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Le chef de l’Agence juive demande au gouvernement de ne pas aliéner la Diaspora

Ses propos surviennent alors que les membres de la probable coalition prônent des mesures qui réduiront l'immigration et délégitimeront les conversions non-orthodoxes

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Doron Almog, président de l’Agence juive pour Israël, prononce son discours inaugural après son élection à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Doron Almog, président de l’Agence juive pour Israël, prononce son discours inaugural après son élection à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le numéro un de l’Agence juive pour Israël a dit craindre, dimanche, que les Juifs du monde entier ne s’éloignent d’Israël avec l’arrivée du nouveau gouvernement, mettant en garde ce dernier. Les membres de la possible coalition ont récemment proposé des législations qui réduiraient radicalement l’immigration au sein de l’État juif et qui ôteraient toute légitimité aux conversions au Judaïsme non-orthodoxe.

« Alors que la difficile mission consistant à former un nouveau gouvernement est actuellement en cours, nous pensons qu’il est déterminant de garantir que nos relations avec les Juifs du monde entier resteront intactes et que notre engagement en faveur de l’alyah, en permettant aux Juifs de tout le globe d’immigrer en Israël, sera maintenu », a dit Doron Amog dans une déclaration, utilisant le terme en hébreu désignant l’immigration en Israël.

L’Agence juive, une instance quasi-gouvernementale dont le travail est d’encourager et de faciliter l’immigration au sein de l’État juif et de nourrir la relation entre Israël et les Juifs de la diaspora, se trouve depuis une semaine et demie dans une position inconfortable alors même que la future coalition a émis un certain nombre de propositions qui rendront plus difficile sa mission, ou qui viendront directement la menacer.

Toutefois, en tant qu’instance théoriquement indépendante qui fonctionne très largement en collaboration avec le gouvernement israélien, l’organisation a cherché jusqu’à présent à éviter des confrontations directes avec la coalition naissante.

Sa tendance habituelle qui est de ne pas intervenir devient de plus en plus difficile à conserver avec des propos de la part des députés religieux qui se sont durcis – ce qui a finalement décidé Almog à s’exprimer, utilisant un ton réservé mais subtilement critique.

Lundi dernier, un membre de HaTzionout HaDatit, parti d’extrême-droite, a par exemple demandé la fermeture par le gouvernement de la zone mixte du mur Occidental, un secteur financé en partie et soutenu par l’Agence juive.

Mercredi dernier, les partis religieux ont eux appelé à abandonner « la clause des petits-enfants » qui permet à tous ceux qui ont au moins un grand-parent juif d’immigrer librement en Israël – dans la mesure où ils ne pratiquent pas une autre religion.

L’Agence juive soutient la Loi du Retour et elle consacre une grande partie de ses ressources à encourager tous ceux qui répondent aux critères nécessaires pour obtenir la citoyenneté israélienne – avec parmi eux de nombreux « petits-enfants » – à faire l’alyah.

Le chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, s’adressant à ses partisans lors de l’annonce des résultats des élections israéliennes, au siège de campagne du parti, le 1er novembre 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Dimanche, le parti Otzma Yehudit a demandé que les conversions non-orthodoxes ne soient plus reconnues officiellement à des fins de citoyenneté, une initiative qui aura des implications pratiques limitées mais qui reste un affront hautement symbolique à l’égard des mouvements réformé et massorti.

De son côté, l’Agence juive a toujours été favorable au pluralisme religieux. L’organisation est également largement soutenue financièrement par les Juifs Américains, qui appartiennent en grande majorité aux mouvements réformé et massorti.

Dans son communiqué, Almog a souligné que l’unité et le respect de tous les courants du judaïsme étaient déterminants.

« Nous avons la conviction aujourd’hui que rien n’est plus important que l’unité du peuple juif, avec tous ses courants, ainsi que la protection des relations stratégiques avec les Juifs du monde entier par le biais d’un dialogue continu. L’Agence juive continuera à être la passerelle reliant Israël aux Juifs du monde entier », a affirmé Dolmog.

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