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La situation au Yémen a vidé le pays de presque tous ses Juifs, selon l’ONU

Les persécutions commises par les Houthis et la guerre civile ont eu raison de la présence des Juifs dans le secteur contrôlé par le groupe rebelle soutenu par l'Iran

Le dernier groupe d'immigrants juifs en provenance du Yémen arrivant en Israël accompagné d'un ancien rouleau de la Torah, le 20 mars 2016. (Crédit : Arielle Di-Porto/Agence juive pour Israël)
Le dernier groupe d'immigrants juifs en provenance du Yémen arrivant en Israël accompagné d'un ancien rouleau de la Torah, le 20 mars 2016. (Crédit : Arielle Di-Porto/Agence juive pour Israël)

JTA — Les persécutions systématiques des Juifs au Yémen de la part des rebelles houthis et de la part d’un précédent gouvernement ont entraîné le départ de la quasi-totalité de la communauté juive pourtant ancrée dans l’histoire du pays, et il ne resterait qu’environ sept Juifs, a fait savoir un panel des Nations unies.

Ces informations qui ont été révélées par le Jewish Insider cette semaine, avant d’être reprises dans d’autres médias, figurent dans un rapport commandité par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la guerre civile qui ravage le pays.

Selon le rapport, l’un des sept Juifs qui se trouvent encore dans le pays est actuellement en prison. Par le passé, la communauté avait pu atteindre le chiffre de 50 000 personnes.

« Le groupe a réuni les éléments portant sur des faits de persécution systématique à l’encontre des Juifs dans les secteurs contrôlés par les Houthis », a noté le rapport rendu public le 26 janvier. « La majorité des Juifs a quitté le Yémen après plusieurs années de persécutions, des persécutions qui avaient commencé avec l’ancien président Ali Abdullah Saleh mais qui se sont intensifiées avec les Houthis. Le panel a connaissance de sept membres de la communauté juive qui se trouveraient encore au Yémen – et notamment d’un homme qui est emprisonné, même si sa libération avait été ordonnée au mois de juillet 2019. »

Il s’agirait de Levi Marhabi, arrêté parce qu’il avait aidé à amener un rouleau de Torah en Israël.

Les Houthis, une faction chiite soutenue par l’Iran, ont assassiné Saleh en 2017 après s’être alliés avec lui pour tenter d’écarter son successeur du pouvoir.

Le dernier groupe d’immigrants juifs du Yémen arrive en Israël, accompagné d’un rouleau de la Torah, le 20 mars 2016. (Crédit : Arielle Di-Porto/Agence juive pour Israël)

Le rapport des Nations unies a aussi noté que les Houthis prêchaient la violence antisémite auprès des enfants en âge d’aller à l’école.

« Il est demandé régulièrement aux enfants de scander le slogan houthi : ‘Mort à l’Amérique, mort à Israël, maudits soient les Juifs, la victoire pour l’Islam' », a précisé le rapport en évoquant un camp d’été organisé par les Houthis.

Le document a attribué aux Houthis une grosse part de la responsabilité du conflit, rapportant que leurs pratiques « faisaient planer une menace constante sur la population civile ».

Des combattants houthis chiites portant l’uniforme de l’armée dans un pick-up pendant une manifestation à Saana, au Yémen, avec un panneau indiquant : « Mort à Israël, maudits soient les Juifs », le 23 janvier 2015. (Crédit : AP/Hani Mohammed)

Il a aussi précisé que les frappes menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement du Yémen, « continuait aussi à entraîner des victimes civiles ».

Selon les observateurs, la population juive au Yémen était déjà faible – avec des estimations en 2021 qui avaient fait état de moins d’une dizaine de Juifs dans un contexte d’informations régulières portant sur des persécutions antisémites dans le pays.

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