Israël en guerre - Jour 201

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L’armée s’entraînerait à des combats contre les Arabes israéliens en temps de guerre

C'est le Premier ministre qui aurait tenu ces propos, ajoutant que dix divisions de soldats sont prêtes à contrer la menace d'une cinquième colonne ; l'armée n'a pas réagi

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors d'une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 13 juin 2023. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors d'une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 13 juin 2023. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait informé les députés que l’armée s’entraîne au déploiement massif de soldats pour contrer une cinquième colonne possible d’Arabes israéliens qui se battraient depuis l’intérieur du territoire dans le cadre d’une guerre contre des pays ennemis et qui serait menée sur de multiples fronts.

Netanyahu a révélé ces préparations au cours d’une récente réunion à huis-clos de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, a fait savoir la chaîne Kan, dimanche.

Le Premier ministre aurait ajouté que dix divisions de soldats s’entraînent en vue d’une telle possibilité.

Un porte-parole militaire a refusé de commenter cette information lorsqu’il a été sollicité par le Times of Israel, renvoyant plutôt à un article antérieur qui était consacré aux exercices visant à assurer la sécurité des autoroutes de la nation contre d’éventuels émeutiers civils en temps de guerre.

Selon le reportage – qui n’a pas cité ses sources – le sujet n’a pas été évoqué pendant la prise de parole de Netanyahu au cours de la réunion mais il a été abordé en réponse aux questions posées par les députés.

Ainsi, les législateurs ont demandé si Tsahal était prêt à faire face à une guerre sur de multiples fronts qui comprendrait également des combats contre certains éléments de la communauté arabe israélienne.

Dossier : La police à Lod lors d’émeutes ethniques dans la ville mixte juive-arabe du centre d’Israël, le 12 mai 2021. (Crédit: Yossi Aloni/Flash90)

« L’armée se prépare à cela », a répondu Netanyahu, selon les informations transmises. « Dix divisions s’entraînent pour un tel cas de figure. C’est vrai, ce n’est pas assez, mais elles s’entraînent pour se préparer à une telle hypothèse ».

La semaine dernière, Netanyahu avait assisté à une réunion de la Commission de la Défense et, dans ses propos publics, il avait indiqué que le pays ne se sentirait en aucun cas lié à un éventuel accord conclu entre Washington et l’Iran concernant le programme nucléaire de la république islamique. Israël pense qu’un conflit avec l’Iran pourrait aussi entraîner une guerre contre les groupes mandataires de Téhéran dans la région – un conflit qui déborderait donc sur de multiples fronts.

Le débat sur la possibilité que la communauté arabe israélienne se livre à des violences intérieures en temps de guerre s’est renforcé au cours de ces dernières années. En mai 2021, des émeutes massives avaient éclaté dans de nombreuses villes arabes et dans de nombreuses localités mixtes israéliennes qui accueillent un grand nombre d’Arabes et de Juifs, pendant un conflit d’onze jours qui avait opposé Israël et le groupe terroriste du Hamas à Gaza.

En juin 2022, le précédent gouvernement avait annoncé la formation d’une Garde nationale qui serait activée en cas d’urgence, citant les leçons tirées des agitations qui avaient eu lieu dans le pays l’année précédente.

Le plan ne s’était jamais concrétisé – mais le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a promu son propre plan de création d’une Garde nationale qui serait contrôlée par son ministère. Au mois de mai, les ministres ont voté en faveur de la formation d’une telle Garde, qui serait potentiellement placée sous le contrôle de Ben Gvir.

Une série d’anciens commandants de la police israélienne ont mis en garde contre ce projet. Cela a notamment été le cas de l’ancien chef de la police, Moshe Karadi, qui a indiqué que Ben Gvir pourrait utiliser cette force pour faire « un coup d’État ». Les groupes issus de la société civile, comme les politiciens de l’opposition, ont de la même manière exprimé leur inquiétude face à la proposition faite de placer une telle garde sous le contrôle direct d’un ministre, affirmant que cela pourrait politiser les forces de l’ordre et saper le principe d’égalité des citoyens devant la loi.

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, a aussi averti Ben Gvir que séparer cette nouvelle garde des services de police nuira gravement à la sécurité publique et entraînera le chaos dans les forces de l’ordre, mettant en garde contre « des conséquences désastreuses ».

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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