L’Autorité palestinienne verse 34 000 euros à la famille d’un terroriste
Rechercher

L’Autorité palestinienne verse 34 000 euros à la famille d’un terroriste

La famille de Muhannad Halabi, abattu en 2015 pour le meurtre de 2 israéliens, a reçu l'argent en guise de compensation suite à la destruction de leur maison en réponse à l'attaque

Les victimes d'une attaque mortelle à l'arme blanche à Jérusalem, le samedi 3 octobre 2015 : Nehemia Lavi, 41 ans (à gauche) de Jérusalem, et Aharon Banita (Bennett), 22 ans (à droite) de Beitar Illit. (Courtoisie)
Les victimes d'une attaque mortelle à l'arme blanche à Jérusalem, le samedi 3 octobre 2015 : Nehemia Lavi, 41 ans (à gauche) de Jérusalem, et Aharon Banita (Bennett), 22 ans (à droite) de Beitar Illit. (Courtoisie)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a ordonné dimanche que la famille d’un terroriste palestinien qui a assassiné deux Israéliens reçoive plus de 34 000 euros et un nouveau logement, a rapporté Kan News.

La gouverneure de Ramallah, Laila Ghannam, nommée par Abbas, a rencontré la famille de Muhannad Halabi et leur a fait don d’environ
30 000 dinars jordaniens (34 000 euros), afin de les aider à couvrir leurs frais de logement après la destruction de leur maison par l’armée israélienne suite au meurtre, a déclaré Kan.

Ghannam a également dit à la famille qu’Abbas avait demandé à ses services de sécurité de les aider à trouver un logement permanent. Les démolitions de maisons sont une politique controversée qui, selon Tsahal, contribue à dissuader de futures attaques terroristes.

Il s’agit des premiers versements importants à des familles de terroristes depuis l’entrée en fonction de l’administration Biden, en dépit d’affirmations selon lesquelles les Palestiniens étaient prêts à repenser cette politique controversée dans le cadre d’un effort d’amélioration de leurs relations avec Washington.

Halabi a tué deux Israéliens, le rabbin Nehemiah Lavi et Aharon Banita, et blessé la femme de Banita, Adèle, et leur fils de 2 ans lors d’une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem le 3 octobre 2015. Il a été abattu par les forces de sécurité israéliennes.

Muhannad Halabi, 19 ans, le terroriste qui a tué deux Israéliens le 3 octobre 2015 lors d’une attaque à l’arme blanche dans la vieille ville de Jérusalem. (Crédit: Police israélienne)

Avant l’investiture de Joe Biden, de hauts responsables palestiniens avaient déclaré au Times of Israel que Ramallah était disposé à modifier sa politique de versement d’allocations aux prisonniers de sécurité palestiniens, ainsi qu’aux familles des terroristes et autres personnes tuées par des Israéliens, dans le but d’améliorer ses relations avec Washington et l’Europe.

Étant donné que l’Autorité palestinienne distribue plus d’argent pour les longues peines dans les prisons israéliennes, les personnes incarcérées pour les attaques terroristes les plus brutales reçoivent davantage de fonds de Ramallah.

La politique modifiée verrait les allocations se baser sur les besoins financiers des prisonniers plutôt que sur la durée de leur peine, marquant un changement potentiel par rapport au système précédent, – largement controversé.

La pratique consistant à verser des allocations à ceux condamnés pour avoir perpétré une attaque terroriste (ou à leurs familles dans le cas où ils ont été abattus)- qualifiée par certains responsables israéliens de politique du « pay-to-slay » – a été mise au pilori par les critiques, qui y voient une incitation encourageant de facto le terrorisme.

Les dirigeants palestiniens ont longtemps défendu ces versements, les décrivant comme une forme de protection sociale et une compensation nécessaire pour les victimes du système de justice militaire israélien en Cisjordanie.

Israël a précédemment déduit la valeur totale présumée de ces allocations des recettes fiscales qu’il perçoit au nom de l’Autorité palestinienne, provoquant d’importantes frictions avec Ramallah.

Ramallah pourrait avoir versé jusqu’à 600 millions de NIS (151 millions d’euros) en salaires en 2020 aux Palestiniens emprisonnés par Israël pour des infractions sécuritaires – terrorisme compris – et à leurs familles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend visite à Adèle Banita et son fils bébé, qui ont été blessés lors d’une attaque terroriste dans la vieille ville de Jérusalem le 3 octobre 2015 dans laquelle Aharon Banita a été tué, à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem le 5 octobre 2015. (Crédit: Kobi Gideon/GPO)

Au cours de l’année écoulée, des responsables des États-Unis et de l’Union européenne ont averti Ramallah que l’absence de changement substantiel de cette politique constituerait un obstacle majeur à l’amélioration de leurs relations.

Ramallah s’efforce de se mettre en conformité avec le Taylor Force Act de 2018, qui a suspendu l’aide américaine à l’Autorité palestinienne tant qu’elle continuait à pratiquer la politique actuelle de paiement des prisonniers terroristes.

Abbas a rompu ses relations avec l’administration Trump après que le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017 et y a transféré l’ambassade américaine en mai 2018.

Il avait également rejeté la « vision » de Trump pour la paix israélo-palestinienne, proposée en janvier 2020. L’administration Trump, tout en exhortant à plusieurs reprises Abbas à rétablir les relations, a réduit de manière drastique l’aide financière versée aux Palestiniens. L’administration Biden a quant à elle entrepris de renouveler cette aide et de réchauffer ses liens avec l’Autorité palestinienne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...