Le chef d’État-major rend visite à la famille de Barel Hadaria Shmueli
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Le chef d’État-major rend visite à la famille de Barel Hadaria Shmueli

Aviv Kohavi a rencontré les proches de ce membre de la police des frontières, mort lors de violentes émeutes à Gaza, après avoir diffusé une lettre très inhabituelle

Le chef d'État-major de l'armée israélienne Aviv Kohavi lors des funérailles du correspondant aux affaires militaires de la Deuxième chaîne Roni Daniel, au cimetière de Kiryat Shaul, le 29 juillet 2021. (Crédit :  Sassoni/Flash90)
Le chef d'État-major de l'armée israélienne Aviv Kohavi lors des funérailles du correspondant aux affaires militaires de la Deuxième chaîne Roni Daniel, au cimetière de Kiryat Shaul, le 29 juillet 2021. (Crédit : Sassoni/Flash90)

Le chef d’État-major Avi Kohavi a rendu visite, dimanche matin, à la famille d’un sniper de la police des frontières mortellement blessé pendant une émeute survenue le long de la frontière avec Gaza, le mois dernier, pour présenter ses condoléances.

Barel Hadaria Shmueli avait reçu une balle à la tête, tirée à bout portant par un terroriste palestinien armé, en date du 21 août. Il a finalement succombé à ses blessures une semaine plus tard.

Suite à la mort de Shmueli, ses parents – ainsi que des membres de l’opposition de droite – avaient vivement critiqué l’armée, accusant cette dernière d’avoir opté pour des règles d’engagement qui empêchent les soldats de maintenir les émeutiers à distance de la frontière et d’avoir mal déployé les troupes sur le terrain.

Le père de Shmueli a suggéré au Premier ministre Naftali Bennett de présenter sa démission ; sa mère a dit ne faire confiance ni au gouvernement, ni à l’armée et la famille a rejeté l’enquête effectuée par l’armée israélienne, exigeant une enquête indépendante.

L’armée a nié tout manquement dans les règles d’engagement, qui régissent les tirs des soldats, notant que Shmueli lui-même avait ouvert le feu en direction des émeutiers lorsque ces derniers s’étaient précipités à la frontière – il a toutefois noté que le déploiement des troupes avait posé problème.

Répondant aux critiques, Kohavi a diffusé, samedi, un courrier très inhabituel, appelant les citoyens à apporter son soutien à l’armée.

« Une société qui ne soutient pas ses soldats et ses commandants, notamment quand ils font des erreurs, découvrira qu’elle n’a plus personne pour combattre pour elle », a écrit Kohavi dans sa missive, adressée aux commandants militaires.

L’officier de la police des frontières Barel Shmueli, grièvement blessé lors d’une fusillade à la frontière de Gaza le 21 août 2021. (Police des frontières)

Faisant allusion à l’enquête menée par Tsahal sur la mort de Shmueli, Kohavi a noté que pendant les combats, « des décisions sont habituellement prises dans des situations d’incertitude, et rapidement : il y a donc toujours la possibilité que des erreurs soient commises. » Cela a été, a-t-il affirmé, une obligation pour Tsahal de mener une enquête minutieuse, « pour découvrir la vérité et en tirer les leçons. Mais les erreurs de jugement sur le champ de bataille ne peuvent être blâmées ou sanctionnées », a déclaré Kohavi.

« Commandants, soldats, vous avez tout mon soutien. Continuez à agir, à prendre vos responsabilités, à oser, à assumer les conséquences », a-t-il continué.

En réponse au courrier de Kohavi, Bennett a appelé l’armée et les hauts-responsables du Commandement du sud, leur disant qu’il les soutenait pleinement.

« Je veux que vous le sachiez et que tous ceux qui portent l’uniforme le sachent : Mon soutien aux commandants de l’armée est total, complet. Quand il y a une bataille, il y a des erreurs qui sont commises. Et elles sont parfois tragiques », a déclaré Bennett.

Dans un communiqué, le Premier ministre a dit que « le chagrin du pays tout entier » suite à la mort de Shmueli a été « énorme », ajoutant que sa famille avait le droit de s’exprimer librement.

« La famille peut tout faire. C’est notre travail d’apporter des réponses, d’écouter, de réconforter », a-t-il indiqué. Il a pourtant condamné les députés et les activistes de l’opposition qui ont rejoint le chœur des critiques.

Les funérailles de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)

Vendredi, l’armée a diffusé les conclusions initiales de l’enquête sur la mort de Shmueli, attribuant sa responsabilité au déploiement médiocre des troupes.

L’enquête militaire a déterminé que le commandant de la Brigade du nord, à Gaza, avait pu tarder à riposter lorsque les émeutiers s’étaient précipités à la clôture. Il avait ordonné aux soldats stationnés à l’arrière de se rapprocher de la frontière uniquement lorsque les manifestants avaient atteint la barrière, d’où ils pouvaient plus efficacement faire reculer les émeutiers, selon l’enquête.

L’enquête a aussi conclu que Shmueli lui-même avait ouvert le feu à plusieurs reprises pendant les émeutes, alors qu’il se trouvait à la barrière, ce qui vient confirmer que les règles de tir ne seraient pas en jeu.

Les résultats des investigations ont été présentés à la famille de Shmueli, dans la matinée de vendredi, par le général de brigade Eliezer Toledano, chef du Commandement du sud. La famille a rejeté l’enquête militaire et a demandé des investigations indépendantes, attribuant la responsabilité de la mort du soldat au gouvernement.

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