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Lapid: les députés qui ne peuvent pas soutenir la coalition « doivent partir »

Des députés rebelles subissent des pressions croissantes pour quitter la Knesset après l'échec de l'adoption d'une loi déterminante en partie, notamment, de leur opposition

De droite à gauche : Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
De droite à gauche : Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La coalition examinait, mardi, les prochaines initiatives à prendre après que deux députés issus de l’alliance au pouvoir ont voté contre un projet de loi de grande importance dans la soirée de lundi – contribuant ainsi au rejet de la législation et mettant encore davantage en péril le gouvernement d’ores et déjà en difficulté.

La législation qui a été rejetée prévoyait de renouveler une mesure portant sur l’application du droit civil et pénal israélien aux résidents d’implantations de Cisjordanie. Ils mettent ainsi en péril l’adoption de la loi avant la date-butoir pour son approbation – le 30 juin – et ils placent la coalition déjà chancelante en plus grande difficulté. Le ministre de la Justice Gideon Saar, qui a supervisé le texte de loi qui a été présenté, avait indiqué avant le vote qu’il s’agissait d’un test crucial pour la viabilité et pour la survie de la coalition, qui a perdu sa majorité parlementaire.

Le législateur Mazen Ghanaim de Raam et Ghaida Rinawie Zoabi, du Meretz, se sont prononcés en défaveur du texte. Les trois autres parlementaires de Raam et la députée rebelle de Yamina, Idit Silman, étaient absents de cette séance plénière. 52 personnes ont finalement voté « pour » la mesure proposée par Saar et 58 « contre ».

La coalition a pris un autre coup quand Idit Silman , députée rebelle du parti Yamina, a voté contre la coalition qui tentait de renommer le législateur issu de son parti, Matan Kahana, au poste de ministre des Affaires religieuses. C’est la première fois que Silman vote contre l’alliance au pouvoir depuis qu’elle en a démissionné, au début du mois d’avril.

Parmi les initiatives actuellement envisagées par la coalition suite au vote, le limogeage de Silman de son poste – elle est actuellement présidente de la commission de la Santé à la Knesset, a noté la Douzième chaîne. La coalition ne prévoirait pas encore de lancer une procédure qui la déclarerait officiellement comme défectrice.

La formation Tikva Hadasha de Saar doit se regrouper dans l’après-midi de mardi pour examiner son avenir au sein de l’actuelle coalition, a précisé la chaîne.

La députée Idit Silman à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Par ailleurs, d’immenses pressions ont été exercées sur Ghanaim et Rinawie Zoabi, réclamant leur démission alors que la coalition cherche à les remplacer par d’autres législateurs du Meretz et de Raam qui appuieraient probablement la loi sur la Cisjordanie au cours d’un vote ultérieur.

L’alliance au pouvoir pourra présenter le texte chaque semaine au vote avant son expiration, à la fin du mois de juin. Si le gouvernement est dissous d’ici-là, le délai pour l’adoption du projet de loi sera automatiquement prolongé jusqu’à ce qu’une nouvelle coalition puisse le voter.

« Celles et ceux qui ne peuvent pas vivre avec cette coalition doivent partir. Ceux qui le peuvent doivent s’engager en sa faveur. On ne peut pas faire double jeu », a dit le ministre des Affaires étrangères, mardi matin, pendant une conférence de Democrat TV.

Le leader du Meretz Nitzan Horowitz, ministre de la Santé, a souligné qu’il était important d’empêcher le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, de revenir au pouvoir et il a déclaré que tous ceux qui ne s’engageaient pas fermement dans la coalition étaient libres de partir.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz s’exprime lors d’une visite au centre médical Beilinson, le 27 juillet 2021. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

« Ce gouvernement est important pour nous et il est important pour Israël. Meretz a accompli beaucoup de choses en son sein. Nous sommes déterminés à remplacer Netanyahu et à stopper [les leaders d’extrême-droite Bezalel] Smotrich et [Itamar] Ben Gvir. Meretz ne participera pas à un processus qui aboutirait à leur retour au pouvoir », a-t-il promis.

« Cela nécessite des efforts et des décisions qui sont dures. Ceux qui ne parviennent pas à dépasser ces difficultés sont invités à partir. Je travaille sans relâche à la préservation de ce gouvernement et à empêcher de nouvelles élections. Je suis convaincu que nous allons y arriver », a-t-il continué.

La coalition réfléchit aussi à bloquer les projets de loi proposés par Ghanaim et Rinawie Zoabi pour tenter de les pousser à partir. La décision finale de démissionner appartient néanmoins au seul législateur concerné.

Le député du Meretz Yair Golan a critiqué Rinawie Zoabi, membre de son parti, et Raam pour leur travail de sape au sein de l’alliance au pouvoir. « Je pense que les parlementaires de Raam [qui ont voté contre la loi ou qui étaient absents de la séance à ce moment-là] ont fait une erreur fatale. Et je suis déçu par Zoabi, », a-t-il confié à Ynet.

La députée du Meretz Ghaida Rinawie Zoabi à la Knesset de Jérusalem, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ghanaim, de son côté, a défendu sa décision de voter contre le projet de loi. « Je continuerai à voter conformément à mes valeurs », a-t-il déclaré au site d’information Walla.

« C’est le Premier ministre Naftali Bennett, qui n’a pas été capable de conserver le soutien des membres de son parti, qui devrait être considéré comme responsable de ses actions », a ajouté le parlementaire de Raam.

Ghanaim a accusé le gouvernement de Bennett d’avoir échoué « à faire fonctionner cette expérience », se référant à l’intégration de Raam au sein de la coalition – le premier parti arabe à prendre part à une alliance au pouvoir depuis des décennies.

Après que Ghanaim s’est opposé au texte, lundi soir, le député Yamina Nir Orbach l’a interpellé à voix forte : « Etre des partenaires, ça ne vous intéresse pas. L’expérience avec vous a raté ».

Le député de Raam Mazen Ghanaim, à gauche, lors d’un vote sur une loi sur la Cisjordanie à la Knesset de Jérusalem, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bennett, pour sa part, a insisté sur le fait que la coalition survivrait. Alors que le site Ynet lui demandait si l’existence de la coalition touchait à sa fin, le chef de Yamina a répondu : « Absolument pas ».

S’exprimant pendant une rencontre de la commission des Affaires étrangères et de la défense, mardi matin, Bennett a vanté les réussites de son gouvernement depuis son investiture, il y a un an.

« Cela a été l’année la plus tranquille pour les résidents du sud depuis le désengagement de 2005 [de Gaza] », a indiqué le Premier ministre, qui a également cité les succès stratégiques remportés face à l’Iran et face aux violences dans la communauté arabe.

Un sondage récent qui a été réalisé par la Douzième chaîne a révélé que le bloc de Netanyahu remporterait 59 sièges si des élections devaient avoir lieu aujourd’hui, lui donnant une quasi-majorité à la Knesset de 120 sièges – mais il a aussi suggéré une nouvelle impasse politique si le gouvernement actuel devait s’effondrer. L’État juif a connu quatre cycles électoraux éprouvants depuis 2019, les blocs qui s’opposent rencontrant des difficultés à former une majorité solide à la Knesset.

Tobias Siegal et Carrie Keller-Lynn ont contribué à cet article.

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