La Russie et la Turquie cherchent à organiser des pourparlers entre les US et l’Iran
Le porte-parole du Kremlin a alerté contre les "conséquences très dangereuses" d'un recours à la force ; le ministre turc des Affaires étrangères proposera sa médiation lors d'une réunion avec son homologue iranien
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La Russie et la Turquie font pression pour la mise en oeuvre de négociations dans le conflit qui oppose Téhéran et Washington, alors que le président américain Donald Trump a menacé l’Iran de nouvelles frappes militaires.
« Il apparaît clairement que les possibilités de négociation ne sont pas épuisées », a indiqué le porte-parole Dmitri Peskov aux journalistes, ajoutant : « Tout recours à la force ne pourra que semer le chaos dans la région, et entraîner des conséquences extrêmement dangereuses. »
Ces commentaires de Peskov sont intervenus au lendemain de l’appel de Trump à l’Iran à s’asseoir à la table des négociations et à conclure un accord sur les armes nucléaires, sous peine de devoir subir une éventuelle attaque américaine.
Trump a menacé la république islamique d’intervention militaire en raison de la répression menée par le régime contre les manifestations ; une répression qui, selon les organisations de défense des droits de l’Homme, aurait fait des milliers de morts. Le discours a toutefois évolué ces derniers jours, de sorte que, désormais, la menace d’une action militaire plane sur Téhéran à moins que celui-ci ne revienne à la table des négociations sur la question controversée de son programme nucléaire.
Un porte-avions américain et son armada sont arrivés lundi dans les eaux du Moyen-Orient, Trump affirmant alors être « prêt, disposé et capable » de frapper l’Iran « si nécessaire ».
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Téhéran et Moscou ont renforcé leurs liens. Les pays occidentaux accusent l’Iran de fournir des missiles et des drones pour les attaques russes, ce que la république islamique dément.
L’an dernier, les deux pays ont également scellé un « partenariat stratégique« .
Par ailleurs, selon des responsables, le ministre turc des Affaires étrangères va proposer de servir de médiateur entre les deux pays lors d’une visite de son homologue iranien vendredi. Ankara envisage en outre de renforcer la sécurité le long de ses frontières si le conflit venait à s’aggraver.
Vendredi, le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan annoncera à Araghchi que son pays « est prêt à participer à la résolution par le dialogue des tensions en cours », a déclaré une source diplomatique turque.
Fidan réaffirmera également l’opposition de la Turquie « à toute intervention militaire contre l’Iran… [au motif] des risques régionaux et mondiaux qu’une telle action pourrait provoquer », a ajouté cette source qui a préféré conserver l’anonymat en raison du caractère sensible des discussions.
Le ministre, mercredi, avait insisté sur la nécessité pour Washington et Téhéran de reprendre les discussions sur le programme nucléaire iranien, un point qui, a-t-il suggéré, constituait une priorité absolue.
« C’est une erreur d’attaquer l’Iran. C’est une erreur de recommencer la guerre. L’Iran est prêt à renégocier sur la question nucléaire », avait affirmé Fidan à la chaîne de télévision Al-Jazeera.
« La Turquie est favorable à la recherche d’une solution pacifique au programme nucléaire iranien à court terme, et elle est prête à apporter son aide, si cela s’avérait nécessaire, à cet égard », a poursuivi la source du ministère des Affaires étrangères.
Plans d’urgence
Ankara, parallèlement à ses initiatives diplomatiques, envisage la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires le long de sa frontière avec l’Iran au cas où une frappe américaine déstabiliserait le pays, a fait savoir un haut responsable turc à l’AFP.
« La Turquie, dans l’éventualité où les États-Unis décident d’attaquer l’Iran et que le régime tombe, doit disposer de mesures supplémentaires permettant de renforcer la sécurité à la frontière », a déclaré ce responsable, qui a également demandé à conserver l’anonymat.
Si une grande partie de cette frontière de 500 kilomètres est sécurisée par un mur, « celui-ci s’est toutefois avéré insuffisant », a indiqué le responsable.
Les autorités turques, jusqu’à présent, ont évité d’utiliser le terme de « zone tampon ». Parmi les options à l’étude figurent le déploiement de soldats supplémentaires et l’extension des systèmes de surveillance technologique, a expliquéle responsable.
C’est en 2021 que la Turquie a lancé la construction d’un mur en béton, dans un contexte d’inquiétudes grandissantes quant à un afflux potentiel de migrants au lendemain de l’arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan.
Aucun signe de mouvement massif vers la Turquie lié à l’évolution de la situation en Iran n’a été rapporté jusqu’à présent, d’après les responsables. Au début du mois, le ministère turc de la Défense a indiqué n’avoir détecté « aucune preuve » d’une migration à grande échelle.
Des drones continuent d’effectuer des missions de reconnaissance 24 heures sur 24 le long de la frontière.
À ce jour, selon les chiffres officiels, les autorités ont achevé l’installation de 203 tours électro-optiques, 43 tours d’ascenseur, 380 kilomètres de mur modulaire en béton et 553 kilomètres de tranchées.
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