Le cabinet ne discutera pas des annexations dimanche, dit un ministre du Likud
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Le cabinet ne discutera pas des annexations dimanche, dit un ministre du Likud

Après la promesse de Netanyahu d'agir immédiatement, Yariv Levin évoque le temps nécessaire pour préparer les documents et recueillir l'approbation du procureur-général

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député du Likud Yariv Levin lors d'une réunion du parti à la Knesset, le 9 décembre 2013. (Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député du Likud Yariv Levin lors d'une réunion du parti à la Knesset, le 9 décembre 2013. (Miriam Alster/Flash90)

Un ministre du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi matin que le cabinet ne débattrait pas d’une annexion immédiate des implantations de Cisjordanie et de la vallée du Jourdain, dimanche – revenant sur une promesse faite par le Premier ministre la veille.

Yariv Levin, ministre du Tourisme, a déclaré lors d’un entretien accordé à une radio israélienne que la raison de ce report était technique dans la mesure où la décision exigeait « un temps de préparation et du travail sur des documents variés ».

Il a ajouté que le gouvernement intérimaire devait attendre l’avis juridique du procureur-général Avichai Mandelblit à ce sujet.

Après la révélation par le président américain Donald Trump de son plan de paix très attendu, mardi, Netanyahu avait juré de prendre une décision sur la question de l’annexion dès dimanche, à la table du cabinet, soulevant l’interrogation de la capacité d’un gouvernement transitoire à approuver une initiative d’une telle importance – avant un scrutin national.

Le haut-conseiller de Trump, Jared Kushner, qui est également le gendre du président, a pour sa part expliqué dans une interview accordée mardi qu’il ne pensait pas qu’Israël approuverait l’annexion dimanche, « au moins pour autant que je le sache ».

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors de la cérémonie d’adieu pour le procureur d’Etat sortant Shai Nitzan à Jérusalem, le 18 décembre 2019 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mandelblit a déclaré mardi soir qu’il pourrait statuer en faveur de l’approbation de l’annexion par un gouvernement de transition.

« Mon point de vue est qu’il est nécessaire que j’apporte mon aide au gouvernement pour qu’il mette en place sa politique et il y a des règles pour ça – il faut garder une retenue lorsque le pays est placé sous l’autorité d’un gouvernement transitoire », a dit Mandelblit qui, dans la même matinée, avait officialisé les mises en examen de Netanyahu auprès de la cour de district de Jérusalem dans trois dossiers de corruption après le retrait par le Premier ministre de sa requête d’immunité face aux poursuites, une demande qu’il avait soumise devant le parlement.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

« Si la requête est déposée alors je l’examinerai d’un point de vue juridique », a-t-il ajouté. « Je n’exclus rien. J’écouterai la requête, l’explication qui me sera donnée pour son caractère d’urgence et je prendrai une décision sur cette base ».

Le site d’information Ynet a fait savoir, sans faire connaître ses sources, que Mandelblit pourrait estimer que l’annexion est légale mais qu’il serait amené à souligner les difficultés juridiques posées par une décision si spectaculaire. Le site a évoqué une décision datant d’il y a presque deux décennies où le procureur-général Elyakim Rubinstein avait expliqué au Premier ministre Ehud Barak que s’il n’y avait pas d’obstacle légal à des négociations avec les Palestiniens sous l’autorité d’un gouvernement intérimaire, le moment choisi n’en restait pas moins inapproprié.

Le cheffe du parti Yamina Ayelet Shaked arrive pour une rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à son bureau de Jérusalem, le 18 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’ex-ministre de la Justice Ayelet Shaked a clamé mercredi lors d’un entretien accordé à la radio militaire que « Mandelblit ne va pas bloquer une initiative historique telle que l’application de la souveraineté israélienne en Judée et Samarie », utilisant le terme biblique désignant la Cisjordanie.

« Toutes les restrictions sur les gouvernements transitoires proviennent de jugements des tribunaux, qui ont commencé il y a 20 ans, et de freins installés par les conseillers juridiques. Elles n’ont aucun ancrage dans la loi », a-t-elle affirmé.

Netanyahu a déclaré aux journalistes réunis à Washington que les Etats-Unis avaient donné leur feu vert à l’annexion immédiate de « secteurs supplémentaires » en Cisjordanie adjacents aux implantations. Il a néanmoins ajouté que l’Etat juif n’appliquerait pas la souveraineté sur ces zones dans un premier temps mais au cours d’une seconde phase, à une période encore indéterminée.

« Nous devons travailler à définir exactement ce que nous allons annexer », a-t-il dit.

Pour sa part, Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan et principal adversaire de Netanyahu, a annoncé qu’il ne soutiendrait la mise en oeuvre des contours du plan qu’au lendemain des élections du 2 mars.

Rompant avec les précédentes administrations américaines, le plan prévoit la création d’un Etat palestinien en Cisjordanie, avec quelques quartiers de Jérusalem-Est, la bande de Gaza et certaines zones du sud d’Israël – à la condition que les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat juif et que le Hamas et autres groupes terroristes de la bande de Gaza déposent les armes.

Le plan appelle aussi à autoriser l’annexion par Israël des implantations, à permettre la souveraineté de l’Etat juif sur la vallée du Jourdain ainsi que le maintien du contrôle sécuritaire à l’ouest du fleuve Jourdain. Il interdit aux Palestiniens d’entrer en Israël en tant que réfugiés.

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