L’arrestation d’un suspect pour les alertes à la bombe ne dissipe pas les inquiétudes antisémites
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L’arrestation d’un suspect pour les alertes à la bombe ne dissipe pas les inquiétudes antisémites

Le chef de l’ADL, Jonathan Greenblatt, affirme que les centres communautaires juifs et autres institutions ne devraient pas relâcher leur vigilance

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

WASHINGTON – La police israélienne a arrêté jeudi un jeune juif israélien soupçonné d’avoir lancé des alertes à la bombe contre des centres communautaires juifs et d’autres institutions à travers le pays. La Ligue Anti-Diffamation a mis en garde contre la baisse de l’antisémitisme aux États-Unis.

« Même s’il semble que le principal coupable de la majorité de ces attaques ait été identifié, l’antisémitisme aux États-Unis reste une préoccupation très sérieuse », a déclaré le PDG du groupe, Jonathan Greenblatt dans un communiqué.

« Aucune arrestation n’a été faite pour la profanation de trois cimetières ni pour la série d’autres incidents antisémites impliquant des croix gammées et des dépliants haineux. Les centres communautaires juifs et autres institutions ne devraient pas relâcher leurs efforts pour la sécurité ni leur vigilance. »

Depuis janvier, près de 150 alertes à la bombe ont frappé les centres communautaires, les écoles juives et d’autres institutions, provoquant l’évacuation de dizaines de centres communautaires juifs et incitant certains parents à retirer leurs enfants des programmes proposés par les centres.

Les menaces sont arrivées par vagues successives, par téléphone et par courrier électronique, et certaines institutions ont été ciblées plus d’une fois.

Un porte-parole de la police israélienne a déclaré jeudi, plus tôt dans la journée, qu’un résident de 19 ans de la ville d’Ashkelon, au sud du pays, avait été arrêté. Il faisait l’objet d’une enquête secrète menée par l’unité Lahav 433 en coopération avec le FBI.

Mais il y a eu aussi d’autres attaques antisémites qui ont aussi suscité des inquiétudes dans les communautés juives, celles qui se sont sans doute produites sur le sol américain, y compris les croix gammées tracées sur de nombreuses écoles et autres bâtiments.

Il y a également eu des centaines de pierres tombales juives qui ont été vandalisées, y compris récemment en Pennsylvanie et dans le Missouri.

Evacuation des élèves et des employés d'une école juive pour une menace à la bombe à Davie, en Floride, le 27 février 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter/Erica Rakow)
Evacuation des élèves et des employés d’une école juive pour une menace à la bombe à Davie, en Floride, le 27 février 2017. (Crédit : capture d’écran Twitter/Erica Rakow)

Un autre incident s’est produit ce mois-ci où, un coup de feu a été tiré dans une synagogue, temple d’Adath B’Nai Israel, à Evansville, dans l’Indiana.

Cette série de crimes haineux dirigée contre les communautés juives a conduit le président Trump à débuter sa première allocution à une session conjointe du Congrès, il y a plusieurs semaines, par la condamnation de l’antisémitisme. Il avait affirmé que les États-Unis « s’unissent pour condamner la haine et le mal sous toutes ses formes ».

Quelques heures auparavant, le président avait dit à un groupe de procureurs en visite à la Maison Blanche qu’il soupçonnait que les alertes à la bombe soient politiquement motivées.

L’ADL a déclaré être « soulagée » que l’arrestation ait été faite. « Bien que les détails de ce crime restent obscurs, l’impact des actions de cet individu est très clair : ce sont des actes d’antisémitisme », a déclaré Greenblatt. « Ces menaces qui visaient les institutions juives, étaient censées semer la peur et l’anxiété, et mettre toute la communauté juive en état d’alerte. »

Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)
Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

L’arrestation a été le point culminant d’une enquête internationale à grande échelle sur les alertes à la bombe, a déclaré jeudi le procureur général Jeff Sessions.

« Le ministère de la Justice s’est engagé à protéger les droits civiques de tous les Américains, et nous ne tolérerons pas qu’une communauté soit ciblée sur la base de ses croyances religieuses », a-t-il déclaré dans une déclaration

Plus tôt ce mois-ci, 141 dirigeants de centres communautaires juifs américains ont envoyé une lettre ouverte à Sessions demandant qu’il prenne plus d’action pour faire face à la menace.

Le suspect – qui n’a pas été nommé – a été condamné à la détention par un tribunal israélien après qu’il a été appréhendé et a tenté de s’emparer du fusil d’un officier pendant son arrestation.

Son affaire en Israël est entièrement distincte de celle de Juan Thompson, 31 ans, qui a été arrêté plus tôt ce mois-ci pour avoir prétendument fait au moins huit appels téléphoniques menaçants contre des organisations juives.

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