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L’Autorité palestinienne exhorte le Soudan à remettre les biens saisis au Hamas

"Le peuple palestinien a besoin de cet argent, en particulier notre peuple assiégé à Gaza", a déclaré un haut conseiller d'Abbas

Le Commissaire aux Affaires civiles de l'Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh (Crédit : WAFA)
Le Commissaire aux Affaires civiles de l'Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh (Crédit : WAFA)

L’Autorité palestinienne a demandé au gouvernement soudanais de remettre les biens qu’il a saisis au Hamas dans le cadre d’une récente opération de répression contre le groupe terroriste.

Hussein al-Sheikh, un proche confident du dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a tweeté samedi : « Nous espérons que l’État frère du Soudan, qui a toujours été aux côtés du peuple de Palestine, tant le peuple que le gouvernement, remettra les fonds mobiliers et immobiliers qui ont été confisqués [au Hamas] à l’État de Palestine et à son gouvernement. »

Il a ajouté que « le peuple palestinien a besoin de cet argent, en particulier notre peuple assiégé à Gaza ».

Jeudi, une source a déclaré à Reuters qu’un comité soudanais mis en place pour récupérer les fonds publics après l’éviction du dirigeant autocratique Omar el-Bechir avait pris le contrôle de sociétés liées au groupe terroriste palestinien.

La source, qui est au centre du comité, a nommé les entités suivantes : la société immobilière Hassan & Al-Abed, le projet agricole Al-Bidaya, la tour d’habitation Paradise Hotel et la société de transfert de fonds Al-Fayha.

« Ils ont bénéficié d’un traitement préférentiel dans les appels d’offres, d’une exonération fiscale et ont été autorisés à transférer des fonds au Hamas et à Gaza sans aucune limite », a déclaré un membre du groupe de travail à Reuters sous couvert d’anonymat.

Une source anonyme du conseil de souveraineté au pouvoir au Soudan a confirmé les saisies à la station de radio israélienne Kan et a déclaré que tous les actifs dans le pays du groupe terroriste au pouvoir à Gaza avaient été confisqués.

Le Premier ministre du Soudan, Abdalla Hamdok, lors d’une conférence de presse à Khartoum, au Soudan, le 21 août 2019. (Crédit : AP, File)

Reuters a décrit les saisies comme faisant partie d’un effort du Soudan pour se rapprocher de l’Occident après le renversement de Bechir en 2019, privant ainsi le Hamas d’un refuge sûr pour collecter des fonds et acheminer des armes iraniennes vers Gaza.

Le Soudan a signé un accord de normalisation avec Israël l’année dernière dans le cadre des Accords d’Abraham qui ont également vu l’État juif signer des accords avec les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc.

Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, a nié à l’AFP avoir des investissements au Soudan.

« Nous n’avons aucun problème avec une quelconque agence soudanaise », a déclaré Hazem Qassem, porte-parole du Hamas.

Un autre responsable du Hamas a également nié tout lien avec les saisies. « Certaines des informations rapportées sont anciennes. La plupart de ces informations n’ont rien à voir avec le Hamas », a déclaré Moussa Abu Marzouk.

Les responsables israéliens ont longtemps accusé le Soudan de Bechir d’avoir servi de base de soutien aux terroristes palestiniens.

En 2012, le Soudan a accusé Israël d’avoir frappé une usine militaire à Khartoum, ce qui a donné lieu à des spéculations selon lesquelles des armes iraniennes y étaient stockées ou fabriquées. Le Soudan a nié tout lien entre le Hamas et l’usine.

Khartoum, au Soudan, le 9 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Nariman El-Mofty)

En décembre 2020, après que les États-Unis ont retiré le Soudan de leur liste noire des États soutenant le terrorisme à la suite de son engagement à normaliser les liens avec Israël, la nation arabe a révoqué la citoyenneté du principal dirigeant du Hamas, Khaled Mashaal, ainsi que celle de quelque 3 000 autres ressortissants étrangers accusés de liens avec le terrorisme.

Mashaal, qui a dirigé le bureau politique du Hamas entre 1996 et 2017, a été expulsé de plusieurs pays du Moyen-Orient et réside actuellement au Qatar.

Dans le cadre de l’accord visant à retirer le pays de la liste noire, le Soudan a accepté de verser 335 millions de dollars pour indemniser les survivants et les familles des victimes de l’attentat de 2000 contre l’USS Cole, au large des côtes du Yémen, et des attentats jumeaux de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.

Ces attentats ont été perpétrés après que M. el-Bechir eut permis à Oussama Ben Laden, alors chef d’Al-Qaida, de trouver refuge au Soudan. L’un des principaux planificateurs des attentats contre les ambassades, Abdullah Ahmed Abdullah, a été tué à Téhéran l’année dernière, apparemment par des agents israéliens.

Le gouvernement de transition du Soudan, qui a pris le pouvoir en 2019 après le renversement de Bechir, a également accepté de reconnaître Israël, un objectif majeur de l’ancienne administration Trump, bien que Khartoum ait cherché à minimiser ce lien.

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