L’AP avait perquisitionné la maison du policier palestinien avant l’attaque, selon son père
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L’AP avait perquisitionné la maison du policier palestinien avant l’attaque, selon son père

On ne sait pas si l’opération avait pour but d’empêcher l’attaque ou si elle l’a déclenchée ; le frère du policier était membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, tué en 2011

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Forces de sécurité palestiniennes en patrouille à Bethléem, en 2013. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Forces de sécurité palestiniennes en patrouille à Bethléem, en 2013. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Les forces de sécurité palestinienne ont perquisitionné lundi la maison familiale d’un policier palestinien, quelques heures avant qu’il n’ouvre le feu sur des soldats israéliens en Cisjordanie, selon le témoignage du père du terroriste.

Muhammad Turkman, 25 ans, a blessé lundi trois soldats avec un fusil d’assaut AK-47 au checkpoint Focus, près de Ramallah. Un soldat a été grièvement blessé dans l’attaque, mais son état de santé s’est depuis amélioré, et deux autres ont été légèrement blessés par des éclats, selon les autorités médicales.

Quelques heures auparavant, les forces de sécurité avaient surgi dans la maison de la famille à Qabatiya, un village de Cisjordanie proche de Jénine, et avait confisqué des armes, ont déclaré mardi les parents de Turkman au site d’informations palestinien Quds Net.

Cependant, il n’a pas été précisé si les forces de sécurité avaient perquisitionné la maison pour empêcher une attaque, ou si l’opération elle-même avait poussé Turkman à mener son attaque.

Des soldats israéliens pendant une opération à Qabatiya, près de Jénine, le 1er novembre 2016, après une attaque à main armée contre des soldats israéliens la veille près de Ramallah. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats israéliens pendant une opération à Qabatiya, près de Jénine, le 1er novembre 2016, après une attaque à main armée contre des soldats israéliens la veille près de Ramallah. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Dans un autre entretien, accordé à la radio arabe israélienne A-shams, le père de Turkman, Abdul Khaleq, a déclaré que sa mère avait appelé leur fils après l’opération, et suggéré que cela l’avait poussé à tirer sur les soldats.

« Sa mère à dit Muhammad ce qu’il s’était passé, et il semble que cela l’ait beaucoup énervé. Il avait son arme personnelle sur lui, délivrée par les forces de sécurité. Nous ne savons pas ce que sa réaction était », a déclaré le père.

Muhammad est le deuxième fils de la famille Turkman à être tué ces dernières années.

Son frère Rabia, qui était membre de la branche armée du Fatah, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, a été tué en 2011 pendant des affrontements avec l’armée israélienne à Ramallah, a annoncé Quds Net.

La guérite qui a été touchée par une attaque à main armée d'un policier palestinien au nord de Ramallah, le 31 octobre 2016. (Crédit : Twitter)
La guérite qui a été touchée par une attaque à main armée d’un policier palestinien au nord de Ramallah, le 31 octobre 2016. (Crédit : Twitter)

Une source anonyme a déclaré au média pro-Hamas Palinfo qu’un AK-47, une cartouche artisanale et des munitions avaient été saisies dans la maison de la famille Turkman pendant l’opération.

Selon une source interne aux services de sécurité palestiniens, Turkman était un garde du Parlement palestinien. Après sa journée de travail, il a pris une arme sans permission et a mené l’attaque, a annoncé lundi la radio publique israélienne.

Adnan Damiri, le porte-parole des Forces de sécurité palestiniennes, a déclaré mardi à la radio publique israélienne qu’il n’avait toujours « rien » dans l’enquête de son institution sur l’attaque.

Il a ajouté que l’armée israélienne ne menait pas d’enquête commune avec les forces de sécurité de l’AP, même quand des policiers de l’AP étaient suspectés.

Adnan Damiri, porte-parole des forces de sécurité palestiniennes. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Adnan Damiri, porte-parole des forces de sécurité palestiniennes. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Turkman est l’un des rares membres de forces de sécurité de l’AP qui ont attaqué cette dernière année des Israéliens avec des armes délivrées par le gouvernement.

Damiri a déclaré qu’il n’y avait pas de réel schéma d’attaque des Israéliens qui se développait au sein des forces de sécurité. Il a ajouté que les Palestiniens utilisaient également leurs armes entre eux, « même aux Etats-Unis cela arrive, cela se produit partout dans le monde. »

‘Nous sommes tous fiers de lui’

Le père de Turkman, Abdul Khaleq Turkman, a déclaré qu’il était fier des actes de son fils.

« S’il n’était pas un homme, il n’aura pas fait cela. Nous sommes tous fiers de lui », a-t-il déclaré à Quds Net.

L’oncle de Mohammad Turkman a déclaré au site d’informations que le tireur était « très normal. Ses parents n’ont rien senti, et il ne semblait pas prévoir une opération. »

L’oncle a ajouté que Turkman « n’avait pas consacré beaucoup d’attention à son futur. Il ne prévoyait pas de se marier ou d’acheter une maison comme ses camarades. »

Le frère de Turkman, Muhannad, 23 ans, a été arrêté mardi matin par l’armée israélienne. De plus, les soldats israéliens ont révoqué les permis de travail détenus par des membres de la famille Turkman, a annoncé l’armée.

Le Fatah local « pleure » la mort d’un « martyr héroïque »

Les mosquées de Qabatiya ont annoncé la mort de Turkman par haut-parleurs, et ont « salué son action héroïque », selon des médias palestiniens.

Lundi soir, la branche locale du Fatah à Qabatiya aurait annoncé au haut-parleur qu’il « pleurait » la perte de son « martyr héroïque ».

#_الشهيد_الشرطي#_ابن_حركة_التحرير_الوطني_الفلسطيني_فتح#_ابن_اجهزة_السلطة_الفلسطينية

Posted by ‎حركة التحرير الوطني الفلسطيني " فتح "/الصفحة الرسمية‎ on Monday, 31 October 2016

Sur sa page Facebook officielle, le Fatah, parti au pouvoir au sein de l’AP, a rendu hommage à Turkman, un « martyr policier », avec un montage photo qui le montre avec une arme près de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem.

Le Hamas, le rival terroriste du Fatah qui contrôle la bande de Gaza, a « salué » l’attaque de lundi soir, et a appelé les membres des forces de sécurité de l’AP à mener d’autres attaques.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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