La police palestinienne aide une délégation américaine attaquée avec des oeufs
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La police palestinienne aide une délégation américaine attaquée avec des oeufs

Les Palestiniens ont scandé "l'Amérique est la tête du serpent" alors qu'une délégation du conseil de New York et des groupes de la société civile quittaient un lieu de rendez-vous

La police palestinienne empêche des manifestants d'approcher un véhicule transportant des membres du conseil municipal de New York et des groupes de la société civile alors qu'ils quittent un immeuble après avoir visité une ONG dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 février 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)
La police palestinienne empêche des manifestants d'approcher un véhicule transportant des membres du conseil municipal de New York et des groupes de la société civile alors qu'ils quittent un immeuble après avoir visité une ONG dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 février 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Lors du deuxième incident de ce genre ces dernières semaines, une délégation américaine en visite en Cisjordanie a dû être secourue par des policiers de l’Autorité palestinienne (AP), jeudi, après avoir reçu des jets d’oeufs de la part de manifestants palestiniens.

La délégation comprenait des membres du conseil municipal de New York et des personnalités issues de groupes de la société civile qui se trouvaient à Ramallah pour une rencontre organisée au Centre palestinien d’études politiques et de recherche (PCPRS), un institut de sondage local.

« L’Amérique est la tête du serpent » et « les Américains ne sont pas les bienvenus en Palestine », ont scandé les manifestants alors qu’ils tentaient d’entrer par force dans les bureaux du centre. D’autres ont entonné : « Jérusalem est la capitale de la Palestine » et ils ont brandi des panneaux dénonçant les Etats-Unis et Israël.

Alors que les membres de la délégation sortaient des bureaux sous escorte, certains manifestants leur ont jetés des oeufs. Il n’y a pas eu de blessés.

Les policiers anti-émeutes de l’AP, certains portant des masques qui leur recouvraient le visage, ont escorté les invités américains vers un camion de police qui les a emmenés en lieu sûr.

Cet incident est survenu dans un contexte de tensions croissantes entre les Palestiniens et l’administration américaine, qui ont commencé lorsque le président Donald Trump a reconnu Jérusalem, le 6 décembre, en tant que capitale d’Israël.

Les responsables de l’Autorité palestinienne refusent depuis de rencontrer des représentants de l’administration Trump.

La police palestinienne empêche des manifestants d’approcher un véhicule transportant des membres du conseil municipal de New York et des groupes de la société civile alors qu’ils quittent un immeuble après avoir visité une ONG dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 février 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a depuis également accusé l’administration Trump de manière répétée d’avoir perdu son statut de négociateur honnête dans le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens.

La majorité des manifestants appartenaient à un groupe appelé le « Comité pour la résistance contre le mur et les implantations ». D’autres se sont qualifiés comme étant des militants « anti-normalisation ».

Le « mur » est une référence à la barrière de sécurité israélienne, qui a été construite en Cisjordanie pour mettre un terme aux attentats terroristes pendant la Seconde intifada.

Les militants ont déclaré qu’ils protestaient contre les politiques « hostiles » de Trump envers les Palestiniens et notamment sa décision de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Ils ont également accusé l’administration américaine d’avoir « conspiré » contre les responsables de l’AP.

Jamal Jumaah, l’un des chefs du mouvement de protestation, a expliqué que lui et ses amis voulaient transmettre aux Américains le message qu’ils « ne sont pas les bienvenus en Palestine ».

Jumaah a accusé l’administration américaine d’avoir « endossé publiquement le projet sioniste » en raison de la décision de Trump sur Jérusalem.

« Les Américains n’ont pas leur place en Palestine », a-t-il ajouté. « C’est le message qu’envoient les jeunes et leurs comités populaires aux Américains ».

Il a également mis en garde le PCPRS et d’autres institutions palestiniennes, leur demandant de ne plus accueillir d’Américains.

« Toute organisation qui accueille ou qui travaille avec des Américains agira en violation des décisions des dirigeants palestiniens », a dit Jumaah, se référant aux décisions récentes prises par l’AP de boycotter des responsables américains, notamment le vice-président Mike Pence.

« Ces Américains sont venus ici pour conspirer contre notre peuple », a commenté un autre manifestant. « Ils sont venus ici pour conspirer contre nos représentants légitimes [de l’Autorité palestinienne]. Est-ce qu’ils comprendront que les Américains ne sont pas les bienvenus en Palestine ? »

La police palestinienne escorte des membres du conseil municipal de New York et des groupes de la société civile alors qu’ils quittent un immeuble après avoir visité une ONG dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 février 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Un haut-responsable de la police à Ramallah a dit que « tandis que nous respectons le droit à manifester, il est de notre devoir de protéger ceux qui se trouvent dans nos secteurs ».

Le département d’Etat a condamné l’incident.

« Les Etats-Unis s’opposent absolument à l’usage de la violence ou de l’intimidation pour exprimer des visions politiques », a-t-il fait savoir dans un communiqué.

« Ce type d’action est sans aucun doute contre-productive en ce qui concerne les intérêts palestiniens. Il ne sert qu’à garantir que les Américains se trouveront dans l’incapacité d’entendre ou de prendre en compte les points de vue palestiniens ».

Le mois dernier, les Palestiniens avaient attaqué une délégation américaine qui visitait la chambre de commerce de Bethléem, obligeant ses membres à fuir la ville. Aucun blessé n’avait été à déplorer.

La délégation américaine est arrivée à Bethléem pour rencontrer des hommes d’affaires palestiniens dans le cadre de la coopération entre la chambre de Commerce et le consulat américain à Bethléem.

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