Lag Baomer : 300 arrestations à Meron ; 2 000 personnes réunies à Jérusalem
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Lag Baomer : 300 arrestations à Meron ; 2 000 personnes réunies à Jérusalem

Des centaines de fidèles 'haredi sont entrés par effraction dans le complexe sacré du mont Meron, faisant fi des ordres de police limitant l'accès au site en raison de la pandémie

Des hommes ultra-orthodoxes s'affrontent avec des policiers lors des célébrations de Lag B'Omer sur le mont Meron, dans le nord d'Israël, le 12 mai 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Des hommes ultra-orthodoxes s'affrontent avec des policiers lors des célébrations de Lag B'Omer sur le mont Meron, dans le nord d'Israël, le 12 mai 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Des centaines de fidèles ultra-orthodoxes sont entrés par effraction dans le complexe sacré du mont Meron dans le nord d’Israël mercredi soir, faisant fi des ordres de police limitant l’accès au site en raison de la pandémie de coronavirus. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté, ce qui a donné lieu à plus de 300 arrestations.

Parallèlement, des milliers d’hommes ultra-orthodoxes se seraient rassemblés à Jérusalem, précisément là où des centaines de personnes avaient été dispersées lundi soir.

Ces regroupements de masse ont soulevé des craintes face à l’éventualité d’une deuxième vague de contamination dans le pays, après la baisse du nombre de nouveaux cas observée ces derniers jours.

Le gouvernement a imposé des limitations strictes sur le nombre de personnes autorisées à se rendre à Meron cette année à l’occasion de la fête de Lag Baomer, qui a duré de lundi soir à mardi soir. Les festivités de lundi soir ont été discrètes, ne réunissant que 150 personnes seulement.

Mais des images publiées par les médias israéliens ont montré de nombreux hommes entrer par effraction mardi après-midi dans le lieu de sépulture du sage Shimon Bar Yochai, peu après que la police eut retiré plusieurs barrages alors que la fête s’achevait.

Des hommes ultra-orthodoxes s’affrontent avec des policiers lors des célébrations de Lag B’Omer sur le mont Meron, dans le nord d’Israël, le 12 mai 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les images montrent des affrontements violents entre les fidèles et les policiers, qui, pour certains, avaient quitté les lieux avant d’y revenir à la hâte. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées, selon les médias.

La police a indiqué que plus d’une centaine de personnes avaient été arrêtées pour agression sur des officiers. Elle a précisé que les individus interpellés avaient « agressé des policiers, jeté des pierres en leur direction et résisté avec force au dispersement ». Les médias israéliens ont rapporté ultérieurement que les forces de l’ordre avaient procédé à plus de 300 interpellations.

Mercredi matin, la police a annoncé que 317 Israéliens arrêtés à Meron avaient été libérés. Ils ont tous écopé d’une amende pour avoir violé les directives sanitaires liées à la pandémie de coronavirus.

Trois autres Israéliens accusés d’avoir agressé des officiers de police restent sont toujours en détention.

De plus, près de 200 hommes ont pris part à un survol de la ville de Meron, organisé par la compagnie Israir, afin de se rapprocher le plus possible de la tombe de Bar Yochai.

Des images diffusées par la Douzième chaîne depuis l’avion montrent que les participants n’ont pas respecté les règles de distanciation physique, se regroupant près des fenêtres et dansant ensemble.

La Treizième chaîne a relayé les propos d’un policier qui a déclaré que la plupart des fidèles ultra-orthodoxes venus à Meron ne portaient pas de masques et ne maintenaient pas de distance entre eux, et a mis en garde contre une deuxième vague d’infection.

« Que personne ne s’étonne si dans une semaine, il y a une épidémie de coronavirus. Nous aurons prévenu », a réagi la police.

Les ministres ont décidé la semaine dernière d’interdire les feux et de limiter la fréquentation à Meron, qui attire généralement des centaines de milliers de fidèles, mais n’a pas imposé de couvre-feu total.

Mardi, le journal Haaretz avait rapporté que les autorités sanitaires craignaient que certains secteurs ultra-orthodoxes doivent de nouveau être bouclés si les festivités de Lag Baomer donnaient lieu à une nouvelle vague de contamination.

Bain de foule à Mea Shearim

Malgré l’interdiction concernant les grands rassemblements et les feux, plusieurs régions ou quartiers à forte population ultra-orthodoxe ont été le théâtre de violations de ces ordonnances d’urgence mises en place pour la fête.

Près d’un millier d’habitants du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, ont envahi les rues lundi soir. La police a dispersé les foules, mais mardi, 2 000 personnes sont à nouveau descendues dans les rues de Mea Shearim, selon la Douzième chaîne.

La police est restée à l’écart des participants qui organisaient une « halake », la traditionnelle première coupe de cheveux des enfants ayant atteint l’âge de trois ans. La foule s’est dispersée d’elle-même au terme de l’évènement, a souligné la chaîne.

Haaretz a cité des sources au sein du ministère de la Santé qui ont indiqué suivre de près le taux d’infection dans les quartiers ‘haredim au cas où de nouvelles restrictions doivent y être imposées.

Une source a déclaré que pour les zones à haut risque d’une nouvelle épidémie, le ministère apporterait son aide aux autorités locales, mènerait des actions de sensibilisation auprès des chefs de communautés et, si nécessaire, les déclarerait « zones réglementées ».

Au cours des dernières semaines, Israël a commencé à assouplir les restrictions de circulation, le taux d’infection ayant chuté à quelques dizaines de nouveaux cas par jour.

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