Le Conseil de sécurité se réunit en urgence après un tir de missile balistique iranien
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Le Conseil de sécurité se réunit en urgence après un tir de missile balistique iranien

Les Etats-Unis ont demandé une action après la demande de l'ambassadeur israélien ; Netanyahu demandera à Trump de réimposer des sanctions à Téhéran

Un missile lancé des montagnes Alborz, en Iran, et portant l'inscription "Israël doit être effacé", le 9 mars 2016. (Crédit : Fars News)
Un missile lancé des montagnes Alborz, en Iran, et portant l'inscription "Israël doit être effacé", le 9 mars 2016. (Crédit : Fars News)

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence mardi pour discuter d’un tir de missile de moyenne portée effectué par l’Iran, ont déclaré des diplomates.

Ce sont les Etats-Unis qui ont demandé ces consultations d’urgence après que l’ambassadeur d’Israël à l’ONU a appelé le Conseil de sécurité à agir.

« A la lumière du tir de missile de moyenne portée effectué le 29 janvier par l’Iran, les Etats-Unis ont demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité », indique la délégation américaine dans un communiqué.

Les discussions sur l’Iran se tiendront après une réunion sur la Syrie prévue à 10h00 heure locale, selon des diplomates.

L’ambassadeur israélien Danny Danon a estimé que le tir de missile avait violé la résolution 2231 de l’ONU qui interdit à l’Iran d’effectuer des essais de missiles pouvant être équipés de têtes nucléaires.

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)
Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

« La communauté internationale ne doit pas se cacher la tête dans le sable devant cette agression iranienne », a dit Danon.

« Les membres du Conseil de sécurité doivent agir immédiatement en réponse à ce geste de l’Iran qui met en danger non seulement Israël mais le Moyen Orient dans son ensemble », a-t-il ajouté.

C’est la première demande de consultations formulée par les Etats-Unis depuis la nomination par le président Donald Trump de la nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

La Maison Blanche a affirmé lundi être « au courant » d’un tir de missile balistique par l’Iran, sans donner d’autres précisions ou se prononcer sur une éventuelle réponse.

« Nous sommes au courant du fait que l’Iran a tiré ce missile. Nous examinons la nature exacte » de ce tir, a déclaré Sean Spicer, porte-parole de l’exécutif américain, interrogé sur des informations de Fox News.

Il s’agit du premier test de missile balistique iranien depuis que Donald Trump est devenu le 45e président des Etats-Unis, a précisé la chaîne d’information, citant des responsables américains anonymes.

Le tir du missile de moyenne portée, qui a parcouru près de 1 000 kilomètres avant d’exploser, a été effectué sur un site de Semnan, à quelque 225 km à l’est de Téhéran, toujours selon Fox, qui ne donne toutefois pas la date du tir.

« L’Iran a de nouveau tiré un missile balistique », a de son côté dénoncé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur son compte Facebook, avant que Washington n’évoque ce test.

L'Iran a de nouveau effectué un test de missile balistique. Il s’agit d’une violation flagrante d'une résolution du…

Posted by Benjamin Netanyahou on Monday, 30 January 2017

« C’est une violation flagrante d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Lors de ma prochaine rencontre avec le président Trump à Washington, je vais évoquer le renouvellement des sanctions contre l’Iran », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre fait référence à la résolution 2231 des Nations unies qui « appelle l’Iran à ne pas entreprendre d’activité liée aux missiles balistiques conçus pour être capables de lancer des armes nucléaires ».

Celle-ci avait été adoptée dans la foulée de l’accord historique sur le nucléaire iranien conclu mi-juillet 2015 entre les grandes puissances occidentales et Téhéran.

Selon ces dernières, les missiles iraniens peuvent transporter des têtes nucléaires. La République islamique soutient que son programme balistique est purement défensif et « non-négociable ».

L’Iran avait déjà effectué, en mars dernier, des tirs de missiles balistiques après la signature de l’accord et son entrée en vigueur en janvier 2016.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Les essais, avait déploré en juillet 2016 le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-moon, « ne correspondent pas à l’esprit constructif » de l’accord nucléaire.

Mais dans le rapport, l’ancien chef des Nations unies ne disait pas clairement si ces essais avaient violé ou non les dispositions de l’accord nucléaire, ni s’ils enfreignaient la résolution 2231.

La résolution a entériné la levée de la plupart des sanctions internationales contre Téhéran, mais maintenu l’interdiction faite à l’Iran de tirer des missiles balistiques capables d’emporter des ogives nucléaires.

Les pays occidentaux signataires de l’accord affirment que les tirs de mars dernier appartenaient à ce type d’armes. L’Iran conteste cette interprétation et maintient que ses missiles ne sont pas concernés par la résolution car son programme balistique est purement défensif.

Les Etats-Unis ont suspendu les sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire, mais en imposent d’autres liées au non-respect des droits de l’Homme par Téhéran, à son soutien au terrorisme au Moyen Orient et à son programme de missiles balistiques.

L’accord conclu avec la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et les Etats-Unis impose des restrictions au développement du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions.

Au sein du Conseil de sécurité, l’Iran a échappé jusqu’ici à d’éventuelles représailles, grâce au veto de la Russie face aux velléités de Paris, Washington, Londres et Berlin d’imposer de nouvelles sanctions.

Trump a promis de resserrer les liens avec Israël et a vertement critiqué l’accord sur le nucléaire iranien qui a permis une levée des sanctions internationales contre Téhéran.

Le président américain doit rencontrer Netanyahu le 15 février.

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