L’autorité bancaire d’Israël demande aux banques de faire preuve de souplesse
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L’autorité bancaire d’Israël demande aux banques de faire preuve de souplesse

Il a été demandé aux banques d’épuiser "toutes les voies possibles" avant d'engager des poursuites contre les clients qui souffrent de l'impact économique de la pandémie

Yair Avidan prend ses fonctions de superviseur des banques à la Banque d'Israël, le 17 mai 2020. (Autorisation)
Yair Avidan prend ses fonctions de superviseur des banques à la Banque d'Israël, le 17 mai 2020. (Autorisation)

L’autorité bancaire israélienne a envoyé une lettre aux organismes de crédit, leur demandant de faire preuve de souplesse auprès des clients faisant face à des difficultés financières en cette période de crise économique, et les exhortant « d’épuiser toutes les voies possibles » avant d’engager des poursuites judiciaires contre ceux qui auraient du mal à rembourser leurs prêts.

« Conformément aux directives de surveillance existantes, si un client rencontre des difficultés financières et a du mal à respecter ses obligations envers la société bancaire, celle-ci doit tenter d’épuiser toutes les voies possibles pour recouvrer toutes les composantes de la dette avant d’engager une procédure judiciaire, tout en maintenant l’équité et la transparence tout au long du processus de recouvrement de créances », a écrit Yair Avidan, superviseur des banques de la Banque d’Israël dans une lettre aux organismes.

« C’est encore plus le cas dans la situation actuelle, et à ce titre, les sociétés bancaires sont invitées à continuer à fonctionner de cette manière avec une intensité encore plus large que d’habitude, dans le but d’identifier les difficultés et d’aider leurs clients à traverser cette période difficile le plus rapidement possible, afin qu’elles puissent aider à prévenir une escalade des dettes et une détérioration future de la situation de leurs clients », indique la lettre du 24 juin.

Bien que les restrictions sur l’économie se soient assouplies et que le pays ait repris une activité économique, l’impact de la crise n’est pas terminé et
« de nombreux ménages et entreprises sont touchés, et continueront d’être affectés par les conséquences de la crise, à court et à long terme », indique la lettre.

Dans un contexte de hausse du chômage et d’atteinte à l’autonomie financière des acteurs de divers secteurs de l’économie, « ceux-ci font face à des défis importants, car leurs revenus et leur capacité de gain ont été considérablement endommagés », ajoute la lettre.

« La crise du coronavirus n’est pas encore terminée, et les banques doivent donc continuer à investir leurs efforts et leurs ressources dans la détection précoce des difficultés auxquelles sont confrontés leurs clients, tenter de les aider à respecter leurs obligations, et travailler avec eux pour conclure des accords avant d’engager des procédures judiciaires », a déclaré Avidan.

Afin que les prêts soient moins risqués pour les banques, la Banque centrale a réduit les exigences de capitaux que les organismes doivent avoir dans leurs coffres – un ratio de fonds propres en pourcentage des actifs pondérés en fonction des risques – pour permettre au système d’augmenter le crédit à l’économie. La Banque centrale a également assoupli la réglementation afin de permettre aux banques de donner la possibilité à leurs clients de reporter le remboursement des prêts, et a annoncé un achat d’obligations de 50 milliards de shekels afin de fournir des liquidités au marché.

Depuis le début de la crise, les banques israéliennes autorisent les clients à différer les remboursements de leurs prêts. Jusqu’à fin avril, les banques ont reporté des prêts pour environ 450 000 clients, concernant un total d’environ 5,2 milliards de shekels, un niveau « sans précédent », a déclaré la Banque d’Israël dans un communiqué en mai.

Malgré cela, les banques israéliennes sont soumises à un examen minutieux concernant leurs pratiques et leur réticence à soutenir certains de leurs clients plus modestes, auxquels elles ont refusé l’accès aux prêts soutenus par le gouvernement, car elles les jugeaient trop risqués.

La pandémie a provoqué une hausse du chômage à un niveau sans précédent, atteignant 27,8 % le 10 mai, avec plus d’un million de personnes sans emploi ou en congé au plus fort de la crise, alors que des mesures de fermeture et de distanciation sociale avaient été prises en réponse à la pandémie.

Par rapport à l’année dernière et selon un rapport de l’OCDE publié plus tôt ce mois-ci, l’économie israélienne devrait se contracter d’environ 6,2 % en 2020, ou de 8,3 % s’il y a une deuxième vague du virus.

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