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L’avant-poste illégal de Ramat Migron démantelé une deuxième fois en une semaine

La police a dû de nouveau évacuer et raser Ramat Migron après que des activistes l’ont reconstruit en 4 jours ; "Bien sûr que nous reviendrons", a déclaré l'un des habitants

Le personnel de l'administration civile et la police des frontières rasent les maisons de l'avant-poste illégal de Ramat Migron et évacuent les résidents aux premières heures du 15 août 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation des résidents de Ramat Migron)
Le personnel de l'administration civile et la police des frontières rasent les maisons de l'avant-poste illégal de Ramat Migron et évacuent les résidents aux premières heures du 15 août 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation des résidents de Ramat Migron)

Les forces de sécurité et la police des frontières sont arrivées à l’avant-poste illégal de Ramat Migron en Cisjordanie dimanche soir pour évacuer le site et raser les structures illégalement érigées au cours des quatre derniers jours.

Une opération similaire a été menée jeudi dernier, au cours de laquelle toutes les structures illégalement construites sur site ont été rasées, après quoi les résidents de l’implantation illégale et d’autres activistes se sont immédiatement attelés à reconstruire l’avant-poste.

Selon les habitants de l’avant-poste, les forces de sécurité et le personnel de l’Administration civile sont arrivés à 4h du matin et ont démoli les maisons des trois familles qui « squattaient » l’avant-poste, situé au nord-est de Jérusalem.

L’Administration civile a confirmé avoir mené l’opération.

Les militants ont accusé la police d’avoir fait un usage excessif de la force pendant l’évacuation et ont déclaré que leurs téléphones portables avaient été confisqués.

Après la destruction de l’avant-poste, plusieurs militants ont bloqué la circulation sur la route 60 à proximité du site, mais ont été délogés par la police des frontières.

« Nous n’avons pas l’intention de partir et de renoncer un seul instant au projet sioniste d’enracinement », ont déclaré les militants dans un communiqué lundi matin.

Yair Kehati, âgé de 26 ans, qui a emménagé à Ramat Migron il y a un mois avec sa femme, faisait partie des personnes évacuées lundi matin. Il a critiqué le gouvernement pour avoir une fois de plus détruit l’avant-poste, et a affirmé que les constructions palestiniennes illégales dans la zone C de la Cisjordanie n’étaient pas traitées de la même manière.

La zone C désigne les parties de la Cisjordanie où Israël maintient un contrôle civil et sécuritaire total. Environ 330 000 Palestiniens et 450 000 Israéliens vivent dans les 60 % de la Cisjordanie qui constituent la zone C.

Les permis de construire ne sont que rarement délivrés pour les projets de logement palestiniens dans la zone C, alors que le gouvernement délivre chaque année des permis pour plusieurs milliers d’unités de logement dans les implantations de Cisjordanie.

Kehati a déclaré que lui et sa femme iraient probablement séjourner chez leurs parents pendant quelque temps, mais qu’ils reviendraient pour reconstruire l’avant-poste.

« Bien sûr que nous reviendrons. Nous sommes déjà en train de le reconstruire. Ce n’est même pas une question. Ramat Migron est notre maison, nous n’en avons pas d’autre », a-t-il déclaré.

Des activistes protestant contre la destruction de l’avant-poste illégal de Ramat Migron à un rond-point de la route 60 en Cisjordanie, le lundi 15 août 2022. (Crédit : Autorisation des habitants de Ramat Migron)

Le lendemain de l’évacuation de la semaine dernière, des militants ont publié sur les réseaux sociaux des vidéos d’eux-mêmes en train de construire de nouvelles maisons sur le site, à l’aide de kits de logements préfabriqués conçus pour être faciles à transporter et à ériger.

Dimanche, le député Bezalel Smotrich, chef du parti Sionisme religieux, a félicité ces militants pour avoir reconstruit l’avant-poste illégal, les décrivant comme des « pionniers héroïques qui n’abandonnent pas ».

L’ancien ministre et membre du cabinet de sécurité a également appelé le public à participer à une campagne de crowdfunding afin de collecter des fonds pour la reconstruction. La campagne a permis de récolter plus de 100 000 shekels à ce jour.

Orit Struck, députée du Sionisme religieux, a condamné la destruction du site lundi matin, et a attaqué les membres de droite du gouvernement provisoire pour avoir fait partie d’un gouvernement qui détruit les avant-postes illégaux (bien que des avant-postes aient été démolis sous tous les gouvernements, y compris ceux dirigés par la droite).

Le petit avant-poste de Ramat Migron, au nord-est de Jérusalem, était situé à quelques centaines de mètres d’un ancien avant-poste illégal d’implantation du même nom qui a été évacué en 2011. À l’époque, c’était le plus grand avant-poste juif de Cisjordanie et il comptait plus de 300 habitants.

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