L’AP exhorte la communauté internationale à mettre fin à « l’agression » israélienne
Qualifiant la prise de contrôle de Gaza-City de "provocation", Ramallah prévient qu'elle aggravera la crise humanitaire et risque de provoquer des déplacements massifs de population
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le plan israélien de prise de contrôle de Gaza-City constitue une nouvelle « escalade » d’Israël qui menace la « stabilité régionale », a accusé samedi l’Autorité palestinienne (AP), en appelant la communauté internationale à faire pression pour que l’aide humanitaire puisse entrer dans la bande de Gaza.
« Les politiques d’Israël, y compris la réoccupation de Gaza, les tentatives d’annexion de la Cisjordanie et la judaïsation de Jérusalem, fermeront toutes les portes à la sécurité et à la stabilité tant au niveau régional que mondial », a estimé dans un communiqué le porte-parole de l’AP, Nabil Abou Roudeina.
Abou Roudeina a dénoncé « le rejet par Israël des critiques internationales et des avertissements des puissances mondiales concernant l’escalade de la guerre contre le peuple palestinien », qualifiant ces actions « de défi sans précédent et de provocation à la volonté internationale de parvenir à la paix ».
Le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a dénoncé de son côté « un nouveau crime qui s’ajoute à la série de crimes israéliens commis en Cisjordanie, y compris à Jérusalem », soulignant « la nécessité urgente de prendre des mesures pour y mettre fin immédiatement », selon les propos rapportés par l’agence palestinienne Wafa.
« Le président a affirmé que les dirigeants palestiniens poursuivraient leurs efforts politiques à tous les niveaux, notamment en s’adressant au Conseil de sécurité des Nations unies, à la Ligue arabe et à l’Organisation de coopération islamique, afin de rallier un soutien international et régional contre ces projets. »
Abbas a également souligné « la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et permanent, de la libération des otages et des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, ainsi que de l’entrée de l’aide humanitaire » dans l’enclave.
L’annonce de ce plan, voté dans la nuit de jeudi à vendredi, a suscité une vive réprobation internationale. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait prévu une réunion d’urgence pour samedi, mais celle-ci a finalement été reportée à dimanche.
La prise de contrôle de Gaza-City, autorisée malgré l’opposition largement relayée par l’armée israélienne, a suscité de vives critiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les familles des otages ont déclaré que cette opération mettrait en danger la vie de leurs proches, tandis que les gouvernements étrangers ont mis en garde contre les conséquences désastreuses pour les civils de Gaza.
Dans une déclaration conjointe publiée samedi, les ministres des Affaires étrangères de l’Italie, de l’Australie, de l’Allemagne, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni ont fermement rejeté la décision israélienne.
« Cela va aggraver la situation humanitaire catastrophique, mettre en danger la vie des otages et accroître le risque d’un exode massif de civils », selon ces pays.
Une déclaration distincte signée par plus de vingt pays, dont l’Égypte et le Qatar, médiateurs du cessez-le-feu, ainsi que l’Arabie saoudite, la Turquie et les Émirats arabes unis, a qualifié la décision d’Israël de « dangereuse et inacceptable escalade ».
La Russie a condamné de son côté samedi le plan israélien, estimant qu’une telle initiative risque d’aggraver la « catastrophe humanitaire » en cours dans l’enclave.
L’Allemagne a déclaré qu’elle n’autoriserait aucune exportation d’équipements militaires vers Israël pouvant être utilisés à Gaza jusqu’à nouvel ordre.
Selon un responsable israélien, la décision du cabinet stipule que les Gazaouis auront jusqu’au 7 octobre 2025 pour évacuer Gaza-City, soit un délai de deux mois qui coïncide également avec le deuxième anniversaire du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. L’armée israélienne lancera alors son offensive terrestre à Gaza-City et assiègera la zone afin d’éliminer tous les terroristes du Hamas encore présents. Une fois la prise de contrôle achevée, l’armée se dirigera vers les zones encore non conquises de Gaza, a indiqué le responsable.
Israël affirme contrôler 75 % de la bande de Gaza, tandis que Tsahal a largement évité de pénétrer dans les 25 % restants, qui comprennent Gaza-City et les camps de réfugiés du centre de l’enclave, car l’armée estime que la plupart des otages y sont détenus.
Presque tous les 2 millions d’habitants de Gaza se trouvent actuellement dans le quart de la bande de Gaza qui n’est pas sous le contrôle de l’armée israélienne. Le Hamas a menacé d’exécuter les otages si ses terroristes détectaient l’approche des troupes israéliennes. En août 2024, les geôliers du Hamas ont tué six otages israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, lorsque les soldats de Tsahal se sont approchés sans le savoir du tunnel où ils étaient détenus.
la Communauté du Times of Israël !







