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L’avant-poste illégal de Ramat Migron démoli pour la troisième fois

Des militants pro-implantations affirment que les forces de l’ordre les ont expulsés violemment, accusant Lapid et Gantz de profiter de la situation

Les forces de sécurité de l’administration civile et de la police démolissent l’une des maisons de l’avant-poste illégal de Ramat Migron, le 30 août 2022. (Avec la permission des résidents de Ramat Migron)
Les forces de sécurité de l’administration civile et de la police démolissent l’une des maisons de l’avant-poste illégal de Ramat Migron, le 30 août 2022. (Avec la permission des résidents de Ramat Migron)

Ce mardi, l’avant-poste illégal de Ramat Migron, en Cisjordanie, a été démoli pour la troisième fois en moins de trois semaines.

Police et représentants de l’administration civile sont arrivés sur place, au nord-est de Jérusalem, aux premières heures, mardi matin. Les résidents ont été extraits des structures avant qu’elles ne soient démolies.

L’avant-poste avait déjà été démantelé le 11 août, puis de nouveau le 15 août, suite à sa reconstruction.

Les démarches pour établir une implantation à Ramat Migron ont été initiées à l’automne 2021 par des militants inconditionnels des implantations.

L’avant-poste a été démoli, reconstruit, puis démoli à nouveau en novembre 2021. Après avoir été reconstruit une fois de plus, il a été laissé en l’état jusqu’en août 2022.

Ramat Migron était, jusqu’à mardi, habitée par trois familles, dont deux avec enfants, et plusieurs jeunes.

Les résidents reconstruisent rapidement l’avant-poste, et à moindre coût, en utilisant des murs préfabriqués composés de minces panneaux métalliques dotés de matériaux isolants, transportés par camion.

Les militants de Ramat Migron assurent que la police a eu recours à la violence lors de l’évacuation et de la démolition, et que plusieurs résidents ont été légèrement blessés. La police n’a pas répondu à la demande de commentaire.

Des images publiées par les militants sur les réseaux sociaux donnent à voir plusieurs résidents résistant passivement à leur expulsion.

« En quelques minutes, nous avons été expulsés de chez nous. Tous nos meubles et biens personnels ont été jetés à l’extérieur et un tracteur a détruit la maison », a déclaré Hodaya Kehati, l’un des résidents de l’avant-poste.

Une déclaration faite au nom des résidents de Ramat Migron estime que cette démolition est liée à des considérations politiques, et que le ministre de la Défense Benny Gantz, qui a autorité sur l’application de la loi contre les bâtiments illégaux en Cisjordanie, comme le Premier ministre Yair Lapid, y ont vu le moyen de marquer des points en vue des prochaines élections générales.

« Il est impossible d’ignorer le fait que nous sommes en période électorale et il semble que le ministre de la Défense Benny Gantz et le Premier ministre Yair Lapid aient décidé de faire leur campagne électorale sur le dos des habitants des collines en abusant de leur position, avec beaucoup de cynisme », peut-on lire dans le communiqué.

Le site de Ramat Migron est situé à plusieurs centaines de mètres de l’ancien avant-poste de Migron, évacué à la suite d’une décision de justice de la Cour Suprême en 2012. À l’époque, c’était le plus grand avant-poste illégal de Cisjordanie avec une population de plus de 300 habitants.

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