La Syrie conviée à une conférence panarabe à Amman en mars
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La Syrie conviée à une conférence panarabe à Amman en mars

LArabie saoudite, poids lourd régional opposé au régime syrien, semble encore réticente à une normalisation avec Damas

Cette photo prise le 11 septembre 2018 montre une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe à son siège dans la capitale égyptienne du Caire. (Crédit : AFP / MOHAMED EL-SHAHED)
Cette photo prise le 11 septembre 2018 montre une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe à son siège dans la capitale égyptienne du Caire. (Crédit : AFP / MOHAMED EL-SHAHED)

Le président de l’Assemblé nationale jordanienne a annoncé dimanche avoir convié son homologue syrien à une réunion interparlementaire arabe en mars à Amman, en plein débat sur un retour du régime de Damas dans les instances panarabes.

Lors d’une rencontre avec le président de l’Association des avocats de Damas et député syrien Nizar al-Sakif, ce responsable jordanien, Atef al-Tarawneh, a annoncé avoir « convié le président du Conseil du peuple syrien Hammouda Sabbagh à la conférence de l’Union interparlementaire arabe » prévue en mars à Amman, a rapporté l’agence officielle Petra.

La Syrie a été mise au banc du monde arabe depuis sa suspension par la Ligue arabe fin 2011, quelques mois après le début de la révolte dans ce pays.

Mais une réintégration de Damas au sein de l’instance est désormais évoquée, et l’Irak, le Liban et la Tunisie ont appelé à un retour des représentants du régime syrien à la Ligue arabe. Dans le même temps, les Emirats arabes unis ont rouvert en décembre leur ambassade à Damas, après avoir coupé en 2012 leurs relations diplomatiques avec le régime.

Récemment, la Ligue arabe a annoncé qu’elle n’était pas parvenue à un « consensus », l’Arabie saoudite, poids lourd régional opposé au régime syrien, semblant encore réticente à une normalisation avec Damas.

« Ce n’est dans l’intérêt d’aucune partie de voir une Syrie fragmentée, déchirée, et où se déplacent en liberté des terroristes et des forces d’intervention extérieures », a de son côté plaidé dimanche M. Tarawneh, cité par Petra.

« Tant que nous considérons la Syrie comme profondément arabe et que nous prenons en compte la stabilité, les intérêts et l’unité de son peuple, elle doit être présente », a-t-il ajouté.

M. Sakif a de son côté déclaré que la Syrie aspirait à « renforcer ses relations avec la Jordanie dans tous les domaines ».

Déclenchée par la répression meurtrière par le régime de Bachar al-Assad des manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et s’est complexifiée au fil des années.

Près de huit ans après le début de la guerre, le régime, soutenu principalement par la Russie, a enchaîné ces deux dernières années les reconquêtes territoriales face aux rebelles et jihadistes et contrôle désormais près des deux-tiers de la Syrie.

Quelque 650 000 réfugiés syriens ont été enregistrés auprès de l’ONU en Jordanie depuis 2011. Mais Amman évalue leur nombre à près d’1,3 million.

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