Le Contrôleur de l’État dénonce le ministère et l’état des transports publics
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Le Contrôleur de l’État dénonce le ministère et l’état des transports publics

Le rapport révèle que la hausse des embouteillages est due au manque d'alternatives ; le ministre des Transports conteste et assure qu'il mène "une révolution" en la matière

Illustration d'un train des chemins de fer israéliens longeant l'autoroute Ayalon, près de la gare "centrale" de la rue Arlozorov à Tel Aviv, le 23 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Illustration d'un train des chemins de fer israéliens longeant l'autoroute Ayalon, près de la gare "centrale" de la rue Arlozorov à Tel Aviv, le 23 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un rapport accablant sur l’état des transports dans le pays, publié par le Contrôleur de l’État mercredi, révèle qu’une organisation et une planification médiocres au cours des ans sont la cause des embouteillages monstres sur les routes et de la surfréquentation des trains et des bus — une situation qui devrait empirer d’après l’étude.

« Les Israéliens sont confrontés de façon quotidienne à une réalité difficile et suffocante, » a noté Yossef Shapira dans son rapport de 606 pages.

L’encombrement accru des routes est le fruit d’un manque d’alternatives viables dans les transports publics, ainsi que du prix d’achat relativement modéré des voitures et l’absence de mesures dissuasives par le gouvernement, explique le rapport.

Les retards dans la mise en œuvre des projets de transport ont causé une baisse de la fréquence des bus et des trains et une affluence « intolérable » pour les passagers, d’après le rapport. Il note également que le sous-investissement dans la formation de chauffeurs de bus et de conducteurs de train et dans le réseau ferré expliquent les désagréments que connaissent les usagers des transports au quotidien.

L’enquête constate également que les besoins de transport urbain ont été sous-évalués. Le nombre de voitures sur les routes a plus que triplé en 40 ans, la fréquentation des trains s’est accrue considérablement, de même que les retards.

« La situation n’est pas qu’un problème de confort, elle nuit aussi à la productivité et à la capacité du pays à maximiser son potentiel de croissance du PIB et de revenus fiscaux. Elle provoque également une hausse de la pollution atmosphérique et sonore, » note Yossef Shapira.

Le Contrôleur de l’Etat Yossef Shapira assiste à une cérémonie à Jérusalem le 26 octobre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Son rapport révèle une hausse de 25 % du trafic ces dix dernières années. Conséquence : les embouteillages sont trois fois et demi au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Israël arrive bon dernier en la matière.

En Israël, on compte 2 730 véhicules par kilomètre de route, quand la moyenne est de 774 dans les pays de l’OCDE.

Le Contrôleur de l’Etat étrille en particulier le ministère des Transports et son n°1, Yisrael Katz, qui occupe le poste depuis 10 ans.

« Les conclusions du rapport pointent les manquements répétés et systématiques du ministère à prendre les choses en main et à mettre en œuvre les décisions du ministre », déplore le rapport.

Yossef Shapira a certes concédé que des projets importants avaient été initiés ces dix dernières années, mais estime que de nombreuses défaillances dans les transports publics « n’ont pas été traitées par le ministère et par Yisrael Katz. »

L’intéressé a réagi dans des interviews dans les médias en disant qu’il s’était efforcé de combler des manquements dans la planification, les investissements et la mise en œuvre accumulés sur cent ans.

Le ministre des Transports, Israël Katz, (à gauche), et le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, inaugurent le nouveau tramway à Tel Aviv le 13 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Le Contrôleur est dans son droit quand il rapporte et critique, mais ses conclusions sont fausses. Mon travail consiste à agir et garantir que les projets sont mis en oeuvre, » a ainsi réagi Katz au micro de la Douzième chaîne.

« Je fais un excellent travail, » a-t-il estimé. « Je peux regarder le public dans les yeux et lui dire — je mène une révolution ici. »

Yossef Shapira note que le ministre n’a jamais envisagé d’appliquer une décision gouvernementale concernant une taxe sur les embouteillages pour les voitures circulant en zones urbaines et a refusé d’initier des mesures visant à décourager les Israéliens d’acheter des voitures. Le Contrôleur appelle le gouvernement à agir de toute urgence pour améliorer la situation dans les transports.

Le ministère concerné a dit avoir mené à bien des projets d’un montant total de 100 milliards de shekels (environ 25 milliards d’euros) et que 60 %-70 % de son budget leur était alloué, mais que « même les mesures sans précédents prises ces dix dernières années, le plus grand nombre de puis la création de l’État, ne pouvaient combler un siècle de sous-investissement. »

D’après le reportage de la Douzième chaîne, les automobilistes, qui passent déjà un temps considérable dans leur voiture pour aller au travail, pouvaient s’attendre à rajouter une heure à leur temps de trajet d’ici 10 ans.

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