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L’avant-poste illégal de Ramat Migron démantelé

Trois familles et plusieurs jeunes qui vivaient sur le site abandonné ont été évacués et leurs maisons détruites, ainsi que d'autres structures

Le personnel de l'administration civile détruit l'avant-poste de Ramat Migron dans la nuit du jeudi 11 août 2022. (Crédit : Autorisation/résidents de Ramat Migron)
Le personnel de l'administration civile détruit l'avant-poste de Ramat Migron dans la nuit du jeudi 11 août 2022. (Crédit : Autorisation/résidents de Ramat Migron)

Les forces israéliennes ont démantelé l’avant-poste illégal de Ramat Migron en Cisjordanie dans la nuit de mercredi à jeudi et les habitants activistes qui y vivaient ont été évacués.

L’Administration civile, qui supervise la gestion quotidienne de la Cisjordanie, a déclaré que les forces de sécurité ont retiré les structures illégalement construites sur le site « en accord avec les autorités et les procédures, ainsi qu’en fonction de considérations opérationnelles. »

Trois familles vivaient dans l’avant-poste ainsi que plusieurs jeunes. Les maisons des familles ont été détruites, ainsi que d’autres structures se trouvant sur le site, ont déclaré des activistes de l’avant-poste sur les réseaux sociaux.

« Nous nous sommes réveillés à 4 heures du matin avec des coups frappés à la porte. Avant que nous ayons eu la chance de savoir qui c’était, dix policiers ont fait irruption et nous ont dit que nous devions quitter les lieux immédiatement », a déclaré un habitant de l’avant-poste

La police aurait confisqué les téléphones portables de certains des habitants au cours de l’opération, selon une source d’information.

Les restes de l’avant-poste de Ramat Migron après avoir été évacué et détruit par les forces de l’administration civile dans la nuit du jeudi 11 août 2022. (Crédit : Autorisation/Résidents de Ramat Migron)

En réponse à ces informations, le législateur d’extrême droite Itamar Ben Gvir, du parti Sionisme religieux, a critiqué le gouvernement pour ce qu’il a appelé une application sélective.

« Le gouvernement d’extrême gauche de Gantz [ministre de la Défense, Benny], de Lapid [Premier ministre, Yair]et de Shaked [ministre de l’Intérieur, Ayelet]  continue d’agir de manière raciste et discriminatoire vis-à-vis des implantations juives », a déclaré Ben Gvir dans un communiqué, ajoutant que l’évacuation « prouve à quel point le gouvernement est déconnecté et détruit l’État de l’intérieur. »

La députée du parti Sionisme religieux Orit Strock a fait écho à la déclaration de Ben Gvir, écrivant sur Twitter : « Des centaines de policiers ont été soustraits à leurs missions de maintien de la sécurité routière, de prévention de la criminalité, d’assistance aux citoyens, et ont été envoyés à l’importante mission nationale de destruction de maisons juives à Ramat Migron », ajoutant : « Aucune structure palestinienne n’a été endommagée ce soir ».

Le petit avant-poste de Ramat Migron, au nord-est de Jérusalem, était situé à quelques centaines de mètres d’un ancien avant-poste illégal d’implantation du même nom qui a été évacué en 2011. À l’époque, c’était le plus grand avant-poste juif de Cisjordanie, il comptait plus de 300 habitants

Alors que la communauté internationale considère que toute activité d’implantation est illégale, Israël fait la différence entre les constructions dans les implantation légales et autorisées par le ministère de la Défense sur des terres appartenant à l’État, et les avant-postes illégaux construits sans les permis nécessaires, souvent sur des terres palestiniennes privées.

Le mois dernier, l’organisation radicale des habitants de Na’hala a envoyé des milliers d’activistes sur sept sites en Cisjordanie pour établir de nouveaux avant-postes illégaux afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il autorise un développement accru des implantations et pour protester contre ce que les activistes décrivent comme une construction palestinienne illégale généralisée dans la zone C du territoire.

Les avant-postes ont été rapidement démantelés par la police et les militants ont été expulsés de leurs sites. Les activistes sont toutefois retournés sur certains de ces sites pour y mener diverses activités.

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