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Second échec à la Knesset : Idit Silman torpille la nomination de Kahana

Idit Silman a voté contre la reconduction de Matan Kahana au poste de ministre des Affaires religieuses - un vote de confiance. Elle pourrait être exclue de Yamina

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

La députée Idit Silman présidant un comité de santé de la Knesset, le 10 mai 2022. (Crédit: Flash90)
La députée Idit Silman présidant un comité de santé de la Knesset, le 10 mai 2022. (Crédit: Flash90)

Aux premières heures, mardi matin, la tentative de la coalition pour réintégrer le député Yamina Matan Kahana au poste de ministre des Affaires religieuses a été contrecarrée par sa collègue, Idit Silman, qui a voté contre la nomination.

C’est la première fois que Silman vote contre la coalition depuis qu’elle en a démissionné début avril. Plus tôt dans la soirée, Silman s’était absentée lors du vote du projet de loi visant à proroger l’application du droit pénal et du droit civil israélien aux résidents d’implantations, projet qui n’a pas davantage été adopté.

Le décompte final pour la reconduction infructueuse de Kahana a été de 55 voix pour et 55 contre, une de moins que la majorité simple nécessaire pour le reconduire à son poste de ministre.

Kahana, ex-pilote de F-16, a répondu à cette contrariété en écrivant sur Twitter qu’il s’agissait d’une « frappe légère sur l’aile ».

Le Premier ministre Naftali Bennett, à la tête du parti Yamina dont font partie Kahana et Silman, avait demandé que le vote concernant la nomination de Kahana soit considéré comme une motion de confiance pour la coalition.

Selon l’expert en droit législatif Chen Friedberg, de l’Institut israélien de la démocratie, l’échec d’une motion de confiance est sans conséquences juridiques. Il pourrait toutefois être utilisé pour établir un dossier contre Silman afin d’obtenir qu’elle soit considérée comme transfuge.

Le vice-ministre des Affaires religieuses Matan Kahana à Meron, dans le nord d’Israël, le 4 janvier 2022. (Crédit: David Cohen/Flash90)

Cette désignation officielle de « transfuge », attribuée par la commission de la Chambre de la Knesset – dont Silman était membre avant d’en être exclue le mois dernier- emporte des sanctions personnelles importantes. Les députés transfuges ne peuvent pas se présenter aux élections suivantes sous l’étiquette d’un parti existant à la Knesset, ce qui nuira probablement à la carrière politique de Silman.

En avril, Yamina avait pris la décision d’évincer l’ex-député Amichai Chikli, qui avait suivi la discipline de vote de l’opposition depuis la formation-même du gouvernement, que son parti dirige avec difficultés.

Silman, ex-présidente de la coalition, a démissionné avec fracas de la coalition, en avril dernier, pour ce qu’elle a qualifié de différends idéologiques. Son départ a mis fin à la majorité de la coalition, et celle-ci se trouve maintenant à parité (60 sièges contre 60) avec l’opposition.

Kahana avait démissionné de son poste de ministre en mai dernier afin de revenir en tant que membre votant à la Knesset, en vertu de la « loi norvégienne », permettant aux ministres d’être remplacés par un autre membre du parti lors de leur entrée en fonction ministérielle. Depuis lors, le portefeuille ministériel avait temporairement été placé sous l’autorité du Premier ministre Naftali Bennett, et Kahana occupait les fonctions de vice-ministre des Affaires religieuses.

L’opposition a certes réussi à bloquer les votes clés de lundi – la loi sur les implantations et la reconduction de Kahana –, mais d’autres lois ont pu être votées. C’est le cas du projet de loi, présenté en première lecture, visant à accorder aux personnes handicapées l’accès aux services sociaux et aux avantages fiscaux pour Tama 38, un programme de rénovation de logements.

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