L’armée ouvre un nouveau centre médical pour traiter l’afflux de troupes vers le sud
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L’armée ouvre un nouveau centre médical pour traiter l’afflux de troupes vers le sud

Alors que Tsahal déplace ses opérations vers le Néguev, la major Galit Bidner affirme que ses cliniques seront là pour traiter toutes les pathologies - des fractures aux problèmes de fertilité

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le nouveau centre médical de la région sud de l'armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)
Le nouveau centre médical de la région sud de l'armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)

Un grand centre médical flambant neuf pour traiter les soldats a ouvert ses portes dans le sud d’Israël le mois dernier, un élément nécessaire dans le plan de l’armée sur plusieurs années, pour déplacer une partie importante de ses opérations vers le désert du Néguev, très peu habité et qui manque de ressources.

Le Centre Régional Médical du Sud fraîchement construit, connu en hébreu par son acronyme Marple Darom, a ouvert ses portes le 9 juillet, et, en l’espace d’une semaine, il a déjà accueilli des centaines de patients chaque jour, selon la responsable du centre, la major Galit Bidner.

Il a été construit sur le grand Campus d’entraînement de l’armée, connu en hébreu comme Kiryat Hadracha ou plus communément comme Ir Habahdim, la « Ville des Bases d’entraînement », qui est située dans le sud de la ville de Beer Sheva, à proximité de la ville de Yeruham.

Le Campus d’entraînement, qui accueille des milliers de soldats, est le joyau du mouvement de l’armée vers le sud. En déplaçant les bases d’entraînement de l’armée du centre du pays vers le Néguev, Israël espérait rationaliser ses opérations, libérer de l’immobilier à proximité des villes centrales et respirer le mode de vie du sud.

Pourtant, alors que Tsahal a déplacé des milliers de soldats vers le désert du Néguev, une pression supplémentaire a été ajoutée sur les anciens équipements du Centre Médical Régional du Sud.

Le nouveau centre médical de la région sud de l'armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)
Le nouveau centre médical de la région sud de l’armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)

« Il y a beaucoup de nouveaux soldats, une partie importante de Tsahal a déménagé dans le sud. Toutes les bases d’entraînement sont [maintenant] situées dans le Campus d’Entraînement », a déclaré Bidner, infirmière de formation.

Une technologie du tout dernier cri

Le soin médical dans l’armée est un sujet constant de mécontentement parmi les soldats et leurs parents. Cette question se pose presque à chaque nouveau rapport annuel du protecteur des droits, avec des exemples de soldats qui reçoivent des traitements médicaux tardifs ou inappropriés.

Dans son dernier rapport annuel de 2016, le général Yithak Brik, protecteur des droits, a souligné que le système médical de l’armée avait des problèmes technologiques importants, même si Tsahal est considérée comme l’une des armées les plus avancées militairement dans le monde.

« Un des problèmes les plus importants, qui nuit à la qualité des services médicaux proposés par Tsahal aujourd’hui, est le problème technologique », a écrit le général dans son rapport de 2017.

Selon Bidner, le nouveau Centre Médical Régional du Sud sera « beaucoup plus grand, du dernier cri et bien plus avancé technologiquement que ce que nous avions ».

Le nouveau bâtiment est constitué de deux ailes, chacune composée de quatre étages. Des centaines de docteurs, d’infirmières et de membres du personnel y travaillent, traitant entre 600 et 800 personnes chaque jour, en moyenne, mais avec la capacité de traiter environ 1 500 patients par jour.

« Cela va améliorer à la fois la qualité et la diversité des soins, a déclaré Bidner. Les équipements ont l’air mieux ; ils n’ont pas l’air vieux et délabrés ».

La major a cité en exemple la machine à rayons X du centre, qui utilise des plaques digitales au lieu d’un film analogue, ce qui permet aux opérateurs de travailler plus rapidement.

« Ce sera l’une des seules machines digitales de radiographie aux rayons X dans le pays avec une résolution de ce type. C’est beaucoup plus rapide et de bien meilleure qualité », a-t-elle déclaré.

Appareil d'imagerie numérique du nouveau centre médical de la région sud de l'armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)
Appareil d’imagerie numérique du nouveau centre médical de la région sud de l’armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)

Le financement du nouveau centre médical provient en partie de la donation par le marchand d’art français Ignace Hellenberg, un survivant de l’Holocauste qui a laissé sa fortune à Israël quand il est décédé en 2004. Les plus de 200 millions de shekels (47 millions d’euros) qu’Hellenberg a laissés à l’état, l’un des plus importants héritages légués à Israël, ont été distribués à six centres médicaux militaires.

Selon Bidner, environ un tiers des 60 millions de shekels (14 millions d’euros) dépensés jusqu’à présent pour le Centre Médical Régional du Sud provenait du lègue d’Hellenberg, alors que le ministère de la Défense contribuait au reste.

De Gedera à Eilat

L’armée doit soigner tous les soldats en uniforme, y compris les conscrits, les soldats de carrière et les réservistes. Ses responsabilités vont bien au-delà de la médecine de combat. Tsahal doit fournir un traitement médical à toutes les pathologies en partant des fractures et d’éruptions cutanées pour aller à la dépression, le cancer et des complications de grossesse.

Afin de fournir ce soin, l’armée a créé quatre Centres Médical Régionaux, un au nord, un au centre, un au sud d’Israël, et un quatrième à Jérusalem.

« Mais nous ne sommes pas un hôpital généraliste. Si un soldat a une crise cardiaque, il ira à l’hôpital, a déclaré Bidner. Un centre médical militaire, comme celui de Marpe-Darom est destiné à un soldat qui a besoin d’être testé pour un cancer ou un soldat avec les ligaments antérieurs déchirés ou encore un soldat qui a besoin de thérapie physique trois fois par semaine ».

Ces Centres Médicaux Régionaux ne sont pas des bâtiments isolés mais plutôt des unités qui sont responsables de fournir des soins aux soldats vivant et servant dans la zone géographique. Les cliniques individuelles qui servent dans le centre peuvent être trouvées sur d’autres bases.

Salle d'examen du nouveau centre médical de la région sud de l'armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)
Salle d’examen du nouveau centre médical de la région sud de l’armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)

Géographiquement, la plus grande de ces bases – d’une courte tête – est le Centre Médical Régional du sud de Bidner, qui est responsable des soldats servant ou vivant dans la moitié sud d’Israël, de la ville du centre de Gedera au port de la mer Rouge d’Eilat, sauf Jérusalem et ses banlieues environnantes.

Elle fournit des soins pour les soldats stationnés sur le Campus d’Entraînement ou sur les nombreuses bases d’entraînement au sud d’Israël (un tel désert constitue le terrain idéal pour des soldats, des tanks et de l’artillerie afin de mener des exercices à tirs réels), tout comme les bases opérationnelles aux frontières de Gaza, d’Egypte et de Jordanie.

Le centre peut aussi traiter des soldats et des officiers qui vivent dans les villes côtières d’Ashdod et d’Ashkelon ; le haut lieu du tourisme d’Eilat ; et Beer Sheva, appelée la capitale du Negev ; les villes du désert d’Arad, Yeruham, Dimona et Mitzpe Ramon ; et des dizaines de kibboutzim et de petites communautés éparpillées dans le sud.

Jusqu’à ce que le nouveau Centre Médical Régional du Sud ouvre ses portes le mois dernier, l’unité médicale était basée dans le quartier général du Commandement du Sud à Beer Sheva, mais les soldats devaient souvent se déplacer vers d’autres bases ou des hôpitaux de civils pour les traitements dont ils avaient besoin, a déclaré Bidner.

« Ils devaient soit aller à un hôpital, soit ils devaient aller au centre [du pays] ou ils devaient se rendre à Haïfa ou à Jérusalem, à n’importe quel endroit où ils trouvaient un rendez-vous disponible », a-t-elle déclaré.

« Maintenant il n’ont qu’à venir nous voir. C’est mieux que dans la vie civile ».

Des centaines de docteurs

La décision de construire le nouveau Marpe Darom a été prise il y a environ cinq ans, a déclaré Bidner, et les entrepreneurs ont commencé les travaux du bâtiment deux ans plus tard.

Ce nouveau bâtiment rassemble de nombreux spécialistes de l’armée et des équipements sous un seul toit. Même si tous les services ne sont pas disponibles chaque jour, le centre médical accueillera toutes les spécialités des podologues aux oncologues.

Salle de rééducation du nouveau centre médical de la région sud de l'armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)
Salle de rééducation du nouveau centre médical de la région sud de l’armée israélienne, qui a ouvert ses portes en juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)

« Il y a un centre de santé mentale, un service obstétrique, un centre de fertilité, un centre de thérapie physique et de réhabilitation, un centre pour la médecine tertiaire, qui correspond à l’hospitalisation et la récupération des maladies compliquées, et des conseils médicaux », a déclaré Bidner.

Il emploie des « centaines de docteurs, d’infirmières, de spécialistes et de professionnels [médicaux] ». La plupart d’entre eux sont des officiers de carrière et des réservistes, alors que les autres sont des civils employés par Tsahal, a déclaré Bidner.

La major a déclaré que les soldats pourront se rendre au nouveau centre de manière indépendante, en transport public ou dans des navettes organisées.

Anticipant les plaintes au sujet du nouvel emplacement sur le Campus d’Entraînement, par rapport au quartier général du Commandement du sud situé à Beer Sheva, Bidner a souligné qu’il « ne se trouvait qu’à 10 minutes supplémentaires ».

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