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L’Australie classe le Hezbollah comme « organisation terroriste »

Le groupe terroriste "continue de menacer d'attentats terroristes" et constitue une menace "réelle" et "crédible" pour l'Australie, a déclaré la ministre de l'Intérieur

Des Libanais brandissent un drapeau du Hezbollah alors que des pétroliers transportant du carburant iranien arrivent de Syrie à al-Ain, dans la vallée de la Bekaa, à l'est du Liban, le 16 septembre 2021. (Crédit : AFP)
Des Libanais brandissent un drapeau du Hezbollah alors que des pétroliers transportant du carburant iranien arrivent de Syrie à al-Ain, dans la vallée de la Bekaa, à l'est du Liban, le 16 septembre 2021. (Crédit : AFP)

Le gouvernement australien a classé mercredi l’ensemble du Hezbollah comme « organisation terroriste », étendant à tout le groupe qui contrôle une grande partie du Liban cette classification qui ne portait jusqu’alors que sur ses unités armées. Le Hezbollah lui-même ne fait pas de distinction.

Le groupe terroriste chiite soutenu par l’Iran « continue de menacer d’attentats terroristes et de soutenir les organisations terroristes » et constitue une menace « réelle » et « crédible » pour l’Australie, a déclaré la ministre de l’Intérieur, Karen Andrews.

A Beyrouth, le Hezbollah a affirmé que la décision australienne constituait « une soumission humiliante aux diktats américains et sionistes » et qu’elle « servait les intérêts israéliens ».

Le mouvement soutenu et financé par l’Iran, représenté au Parlement libanais, est la seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990), au nom de ce qu’il appelle la « résistance » à Israël.

« La décision (australienne) et celles qui l’ont précédée n’affecteront pas la position du Hezbollah et son droit à la résistance », a ajouté le communiqué.

Les Etats-Unis et Israël ont inscrit depuis longtemps le Hezbollah sur leurs listes respectives des groupes terroristes, mais d’autres pays refusent de sanctionner l’aile politique du groupe, craignant que cela n’entrave leurs relations avec les autorités libanaises ou déstabilise le pays.

Le groupe terroriste chiite, représenté au Parlement libanais, est également la seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990).

Il dispose d’une puissante milice soutenue et armée par l’Iran, qui l’a employée dans ses guerres par procuration dans la région.

L’appartenance à l’organisation ou son financement seront désormais interdits en Australie, où vit une importante communauté libanaise.

Naftali Bennett, Premier ministre israélien, a salué la décision de Canberra, qualifiant son homologue australien Scott Morrison « d’ami ».

« Le Hezbollah est une organisation terroriste libanaise soutenue par l’Iran, responsable d’innombrables attaques en Israël et à travers le monde. Ensemble, nous continuerons à lutter contre le terrorisme », a-t-il tweeté.

Séduire l’électorat

Matthew Levitt, ancien responsable du Trésor américain, aujourd’hui spécialiste du Proche-Orient au Washington Institute, a affirmé à l’AFP que cette décision était « attendue depuis longtemps ».

En juin, devant le Parlement australien, il avait estimé « insuffisante » la manière dont était jusque-là classée l’organisation, estimant que « le Hezbollah est structuré et fonctionne comme une organisation singulière ».

« Ces dernières années, une liste de complots terroristes et de montages financiers illicites du Hezbollah ont impliqué des citoyens australiens et/ou des activités sur le sol australien », a-t-il affirmé.

Aucune raison n’a été donnée pour expliquer cette annonce qui intervient au moment où le Liban est plongé dans une profonde crise économique et politique.

Les Libanais, dont près de 80 % vivent sous le seuil de pauvreté, se battent pour survivre avec des revenus limités, des coupures d’électricité sans fin, des pénuries diverses dont de carburant, et une très forte inflation.

Une femme quitte une boulangerie avec un sac de pain alors que des personnes attendent leur tour, dans le quartier de Nabaa dans la banlieue sud de la capitale libanaise Beyrouth, le 13 août 2021, dans un contexte de vague de pénurie de produits de base due à une grave crise économique. (Crédit : Anwar Amro/AFP)

Des élections législatives sont prévues en mars 2022 alors qu’une grande partie de la population réclame un renouvellement de l’élite politique, accusée de népotisme et de corruption.

En décembre 2018, le Premier ministre australien Scott Morrison avait décidé de reconnaître Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël.

Il avait évoqué cette possibilité un peu plus tôt, à quelques jours d’une élection partielle mais cruciale pour sa courte majorité, espérant ainsi séduire l’électorat juif.

Mercredi, l’ambassade d’Israël à Canberra a salué l’annonce de la ministre de l’Intérieur, affirmant qu' »il n’y a pas de division entre la branche politique et militaire de l’organisation terroriste Hezbollah ».

« Cette reconnaissance est essentielle pour combattre la menace durable du terrorisme », a-t-elle ajouté.

Mme Andrews a par ailleurs annoncé l’inscription de « The Base », un groupe d’extrême droite, sur la liste des organisations terroristes. « Il s’agit d’un groupe néonazi violent et raciste dont les services de sécurité savent qu’il planifie et prépare des attaques terroristes », a affirmé la ministre.

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