L’Arabie saoudite classée pays « vert », épargnant une quarantaine à Netanyahu
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L’Arabie saoudite classée pays « vert », épargnant une quarantaine à Netanyahu

Le ministère de la Santé aurait ajouté la nation du Golfe à la liste, sur ordre des Affaires étrangères ; les voyageurs venant de Bahreïn sont également exemptés de quarantaine

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, portant un masque, assiste à une démonstration de prélèvement de coronavirus par écouvillonnage lors de l'inauguration d'un centre de dépistage rapide du coronavirus COVID-19 à l'aéroport international Ben Gurion de Lod, le 9 novembre 2020. (ATEF SAFADI / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, portant un masque, assiste à une démonstration de prélèvement de coronavirus par écouvillonnage lors de l'inauguration d'un centre de dépistage rapide du coronavirus COVID-19 à l'aéroport international Ben Gurion de Lod, le 9 novembre 2020. (ATEF SAFADI / POOL / AFP)

Le ministre de la Santé a désigné l’Arabie Saoudite pays « vert » lundi, ce qui signifie que les Israéliens ne sont pas contraints de se mettre en quarantaine à leur retour, un jour après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et un groupe de fonctionnaires sont rentrés d’un voyage dans le pays du Golfe.

Cette mesure semble viser spécifiquement Netanyahu et son équipe pour les exempter de la quarantaine. L’admission de l’Arabie saoudite sur la liste n’aura guère d’autre effet pratique, car le pays est officiellement désigné comme un État ennemi et tout voyage touristique ou d’affaires y est officiellement interdit.

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a signé l’ordonnance mise à jour, qui a ensuite été publiée sur un site web du gouvernement sans annonce officielle, selon le site d’information Walla.

Actuellement, seuls les Israéliens et les étrangers munis d’un visa de résidence sont autorisés à entrer en Israël. Ceux qui arrivent des « pays rouges » – ceux qui ont un taux élevé de coronavirus – doivent observer une quarantaine de 14 jours, tandis qu’un retour des « pays verts » ne l’exige pas.

Le prince héritier de Ryad, Mohammed ben Salmane, et Netanyahu ont eu des entretiens sans précédent dimanche dernier dans la ville de Neom, au bord de la mer Rouge saoudienne, en compagnie du secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Des passagers à l’aéroport international Ben Gurion pendant un confinement national, le 24 septembre 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des sources au ministère de la Santé ont dit à Walla que la décision d’ajouter l’Arabie saoudite à la liste a été prise sur requête du ministère des Affaires étrangères.

« Le ministère des Affaires étrangères a demandé au ministère de la Santé d’examiner si l’Arabie saoudite est verte et, si oui, de la déclarer comme telle. Ils ont vérifié et il s’est avéré que d’après les indices, elle est verte et donc elle a été incluse dans la liste », ont expliqué des sources anonymes à Walla. Le bureau du Premier ministre n’a fait aucun commentaire.

Selon le décompte de l’université Johns Hopkins, 224 nouveaux cas de coronavirus ont été signalés en Arabie Saoudite au cours de la dernière journée et 19 décès ont été signalés comme étant dus à la COVID-19.

La directive actualisée du ministère de la Santé a également inclus le Bahreïn dans la liste des pays ne nécessitant plus de quarantaine. Lundi, Netanyahu s’est entretenu avec le prince héritier et Premier ministre du Bahreïn, Salmane ben Hamad Al Khalifa, pour discuter de la promotion des relations entre les deux pays, a annoncé l’agence de presse de l’État du Bahreïn.

Bahreïn a normalisé ses liens avec Israël cette année, ce qui suggère au moins une acceptation de l’idée par les Saoudiens, puisque le royaume insulaire est largement tributaire de Ryad.

L’ambassadeur américain en Arabie Saoudite John Abizaid, (à gauche), et le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan, (deuxième à partir de la gauche), accueillent le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et son épouse Susan à leur arrivée à l’aéroport de Neom Bay à Neom, en Arabie Saoudite, le 22 novembre 2020. (AP Photo/Patrick Semansky, Pool)

Mais Kan et la Douzième chaîne ont tous deux cité des hauts fonctionnaires israéliens non nommés lundi soir en disant qu’aucune percée avec l’Arabie saoudite n’était attendue de sitôt.

Un conseiller du gouvernement saoudien a confirmé la réunion de dimanche et le voyage au Wall Street Journal, déclarant que la réunion, qui avait duré plusieurs heures, s’était concentrée sur l’Iran et l’établissement de liens diplomatiques entre Ryad et Jérusalem, mais n’avait pas pour autant abouti à des accords concrets.

Le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Gallant, a également confirmé le voyage, le qualifiant de « succès incroyable ».

Cependant, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhan, a nié que Netanyahu ou tout autre responsable de l’État juif aurait participé à une réunion avec le prince héritier, dans un tweet publié plusieurs heures après que les informations ont commencé à circuler.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, (à gauche), et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu font une déclaration commune après leur rencontre à Jérusalem le 19 novembre 2020. (Maya Alleruzzo / POOL / AFP)

« J’ai vu des articles de presse concernant une prétendue rencontre entre SAR le Prince héritier et des fonctionnaires israéliens lors de la récente visite de @SecPompeo. Aucune rencontre de ce type n’a eu lieu. Les seuls fonctionnaires présents étaient américains et saoudiens », a-t-il écrit.

Les informations de lundi ont indiqué que Netanyahu n’avait pas informé le chef d’état-major de l’armée israélienne Aviv Kohavi ou d’autres responsables de la sécurité de son vol secret et de sa rencontre avec le prince héritier, bien que le secrétaire militaire du Premier ministre se soit joint à lui pour ce voyage.

Les responsables de la sécurité sont en colère contre le chef du gouvernement pour s’être rendu dans un pays officiellement désigné comme un État ennemi sans en avoir informé une grande partie des dirigeants du pays, notamment le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi.

Il n’a également désigné personne pour le remplacer. Si quelque chose s’était passé en l’absence du Premier ministre, ou au Premier ministre, une grande partie de la direction d’Israël aurait été prise par surprise par son absence.

Israël a longtemps entretenu des liens clandestins avec les États arabes du Golfe qui se sont renforcés ces dernières années, car ils sont confrontés à une menace commune incarnée par l’Iran.

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