L’agence nucléaire iranienne veut remettre l’accord « à nouveau sur les rails »
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L’agence nucléaire iranienne veut remettre l’accord « à nouveau sur les rails »

Le porte-parole a déclaré que Téhéran souhaitait voir le pacte historique de 2015 renforcé, alors que l'Europe a affirmé qu’elle ne céderait pas aux "ultimatums" du régime

Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), répond à la presse à Téhéran, le 17 juillet 2018. (Photo AFP / ATTA KENARE)
Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), répond à la presse à Téhéran, le 17 juillet 2018. (Photo AFP / ATTA KENARE)

L’Iran veut remettre l’accord nucléaire de 2015 signé avec les puissances mondiales « à nouveau sur les rails », a déclaré jeudi un représentant de l’Organisation de la République islamique pour l’énergie atomique, au lendemain de l’annonce par Téhéran de la suspension de certains de ses engagements vis-à-vis de l’accord international à moins que les termes ne soient renégociés.

« Notre objectif est de renforcer le JCPOA et de le remettre sur les rails », a déclaré le porte-parole Behrouz Kamalvandi, cité par l’agence de presse iranienne IRNA.

Un an après que les Etats-Unis se soient retirés de l’accord, le président iranien Hassan Rouhani a déclaré dans un discours télévisé ce mercredi que les signataires de l’accord avaient 60 jours pour présenter un plan visant à protéger son pays des sanctions imposées par le président américain Donald Trump, alors que le pays est déjà touché par les difficultés économiques. Si les négociations échouent, l’Iran relancera l’enrichissement d’uranium à des niveaux interdits par l’accord, a-t-il prévenu.

Rouhani a comparé la situation à une urgence médicale pour la République islamique, 40 ans seulement après sa fondation.

« Nous avons estimé que l’accord sur le nucléaire nécessitait une intervention chirurgicale et que les médicaments anti-douleur de l’année dernière ont été inefficaces », a déclaré Rouhani. « Cette opération vise à sauver l’accord, pas à le détruire. »

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif avec la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini discutent de l’accord du nucléaire iranien, dans les quartiers généraux de l’UE, à Bruxelles, le 15 mi 2018. (Crédit: AFP / POOL / Thierry Monasse)

Les puissances européennes ont rejeté jeudi les « ultimatums » de Téhéran, mais se sont engagées à se battre afin de sauver l’accord nucléaire iranien. L’Union européenne a demandé à l’Iran de respecter l’accord international limitant ses ambitions nucléaires, affirmant que son objectif était de continuer à commercer avec le pays malgré les sanctions américaines.

L’UE et les grandes puissances européennes – la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – ont également déclaré qu’elles « prenaient connaissance avec une vive préoccupation la déclaration faite par l’Iran concernant ses engagements » dans le nucléaire.

L’administration Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord en mai 2018, affirmant que rien ne pouvait empêcher l’Iran de développer des missiles ou de déstabiliser le Moyen-Orient. Les Européens insistent sur le fait que l’accord représente un pilier important de la sécurité régionale et mondiale et n’a jamais été conçu afin de régler ces autres problèmes.

Trump a réagi aux menaces de Téhéran mercredi en rendant toujours plus compliqués les liens économiques et en appliquant des sanctions au secteur minier iranien.

Le président américain Donald Trump intervient lors d’un événement dans la Chambre Roosevelt de la Maison Blanche, le 12 avril 2019. (AP Photo/Evan Vucci)

La Maison-Blanche, qui a déjà pris des mesures afin de faire cesser les exportations de pétrole de l’Iran – sa principale économie –, a déclaré que le secteur de la sidérurgie et des mines était la deuxième source de revenus extérieurs du pays, représentant 10 % des exportations.

« Téhéran peut s’attendre à de nouvelles actions, à moins qu’il ne modifie fondamentalement son comportement », a déclaré Trump dans un communiqué.

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