Rechercher

L’antisémitisme atteint les jeunes sur les réseaux sociaux, s’alarme une étude

Les discours extrêmes se trouvent sur des sites comme Parler et 4chan mais les plateformes comme Instagram et TikTok pourraient servir à introduire des théories antisémites

Cette photo d'archive montre le logo de l'application Facebook sur un smartphone à Los Angeles, le 1er mars 2021. (Chris Delmas/AFP)
Cette photo d'archive montre le logo de l'application Facebook sur un smartphone à Los Angeles, le 1er mars 2021. (Chris Delmas/AFP)

Des plateformes comme Instagram et TikTok sont utilisées pour répandre des contenus antisémites auprès de jeunes utilisateurs, s’alarme un rapport publié par des organisations européennes mercredi.

Des propos antisémites « se répandent sur tous les réseaux sociaux » malgré les tentatives de lutte contre les propos haineux, selon une analyse conduite par l’association britannique Hope not hate, la fondation allemande Amadeu Antonio Foundation et le groupe suédois Expo Foundation.

Les discours les plus extrêmes et prolifiques se trouvent sur des sites de niche comme Parler et 4chan, souligne le rapport, qui s’inquiète que des plateformes grand public comme Instagram et TikTok soient utilisées pour introduire auprès des jeunes des théories du complot antisémites.

Sur Instagram, dont 70% des utilisateurs dans le monde sont âgés de 13 à 34 ans, on trouve des « millions » de hashtags liés à l’antisémitisme.

Sur TikTok, où les utilisateurs sont plus jeunes – 69% ont entre 16 et 24 ans – trois hashtags liés à l’antisémitisme ont été vus plus de 25 millions de fois en six mois.

« Une nouvelle génération d’utilisateurs des réseaux sociaux se sont vus présenter des idées antisémites auxquelles ils n’auraient vraisemblablement pas été confrontés ailleurs », a souligné Joe Mulhall, responsable de la recherche chez Hope not hate.

Le rapport souligne l’échec de nombre de plateformes de résoudre le problème alors qu’elles ont les moyens d’agir.

Ce rapport intervient alors que Facebook, est accusé par la lanceuse d’alerte Frances Haugen de faire passer les bénéfices avant la sécurité.

L’étude souligne que sur les plateformes grand public, l’antisémitisme a atteint les jeunes utilisateurs sous la forme de théories du complot, avec une « augmentation sans précédent » pendant la pandémie.

Les recherches de l’expression « nouvel ordre mondial » dans Google, une théorie du complot antisémite, a ainsi atteint son plus haut niveau depuis 15 ans en mars 2020.

L’étude met également en évidence que la négation de la Shoah avait mué sur internet dans des « formes plus moqueuses et adaptées à internet de déni ».

Un porte-parole de Facebook a déclaré en réponse que l’antisémitisme est « complètement inacceptable » et mis en avant le durcissement de sa politique l’an dernier, qui a permis de lutter davantage contre la haine en ligne et le négationnisme.

Un porte-parole de TikTok a fait valoir que la plateforme « condamne l’antisémitisme » et « continue de renforcer (ses) outils pour lutter contre les contenus antisémites ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...