L’avocat de Netanyahu évoque maladroitement le nombre de procureurs au procès
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L’avocat de Netanyahu évoque maladroitement le nombre de procureurs au procès

"Nous sommes confrontés à au moins 20 procureurs, le procureur général et une puissance d'investigation comme si nous parlions de crimes contre les nazis", s'est plaint Yossi Cohen

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours d'une conférence de presse sur le coronavirus au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 25 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours d'une conférence de presse sur le coronavirus au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 25 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lundi, l’avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu a implicitement comparé le prochain procès pour corruption du Premier ministre à la poursuite des criminels de guerre nazis après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Nous sommes confrontés à au moins 20 procureurs, le procureur général et une puissance d’investigation comme si nous parlions de crimes contre les nazis », s’est plaint Yossi Cohen à la présidente de la Cour suprême Esther Hayut lors d’une audience préliminaire lundi, a rapporté la Treizième chaîne.

Il voulait probablement dire des poursuites contre les nazis.

En mai dernier, Mme Hayut a exprimé des critiques implicites sur les réformes judiciaires prévues par Netanyahu et a cité la prise de contrôle de l’Allemagne par les nazis en 1930 lors d’un discours à Nuremberg.

Le procureur Yossi Cohen à la Cour suprême de Jérusalem, le 11 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

« L’histoire ne se répète pas », a précisé Mme Hayut lors d’un événement organisé par l’association des avocats israéliens et allemands, « mais elle nous donne l’occasion d’en tirer des enseignements et nous permet de voir des modèles et de juger par nous-mêmes ».

À l’époque, on pensait que le Premier ministre prévoyait de promouvoir un projet de loi qui permettrait à la Knesset d’ignorer les décisions administratives de la Cour suprême, et qui permettrait également au Parlement de soumettre à nouveau des lois qui avaient été annulées par la Cour dans le passé.

« Une des leçons universelles que nous devrions tirer des événements historiques que j’ai mentionnés est que l’indépendance judiciaire, sur le plan institutionnel et personnel, est l’une des garanties les plus importantes pour que l’individu ait une adresse vers laquelle se tourner pour protéger ses droits », a déclaré Mme Hayut dans son discours.

Le procès de Netanyahu doit commencer le 24 mai. Il est accusé de trois infractions pénales : fraude et abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000.

De gauche à droite : Le juge Hanan Melcer, la juge en chef Esther Hayut et le juge Neal Hendel à la Cour suprême de justice, le 4 mai 2020. (Capture d’écran)

L’affaire 1000 porte sur des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait reçu des cadeaux et des avantages de bienfaiteurs milliardaires, dont le producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan, en échange de faveurs.

L’affaire 2000 porte sur des accusations selon lesquelles Netanyahu a convenu avec l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, d’affaiblir un quotidien rival en échange d’une couverture plus favorable de Yedioth.

L’affaire 4000, largement considérée comme la plus sérieuse contre le Premier ministre, concerne des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait fait avancer des décisions réglementaires qui ont bénéficié à Shaul Elovitch, l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, à hauteur de centaines de millions de dollars, en échange d’une couverture positive de son site d’information Walla.

Michael Bachner a contribué à cet article.

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