Le Hamas promet une ‘Intifada’ si les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme capitale d’Israël
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Le Hamas promet une ‘Intifada’ si les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme capitale d’Israël

Le groupe terroriste promet une 'escalade', indique que ce serait une 'violation de la loi internationale' et une tentative de prise de contrôle de la ville de la part des Juifs

Un jeune palestinien tient des pierres à la main durant un affrontement avec la police israélienne dans le quartier de Sur Baher, à Jérusalem-est, le 7 octobre 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Un jeune palestinien tient des pierres à la main durant un affrontement avec la police israélienne dans le quartier de Sur Baher, à Jérusalem-est, le 7 octobre 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans une déclaration sous forme d’avertissement lancée à Washington, le Hamas a indiqué samedi que la reconnaissance américaine de Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif mènerait à une « escalade » de « l’intifada de Jérusalem ».

Le groupe terroriste a ajouté que si l’administration Trump devait reconnaître officiellement la capitale de l’Etat juif, la semaine prochaine, cela constituerait une « agression flagrante » contre la ville et une « violation éhontée de la loi internationale ».

Il a fait savoir qu’une telle initiative servirait de couverture à une prise de contrôle de Jérusalem de la part des Juifs, dans un contexte d’expulsion des Palestiniens et a appelé ces derniers à résister à de telles actions à travers une reprise de l’intifada.

« Ce complot ne passera pas, nous vous mettons en garde contre toute décision en ce sens et nous appelons notre peuple a raviver l’Intifada au cas où des décisions injustes sont prises concernant Jérusalem », a dit le mouvement islamiste dans un communiqué.

« Jérusalem restera arabe et palestinienne quelles que soient les décisions prises » concernant la ville sainte, a ajouté le Hamas.

« L’intifada de Jérusalem » est le nom donné par certains Palestiniens à une vague de terrorisme palestinien qui avait éclaté en Cisjordanie et à Jérusalem fin 2015.

Les forces de sécurité israéliennes tirent des gaz lacrymogènes pour disperser les Palestiniens après que des affrontements éclatent à l’enceinte du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem le 27 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Depuis ce moment-là, environ 43 Israéliens, deux touristes américains, un Palestinien et un étudiant britannique ont été tués dans des attentats à l’arme blanche, à l’arme à feu et à la voiture-bélier par des terroristes palestiniens, et plus de 270 Palestiniens sont morts sous les tirs Israéliens, des terroristes pour la majorité d’entre eux.

Ces violences ont baissé ces derniers mois.

Vendredi, le bureau du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a mis en garde contre des effets potentiellement destructeurs si Trump devait reconnaître Jérusalem, une initiative qui, selon les responsables de l’AP, pourrait venir nier la revendication des Palestiniens de Jérusalem-est comme capitale de leur futur état.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président américain Donald Trump écoutent les hymnes nationaux lors de la cérémonie de bienvenue organisée au Palais présidentiel de Bethléem, le 23 mai 2017 (Crédit : THOMAS COEX / AFP)

« La reconnaissance américaine de Jérusalem en tant que capitale d’Israël détruit le processus de paix », a déclaré le porte-parole d’Abbas Nabil Abu Rudeineh dans une déclaration faite à l’AFP.

« La reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël et le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem impliquent le même niveau de danger pour l’avenir du processus de paix et propulseront la région dans l’instabilité », a-t-il ajouté.

Le président américain a promis durant sa campagne de déménager l’ambassade à Jérusalem, comme le stipule une loi du Congrès adoptée en 1995 mais dont l’application est bloquée tous les six mois, depuis deux décennies, par les présidents américains successifs grâce à une clause dérogatoire.

La prochaine échéance intervient lundi, selon le département d’Etat, qui a réaffirmé vendredi à l’AFP qu’aucune décision n’avait encore été prise. Mercredi, la Maison Blanche avait jugé « prématurées » des informations selon lesquelles Washington s’apprêterait à annoncer le transfert à Jérusalem.

En juin, Donald Trump avait choisi une première fois de suivre l’exemple de ses prédécesseurs. « Je veux donner sa chance » au processus de paix « avant de penser à déménager l’ambassade à Jérusalem », a-t-il justifié récemment.

Mais son vice-président Mike Pence, qui ira à Jérusalem mi-décembre, a réaffirmé la semaine dernière que le transfert était « sérieusement » envisagé.

Selon des informations, Trump pourrait encore reporter la relocalisation de l’ambassade mais reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les forces de sécurité israéliennes surveillent les fidèles musulmans palestiniens qui prient à l’extérieur de la Porte des Lions, une entrée principale du mont de Tempe dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Les Palestiniens considèrent Jérusalem-est comme la capitale de leur futur état et s’opposent avec férocité à tout changement qui pourrait être considéré comme une légitimation du contrôle israélien sur Jérusalem-est, capturé pendant la guerre des Six jours.

Israël a annexé Jérusalem-est et revendique toute la ville comme sa capitale éternelle non-divisée.

Une revendication qui n’est pas reconnue par la communauté internationale. Aucun pays n’a actuellement d’ambassade à Jérusalem. Ces dernières sont installées à Tel Aviv.

L’AFP a contribué à cet article.

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