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La Turquie suspend bien ses relations commerciales avec Israël

Ankara assure vouloir "garantir que nos frères palestiniens contraints de vivre sous occupation ne soient pas affectés par ces restrictions"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) saluant le leader du groupe terroriste palestinien du Hamas,  Ismaïl Haniyeh, pendant leur rencontre au palais présidentiel d'Ankara, une photo diffusée le 26 juillet 2023. (Crédit : Mustafa Kamaci/Turkish Presidency Press Office/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) saluant le leader du groupe terroriste palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh, pendant leur rencontre au palais présidentiel d'Ankara, une photo diffusée le 26 juillet 2023. (Crédit : Mustafa Kamaci/Turkish Presidency Press Office/AFP)

La Turquie a suspendu jeudi ses relations commerciales avec Israël en réponse à la guerre à Gaza, nouvelle étape dans la dégradation des relations entre les deux pays.

« Les exportations et importations en relation avec Israël ont été suspendues », a annoncé dans un communiqué le ministère turc du Commerce, qui avait déjà restreint en avril les exportations des entreprises turques à destination d’Israël.

« La Turquie appliquera ces nouvelles mesures de manière stricte jusqu’à ce que le gouvernement israélien autorise un flux ininterrompu d’aide humanitaire vers Gaza », ajoute le ministère.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israel Katz avait affirmé plus tôt jeudi que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait « rompu les accords [entre Israël et la Turquie] en bloquant les importations et exportations israéliennes dans les ports ».

Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, visitant le Memorial de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem, le 19 février 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le chef de la diplomatie israélienne a dit vouloir « créer des alternatives au commerce avec la Turquie, en se concentrant sur la production locale et les importations en provenance d’autres pays ».

Le ministre turc du Commerce n’a pas précisé si les exportations de pétrole azerbaïdjanais vers Israël via le port turc de Ceyhan (Sud) étaient concernées par la décision d’Ankara.

Selon des analystes, plus du tiers des besoins en pétrole d’Israël transitait encore récemment par ce port turc de la Méditerranée.

Confronté à une colère croissante dans la population turque contre le maintien des relations commerciales avec Israël, le gouvernement turc a restreint début avril les exportations vers Israël de 54 catégories de marchandises, dont des produits composés d’acier, de fer et d’aluminium.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, portant une écharpe avec les drapeaux palestinien et turc, sur scène lors d’un rassemblement organisé par son parti au pouvoir, l’AKP, en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, à Istanbul, le 28 octobre 2023. (Crédit : Bureau de presse de la présidence turque/AFP)

Les exportations de la Turquie vers Israël ont représenté 5,43 milliards de dollars en 2023, contre 7,03 milliards de dollars en 2022 et 6,36 milliards de dollars en 2021, selon l’Union des exportateurs turcs et l’agence de statistiques Turkstat.

La Turquie assure vouloir « garantir que nos frères palestiniens contraints de vivre sous occupation ne soient pas affectés par ces restrictions ».

« La République de Turquie continuera à soutenir la juste cause de nos frères palestiniens, comme elle l’a fait jusqu’à présent », écrit le ministère turc du Commerce.

La guerre entre Israël et les terroristes palestiniens du Hamas a fait voler en éclats la normalisation des relations turco-israéliennes entamée en 2022 après une décennie de brouille.

Le président Erdogan, l’une des voix les plus anti-Israël, a qualifié à plusieurs reprises Israël « d’Etat terroriste », et estimé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « a surpassé Hitler » alors que le Hamas est, à ses yeux, un mouvement libérateur.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan prononce un discours à l’Assemblée générale de la Grande Assemblée nationale turque (TBMM), sur les mesures de sécurité contre le terrorisme, à Ankara, le 16 janvier 2024. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)

Erdogan, qui a rappelé début novembre l’ambassadeur de Turquie à Tel-Aviv, avait à l’époque jugé impossible de « rompre complètement » avec Israël.

Mais les critiques se sont intensifiées en Turquie ces dernières semaines contre la poursuite des échanges commerciaux avec Israël.

Selon des analystes, cette colère a contribué à la débâcle historique du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Erdogan aux élections locales organisées fin mars.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a annoncé mercredi que la Turquie allait se joindre à l’action en justice intentée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ).

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