L’armée enquête sur l’ouverture de la Route 34 où un Israélien a été tué
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L’armée enquête sur l’ouverture de la Route 34 où un Israélien a été tué

Les militaires ont indiqué qu'il n'avaient pas pensé qu'une attaque au missile Kornet pourrait atteindre la route depuis la bande et ils diffuseront les conclusions de l'enquête

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Photo de la scène où une voiture a été frappée par une roquette tirée de la bande de Gaza à proximité de la frontière entre Israël et Gaza le 5 mai 2019. (Noam Rivkin Fenton/Flash90)
Photo de la scène où une voiture a été frappée par une roquette tirée de la bande de Gaza à proximité de la frontière entre Israël et Gaza le 5 mai 2019. (Noam Rivkin Fenton/Flash90)

Les militaires israéliens ont expliqué n’être pas parvenus à anticiper les risques posés aux conducteurs israéliens par une route située au nord de la bande de Gaza, où un homme a été tué dimanche lorsqu’un missile de précision de type Kornet, lancé depuis l’enclave côtière, s’est abattu sur sa voiture.

Quelques heures auparavant, dans la même journée, les militaires avaient ordonné la fermeture de certaines routes avoisinant la bande de Gaza, au vu de la menace posée par d’éventuels snipers ou par des attaques au missile lancées depuis la bande. La Route 34, située au nord de la bande, à proximité du Kibboutz Erez, avait été pour sa part laissée ouverte à la circulation.

« La route spécifique où le véhicule du civil a été frappé n’avait pas été fermée en raison de la distance. A ce moment-là, nous n’avions pas vu la menace », a reconnu dimanche soir le porte-parole de Tsahal Jonathan Conricus.

La Route 34, sur certaines sections, court à environ 2,5 kilomètres de distance de zones peuplées dans la bande de Gaza. Une ligne ferroviaire installée le long de la route, sur une voie surélevée et dans le même secteur que celui où s’est produit l’attaque, avait pour sa part été fermée.

Le missile antitank de précision Kornet, créé en Russie, a une portée de 5,5 kilomètres maximum. Contrairement aux roquettes utilisées par les groupes terroristes de l’enclave côtière, le Kornet, guidé au laser, est hautement précis.

Photo d’illustration. Un missile antitank de précision Kornet lors d’un exercice militaire russe (Crédit : Armée russe/Wikimedia)

Le porte-parole a noté que les militaires avaient ouvert une enquête dans ce dossier, qui est « actuellement en cours ». Conricus a ajouté qu’une fois les investigations terminées sur cette attaque meurtrière au missile, les conclusions en seront présentées à la famille de la victime et au public israélien.

Moshe Feder, 68 ans, avait été grièvement blessé lorsqu’un missile de précision antitank s’était abattu sur sa voiture alors qu’il circulait sur la Route 34. Touché à la jambe par un éclat d’obus, ayant perdu beaucoup de sang, sa mort avait été prononcée au centre médical Barzilai d’Ashkelon après des tentatives vaines de réanimation. Le Hamas avait revendiqué la responsabilité de l’attaque.

Feder, qui habitait Kfar Saba, laisse derrière lui deux enfants et sa conjointe, Iris Eden. Eden avait perdu son premier mari, Yashish Eden, dans un accident d’hélicoptère en 1997. Connu sous le nom de la « catastrophe de l’hélicoptère », cet incident avait causé la mort de 73 soldats israéliens lors de la collision survenue entre deux hélicoptères à proximité de la frontière nord avec le Liban.

Moshe Feder, 68 ans, a été tué par un missile antitank le 5 mai 2019 (Autorisation)

S’entretenant avec le site d’information Ynet, Eden a indiqué avoir intuitivement compris que Feder était bien la victime signalée dimanche matin.

« J’ai traversé un certain nombre de choses dans ma vie et je n’ai pas eu besoin d’un communiqué officiel pour apprendre sa mort », a-t-elle dit. « Il était mon second amour – un homme gentil et généreux. Nous avions fondé ensemble une famille, avec les enfants et les petits-enfants, au cours de ces trois dernières années ».

Tandis que le Hamas et les autres groupes terroristes ont depuis longtemps des missiles Kornet dans leurs arsenaux, le prix élevé de cet armement implique qu’il est habituellement utilisé contre des cibles militaires de haut-niveau et non contre des civils.

Ce type de missiles a été utilisé de manière répétée contre les tanks israéliens pendant toute la guerre de Gaza, en 2014, même s’ils se sont avérés relativement inefficaces – les projectiles étant interceptés par les systèmes de défense active Trophy, intégrés aux chars.

Un autobus incendié après avoir été touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, à la frontière entre Israël et Gaza, près du kibboutz de Kfar Aza, le 12 novembre 2018. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

La dernière fois qu’un missile Kornet avait été utilisé remonte au mois de novembre, lorsqu’un projectile de ce type avait été tiré en direction d’un bus dont venait de descendre des soldats, à l’est de la frontière de Gaza, sur le site de commémoration de la Flèche noire. Cet incident avait entraîné deux jours de combats intenses. Un militaire qui se trouvait encore dans le véhicule avait été grièvement blessé lors de l’attaque.

Au mois d’avril 2011, le groupe terroriste du Hamas avait lancé un missile Kornet sur un bus scolaire jaune dans la région de Shaar Hanegev, dans le sud d’Israël, à l’est de Gaza, tuant un élève de 16 ans, Daniel Viflic.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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