu après, le véhicule avec Abu Al-Qian au volant a foncé dans un groupe d’officiers, tuant le premier sergent Erez Lev, âgé de 34 ans. Abu Al-Qian a été abattu par les officiers sur place.

Il y a une semaine, le Procureur d’Etat a demandé au Département des Enquêtes Internes (DEI) du ministère de la Justice de rouvrir une première enquête sur l’incident, à la lumière d’un document écrit par le service de sécurité intérieure du Shin Bet.

Jeudi, le chef de la police, Roni Alsheich, a accusé le DEI d’avoir enterré le document, qui contenait des témoignages sur l’incident. Le département a réfuté cette allégation, déclarant qu’il n’en avait été informé que récemment.

Plusieurs officiers ont été interrogés ces derniers jours.

Hadashot a cité des sources de haut-rang déclarant que le document avait soulevé un certain nombre de questions qui devaient encore être examinées. Une fois cette étape complétée, un avis sera envoyé au service du procureur de l’état.

Lapidot, la porte-parole de la police, a dit à la conférence de presse que la police attendait le rapport final.

Le leader de la liste arabe unie, le député Ayman Odeh portant la dépouille de Yaqoub Mousa Abu Al-Qia’an (Crédit : Autorisation)

Immédiatement après l’incident, le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan et la police ont affirmé qu’Abu al-Qiaan était un terroriste inspiré par le groupe l’Etat islamique qui avait été abattu après avoir volontairement lancé son véhicule contre des officiers.

L’accusation a été fermement niée par sa famille, qui a déclaré qu’il a été abattu avant que sa voiture ne prenne de la vitesse, ce qui l’a conduit à perdre le contrôle du véhicule.

Yaqoub Mousa Abu al-Qia’an (Crédit : autorisation)

Les autorités ont indiqué que puisqu’il avait probablement perdu le contrôle du véhicule après avoir été abattu, il n’avait pas percuté intentionnellement les officiers.

Une enquête de six mois par le Département des Enquêtes Internes de la Police a conclu en août qu’il n’y avait aucune indication que les officiers avaient agi de manière criminelle quand ils ont tiré sur Abu Al-Qian.

Les conclusions ont été transférées au procureur général et du procureur de l’état, qui n’ont pas encore rendu de décision finale sur les suites à donner à l’affaire.

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