La Turquie n’a pas acheté des missiles russes pour « les garder dans un carton »
Rechercher

La Turquie n’a pas acheté des missiles russes pour « les garder dans un carton »

Mevlut Cavusoglu a affirmé que la Turquie était ouverte à l'achat de Patriot, concurrents des russes S-400, si les Etats-Unis donnaient des "garanties" sur la production conjointe

Le système de défense anti-missiles déployé S-400 sur la base militaire russe de Hmeimin, dans la province de Lattaquié, au nord ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015. (Crédit : Paul Gypteau/AFP)
Le système de défense anti-missiles déployé S-400 sur la base militaire russe de Hmeimin, dans la province de Lattaquié, au nord ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015. (Crédit : Paul Gypteau/AFP)

La Turquie n’a pas acheté des systèmes de défense russes pour « les garder dans un carton », a déclaré mercredi son chef de la diplomatie, en réponse aux appels de Washington à ne pas activer les batteries livrées par Moscou.

« Vous n’achetez pas un produit pour le garder dans un carton. Nous avons des besoins », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu lors d’une conférence de presse à Ankara.

L’acquisition par les Turcs de batteries S-400, un système russe de défense antiaérienne et antimissile, est un important sujet de tensions entre Ankara et Washington.

Mardi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a jugé « inquiétant » le fait que la Turquie ait commencé la veille à tester partiellement les S-400, exhortant Ankara à « s’éloigner de la mise en opération complète » du système russe.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion à Ankara, en Turquie, le 16 février 2018. (Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)

M. Cavusoglu a affirmé mercredi que la Turquie était ouverte à l’achat de systèmes Patriot, concurrents des russes S-400, si les Etats-Unis donnaient des « garanties » sur la production conjointe et si le Congrès s’engageait à ne pas bloquer la vente.

Les Etats-Unis estiment notamment que les S-400 ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l’Otan, dont la Turquie est également membre, et mettent en danger les secrets technologiques du F-35, un avion de chasse américain furtif dont l’armée turque a commandé plus de 100 exemplaires.

L’administration Trump a déjà décidé d’exclure la Turquie du programme F-35 après qu’elle a pris livraison des premiers S-400.

« Dans le pire des cas, si nous ne pouvons pas acheter les F-35, nous rechercherons des alternatives. Vous ne pouvez pas refuser de nous en vendre et nous dire de ne pas regarder ailleurs », a déclaré M. Cavusoglu.

La Turquie est en outre sous la menace de sanctions américaines en vertu d’une loi adoptée en 2017 par le Congrès des Etats-Unis prévoyant des mesures punitives automatiques contre tout pays qui achèterait des armements russes.

Mais un responsable américain avait affirmé en octobre qu’Ankara y échapperait s’il choisissait de ne pas activer les systèmes russes.

Les dirigeants turcs ont répété ces dernières semaines que les S-400 seraient utilisés.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...