La police se prépare à d’éventuelles représailles après l’évacuation d’Amona
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La police se prépare à d’éventuelles représailles après l’évacuation d’Amona

Les policiers patrouillent dans les zones sensibles connues de Cisjordanie pour empêcher des militants d’extrême-droite de se venger des Palestiniens après l’évacuation de l’avant-poste

Un graffiti "Les Arabes dehors" et "prix à payer" sur le mur de la ville arabe d'Abu Ghosh, à proximité de Jérusalem, le 9 juin 2016. (Crédit : police israélienne)
Un graffiti "Les Arabes dehors" et "prix à payer" sur le mur de la ville arabe d'Abu Ghosh, à proximité de Jérusalem, le 9 juin 2016. (Crédit : police israélienne)

Les forces de sécurité israéliennes se prépareraient à des actes de représailles contre des Palestiniens de la part de militants d’extrême-droite après l’évacuation, jeudi, de l’avant-poste d’Amona, a rapporté le site d’information Walla.

Yesh Din, l’organisation qui représentait au tribunal les propriétaires palestiniens des terres sur lesquelles Amona a été construit, a demandé jeudi au procureur Général Avichai Mandelblit une présence renforcée de l’armée autour des villages arabes avoisinants, a également fait savoir le site vendredi.

« Sur la base des expériences passées », a annoncé l’organisation, « après une évacuation, il y a de plus grands risques que des crimes idéologiques prennent des Palestiniens pour cible ».

Les forces de sécurité s’inquiètent également que les militants, qui sont maintenant dans l’incapacité de rejoindre Amona, lieu hautement gardé, puissent tenter de décharger leur frustration par des attaques en représailles, a ajouté Walla.

L’agence de renseignement du Shin Bet, l’armée et les forces de police continuent à oeuvrer pour empêcher de tels débordements.

Les forces de police israéliennes évacuant les personnes de la synagogue de l'avant-poste illégal d'Amona, le deuxième jour de l'opération d'évacuation le 2 février 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Les forces de police israéliennes évacuant les personnes de la synagogue de l’avant-poste illégal d’Amona, le deuxième jour de l’opération d’évacuation le 2 février 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Ce type d’attaques de représailles – qui consiste habituellement en des incendies criminels et des graffitis – a pu être mené par des extrémistes juifs contre des non-juifs et contre des cibles issues de l’armée israélienne en réponse à des attentats terroristes, mais également pour dénoncer des politiques israéliennes considérées comme défavorables.

La Haute Cour a estimé qu’Amona avait été construit sur des terres privées palestiniennes inscrites au cadastre sous les noms de Mariam, Ibrahim et Munir, ainsi que sous celui d’autres habitants des villages de Cisjordanie de Taybeh, Ein Yabrud et Silwad.

Un certain nombre de manifestants venus pour protester contre l’évacuation, transportés en bus depuis Amona à l’implantation voisine Ofra, jeudi, se sont échappés du véhicule, brisant les vitres et s’enfuyant en courant.

L’armée avait renforcé sa présence autour d’Amona en amont de l’évacuation, et les soldats resteront encore plusieurs jours dans la zone, aux abords des villages palestiniens et particulièrement sur les secteurs constituant des points de friction connus.

Les forces de sécurité emmènent un habitant de l'implantation alors qu'elles procèdent à l'évacuation de l'avant-poste illégal d'Amona, au nord-est de Ramallah, le 1er février 2017 (Crédit :  AFP PHOTO/Thomas COEX)
Les forces de sécurité emmènent un habitant de l’implantation alors qu’elles procèdent à l’évacuation de l’avant-poste illégal d’Amona, au nord-est de Ramallah, le 1er février 2017 (Crédit : AFP PHOTO/Thomas COEX)

Lors de quelques minutes de violence chaotique, jeudi, au cours desquelles 17 policiers et plusieurs manifestants ont été légèrement blessés, les forces de sécurité ont évacué des douzaines de manifestants qui s’étaient réfugiés dans la synagogue de l’avant-poste, permettant d’achever l’évacuation d’Amona.

Des douzaines de manifestants avaient pris d’assaut la synagogue après une journée d’évacuation qui a commencé dans l’après-midi de mercredi.

Des affrontements violents ont été nécessaires pour les déloger, venant ternir ce que la police et d’autres avaient considéré jusque-là comme une opération relativement calme.

Ces accès de violence ont été condamnés par l’ensemble des forces politiques issues des deux côtés de l’échiquier, notamment par les leaders de la droite.

Au moins 60 jeunes avaient tenté de livrer un ultime combat après que la dernière habitation de l’avant-poste a été évacuée. Le lieu de culte a été dévasté, ses murs recouverts de graffitis visant la police israélienne et de croix gammées.

Un graffiti sur le mur de la synagogue d'Amona, formé d'une croix gammée et du slogan Police d'Ishmael’ — en référence aux forces de police israéliennes et à  Ishmael, fils du patriarche biblique Abraham et qui serait l'ancêtre des Arabes aujourd'hui (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Un graffiti sur le mur de la synagogue d’Amona, formé d’une croix gammée et du slogan Police d’Ishmael’ — en référence aux forces de police israéliennes et à Ishmael, fils du patriarche biblique Abraham et qui serait l’ancêtre des Arabes aujourd’hui (Capture d’écran : Deuxième chaîne)

Un grand nombre des militants impliqués dans les violences au cours de l’évacuation d’Amona étaient déjà connus des services de police.

Les autorités continueront à les surveiller.

Un Graffiti 'Les Arabes dehors' et menaçant de représailles sur le mur de la ville arabe d'Abu Ghosh, à proximité de Jérusalem, le 9 juin 2016 (Crédit : police israélienne)
Un Graffiti ‘Les Arabes dehors’ et menaçant de représailles sur le mur de la ville arabe d’Abu Ghosh, à proximité de Jérusalem, le 9 juin 2016 (Crédit : police israélienne)

L’armée israélienne prend également en compte la plus forte probabilité d’attentats terroristes palestiniens contre les soldats présents dans la zone. Les forces sont particulièrement inquiètes face à d’éventuelles attaques à l’arme à feu depuis des voitures, qui ont augmenté au cours de ces dernières semaines.

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