La police israélienne va effacer 339 000 dossiers pour les 70 ans de l’état
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La police israélienne va effacer 339 000 dossiers pour les 70 ans de l’état

La mesure ne s'appliquera qu'aux cas qui n'ont pas donné lieu à une mise en accusation, mais pas à ceux qui impliquent des crimes graves

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le chef de la police israélienne Roni Alsheich s'exprime lors d'une conférence de presse au quartier général de la police à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la police israélienne Roni Alsheich s'exprime lors d'une conférence de presse au quartier général de la police à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

La police israélienne effacera des centaines de milliers de dossiers de police dans un geste de bonne volonté pour marquer le 70e anniversaire de l’indépendance du pays.

Dans le cadre de cette initiative, quelque 339 000 dossiers classés concernant 300 000 citoyens israéliens, citoyens régionaux, étrangers et touristes seront supprimés, parmi lesquels figurent 34 000 cas impliquant des mineurs, a indiqué la police dans un communiqué.

« Même les citoyens ordinaires commettent des infractions et enfreignent la loi, mais cela ne signifie pas que nous devrions les qualifier de criminels », a déclaré le chef de la police Roni Alsheich lors d’une conférence de presse mardi au siège de la police à Jérusalem.

« Il est dans l’intérêt de la société de ne pas les étiqueter autant que possible comme des criminels et de leur permettre de retourner dans les rangs des citoyens ordinaires. »

Le nettoyage, intitulé « Une nouvelle chance », ne s’appliquera qu’aux affaires closes concernant des délits commis cinq ans auparavant ou des infractions pénales commises sept ans auparavant, et qui n’ont pas donné lieu à une mise en accusation. M. Alsheich a déclaré que ce plan s’inscrit dans le cadre d’une réforme visant à renforcer la confiance du public dans la police.

Il a noté que la police a le pouvoir d’annuler les dossiers qui ont été clos et qui n’ont pas été transmis aux procureurs. Les cas qui sont encore ouverts, ceux qui impliquent des pertes de vie, des violences graves, des délits sexuels ou des délits de sécurité ne seront pas inclus dans le projet, qui sera mis en œuvre dans les semaines à venir.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan prend la parole à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à l’hôtel Inbal à Jérusalem, le 19 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, dont les compétences incluent la police, a déclaré que son ministère avait été étroitement associé à cette initiative.

« Il s’agit d’une véritable bonne nouvelle pour les citoyens qui font l’objet d’une enquête sur des soupçons criminels qui effacera la tache de leur passé », a-t-il dit. « Il n’y a aucune raison pour qu’un nuage de soupçons reste pendant des années au-dessus des citoyens qui n’ont jamais été condamnés pour des délits criminels. »

L’initiative, a-t-il dit, « donnera l’occasion à des centaines de milliers de citoyens de prendre un nouveau départ ».

Le jour de l’indépendance d’Israël tombe le jeudi, et les célébrations commencent lors d’une cérémonie officielle la veille au soir.

Le mois dernier, le président Reuven Rivlin et la ministre de la Justice Ayelet Shaked ont annoncé une initiative spéciale de grâce plus large pour les prisonniers afin de marquer les célébrations du 70e anniversaire de l’indépendance.

Le projet de grâce est fondé sur la tradition du droit juif qui consiste à faciliter la tâche des délinquants qui ont purgé au moins le tiers de leur peine, qui souffrent d’une maladie grave, qui ont de graves handicaps, qui ont plus de 70 ans, dont les enfants sont pris en charge par une personne qui n’est pas un parent en raison de la peine d’emprisonnement ou qui purgent une première peine de moins de deux ans.

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