“Le boycott d’Israël a empêché un accord sécuritaire qui aurait pu éviter les attentats de Paris”
Rechercher

“Le boycott d’Israël a empêché un accord sécuritaire qui aurait pu éviter les attentats de Paris”

Pour ne pas acheter de technologie israélienne, le France aurait refusé d’acheter un logiciel de suivi des terroristes

Les gens sont évacués de la rue Oberkampf à proximité de la salle de concert du Bataclan à Paris, le 14 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA)
Les gens sont évacués de la rue Oberkampf à proximité de la salle de concert du Bataclan à Paris, le 14 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA)

Un boycott présumé de la technologie israélienne aurait empêché la conclusion d’un accord sur la sécurité aéroportuaire proposé à la France après les attentats mortels à Charlie Hebdo et à l’HyperCacher en janvier 2015, et qui aurait pu éviter les attentats terroristes de l’Etat islamique (EI) à Paris en novembre et à Bruxelles en mars dernier.

Selon une source sécuritaire israélienne qui a parlé lundi à Fox News, une compagnie de sécurité israélienne a proposé un logiciel de suivi des terroristes à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), la principale agence de renseignements française.

Ce logiciel aurait pu aider à signaler la cellule terroriste de l’EI qui a perpétré les attaques à Paris en fin d’année dernière et celles en Belgique quelques mois après. Cependant, l’offre de l’entreprise israélienne a été repoussée, apparemment après qu’un officiel a précisé qu’il n’était pas possible d’acheter une technologie israélienne.

L’agence n’a pas donné de raison officielle pour le rejet.

Le logiciel, selon l’article de Fox News, pourrait trouver et associer des rapports de renseignements avec un certain nombre de bases de données différentes, à la fois nationales et internationales. L’outil aurait pu aider les agents de contre-terrorisme à traquer les suspects en temps réel.

« Les autorités françaises l’ont apprécié, mais l’officiel est revenu et a dit qu’il y avait des instructions de haut niveau pour ne pas acheter de technologie israélienne, a déclaré un spécialiste du contre-terrorisme israélien à FoxNews.com. La discussion s’est simplement arrêtée. »

Des membres de la BRI, une unité spéciale de la police française, à Saint-Denis, une banlieue du nord de Paris, le 18 novembre 2015. (Crédit : AFP/Kenzo Tribouillard)
Des membres de la BRI, une unité spéciale de la police française, à Saint-Denis, une banlieue du nord de Paris, le 18 novembre 2015. (Crédit : AFP/Kenzo Tribouillard)

La source n’a pas identifié la compagnie responsable du logiciel ou donné plus de précisions sur sa technologie mais a indiqué qu’il a été mis à disposition des Etats-Unis et d’autres pays qui ont de bonnes relations avec Israël.

« Les agences gouvernementales se battant pour contrecarrer des attaques terroristes ont besoin d’accéder aux technologies qui leur permettent de connecter leurs données fragmentées, rendant possible de traiter quotidiennement des données complexes, a ajouté la source. Avec ce système, il est possible de naviguer facilement dans toutes les données, de les utiliser et de les représenter en utilisant un ensemble d’outils analytiques puissants et des algorithmes uniques. »

La source a déclaré qu’il pensait que le logiciel aurait pu donner aux autorités françaises et européennes un avantage dans l’identification et le suivi des suspects de l’EI et aurait pu éviter les attentats qui ont tué 130 personnes à Paris et plus de 30 en Belgique. Les deux attaques ont été liées à la même cellule terroriste de l’EI.

Le dernier membre survivant de la branche de Paris de la cellule terroriste, Salah Abdeslam, qui a été arrêté à Bruxelles le mois dernier après une chasse à l’homme de quatre mois – ce qui a déclenché les attentats à l’aéroport et dans le métro de la capitale belge – devrait être extradé vers la France après une comparution.

Abdeslam et son complice présumé de Paris Mohamed Abrini, qui est aussi accusé des attentats de Bruxelles, ont été déplacés dans des prisons différentes de Belgique la semaine dernière. Abrini, 31 ans, a avoué être « l’homme au chapeau » filmé avec les terroristes kamikazes de l’aéroport de Bruxelles. Il est également lié aux massacres du 13 novembre à Paris après avoir été filmé dans une station service avec Abdeslam.

Salah Abdeslam (à droite) et Mohamed Abrini (au centre) dans une station de service de Ressons, au nord de Paris, le 11 novembre 2015. Les deux hommes sont suspectés des attentats de novembre 2015 à Paris et de mars 2016 à Bruxelles. (Crédit : AFP PHOTO / OFF)
Salah Abdeslam (à droite) et Mohamed Abrini (au centre) dans une station de service de Ressons, au nord de Paris, le 11 novembre 2015. Les deux hommes sont suspectés des attentats de novembre 2015 à Paris et de mars 2016 à Bruxelles. (Crédit : AFP PHOTO / OFF)

A la suite des attentats de Paris en novembre, la demande pour la technologie sécuritaire israélienne a bondi, selon un article de novembre de Haartez.

Le directeur de la compagnie israélienne BriefCam, dont la technologie permet aux utilisateurs de visualiser les enregistrements des caméras de sécurité pour détecter des activités suspectes, avait déclaré à Haaretz qu’il avait reçu des commandes urgentes de Belgique, d’Italie et d’Allemagne après les attentats.

L’attaque du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, dans laquelle 11 personnes ont été tuées, a été perpétrée par les frères Cherif et Saïd Kouachi, qui ont affirmé être membres de Al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Deux jours après, quatre juifs ont été tués dans un supermarché Hyper Cacher de l’est de Paris dans une attaque coordonnée avec les frères Kouachi et perpétrée par Amedy Coulibaly, qui a affirmé servir l’Etat islamique.

Les trois terroristes sont morts dans deux échanges de tirs différents avec les forces de sécurité le 9 janvier 2015, ce qui a mis fin à trois jours de chasse à l’homme qui ont laissé Paris chancelant.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...