Nasrallah du Hezbollah salue l’élection de Raissi, le nouveau président iranien
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Nasrallah du Hezbollah salue l’élection de Raissi, le nouveau président iranien

Pour le chef de l'organisation terroriste libanaise, l'élection de l'extrémiste fait espérer un renouveau de "la résistance contre les agresseurs"

A droite, le leader du Hezbollah  Hezbollah leader Hassan Nasrallah fait un discours à Beyrouth, au Liban, le 24 octobre 2015. Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, File)/A gauche, Ebrahim Raisi à Téhéran, en Iran, le 18 juin 2021. (Crédit :  AP Photo/Ebrahim Noroozi)
A droite, le leader du Hezbollah Hezbollah leader Hassan Nasrallah fait un discours à Beyrouth, au Liban, le 24 octobre 2015. Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, File)/A gauche, Ebrahim Raisi à Téhéran, en Iran, le 18 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Le secrétaire général du groupe terroriste chiite libanais pro-Iran Hezbollah, Hassan Nasrallah, a félicité dimanche le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi et l’a appelé à poursuivre l’appui à la « résistance » menée depuis la Révolution islamique contre les « agresseurs » israélien et occidentaux.

Raissi, ancien haut-responsable judiciaire, a recueilli presque 62% des votes lors des élections de vendredi – la participation électorale s’étant élevée à 48,8% – après la disqualification ou l’abandon de ses rivaux les plus importants dans la course à la présidentielle.

Dans une lettre envoyée à Raïssi, ultra-conservateur proclamé vainqueur samedi de la présidentielle iranienne de la veille, M. Nasrallah a salué une « grande victoire (…) à un moment sensible et fatidique de l’histoire de l’Iran et de la région ».

« Votre victoire a ravivé les espoirs du peuple iranien et des peuples de notre région » qui « voient en vous une forteresse et un soutien solide (…) à la résistance contre les agresseurs », est-il écrit dans la lettre communiquée aux journalistes par le bureau de presse du parti chiite.

Le Hezbollah libanais, organisation terroriste, fait partie de ce qu’ils appellent l' »axe de la résistance », qui inclut l’Iran, la Syrie et leurs alliés engagés contre Israël et l’Occident.

Téhéran soutient ouvertement des groupes armés palestiniens comme le Hamas ou le Jihad islamique et appuie militairement et financièrement le Hezbollah libanais, ennemi d’Israël voisin.

Poids lourd de la vie politique libanaise, le parti chiite a combattu aux côtés du régime syrien, appuyé par Téhéran, dans la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011.

Le groupe terroriste du Hamas s’est aussi réjoui de la victoire de Raissi dans un communiqué.

« Nous demandons à Dieu de lui faire connaître la réussite à la tête du pays, de servir la république islamique d’Iran… et qu’il puisse continuer à renforcer les positionnements honorables de l’Iran en solidarité avec la Palestine et sa juste cause et qu’il puisse également soutenir la détermination des Palestiniens », a fait savoir l’organisation samedi.

La république islamique est un soutien financier de longue date du Hamas, groupe terroriste à la tête de Gaza et qui cherche ouvertement à détruire l’État juif.

Son porte-parole Hazem Qaseem, a « félicité » l’Iran pour « le succès du processus démocratique » et la victoire d’Ebrahim Raïssi. « L’Iran a toujours été un des principaux soutiens, fort et fiable, de la résistance palestinienne et de notre cause nationale », a-t-il précisé.

Un officiel du Jihad islamique palestinien, autre groupe terroriste soutenu par l’Iran à Gaza, a aussi félicité Raissi avec chaleur.

« Une fois encore, la population iranienne a répété son attachement à la révolution et au régime. Nous félicitons la république islamique et le peuple iranien pour cette grande victoire », aurait dit, selon Reuters, Youssef al-Hassayna.

Le président syrien Bachar al-Assad écoute son homologue russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Damas, en Syrie, le 7 janvier 2020. (Crédit : Alexei Druzhinin/Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)

Samedi, le dictateur syrien Bachar al-Assad a également félicité M. Raïssi, l’appelant à assurer la gouvernance de l’Iran dans l’esprit de « la Révolution islamique (…) face aux plans et pressions » externes.

« Les Iraniens ont été privés de leur droit à choisir leurs propres dirigeants à travers un processus électoral libre et honnête », a déclaré un porte-parole du département d’Etat américain, tout en ajoutant que les Etats-Unis continueraient à participer aux discussions sur le nucléaire iranien.

« Les relations entre nos pays sont traditionnellement amicales et de bon voisinage. J’espère que vos activités à ce poste élevé contribueront au développement ultérieur d’une coopération bilatérale constructive dans divers domaines, ainsi que de notre partenariat dans les affaires internationales », a indiqué le président russe Vladimir Poutine dans un télégramme à M. Raïssi, selon le Kremlin. « Cela répond entièrement aux intérêts des peuples russe et iranien et va dans le sens d’un renforcement de la sécurité et de la stabilité régionales », a ajouté le chef de l’Etat russe.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a félicité Ebrahim Raïssi, faisant le voeu que sa victoire sera « bénéfique pour le peuple iranien ». « La coopération entre nos deux peuples sera renforcée », a-t-il estimé, se disant prêt à travailler avec le président élu.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime lors d’une conférence de presse, à Ankara, Turquie, le 26 octobre 2020. (Présidence turque via AP, Pool)

La dirigeante du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Mariam Radjavi, a déclaré que le « boycottage national » était le « plus grand coup politique et social » porté au système dirigé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Interdit en Iran, le mouvement des Moudjahidine du Peuple (MEK) pense que le taux de participation réel était de 10 % et que les autorités l’ont multiplié par cinq à la faveur de « falsifications astronomiques », selon le CNRI. Les Iraniens ont fait preuve « d’unité et de solidarité » en « boycottant et en disant non au régime autoritaire en Iran », a écrit sur son compte Twitter Réza Pahlavi, fils du chah déchu Mohammad Réza Pahlavi et héritier du trône avant la révolution islamique de 1979.

« Le président Son Altesse Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan a envoyé un message de félicitations au président élu Ebrahim Raisi pour avoir remporté l’élection présidentielle iranienne », selon l’agence de presse des Emirats.

« Le fait qu’Ebrahim Raïssi ait accédé à la présidence au lieu de faire l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité, meurtre, disparitions forcées et torture, est un rappel sinistre que l’impunité règne en maître en Iran », a accusé Amnesty dans un communiqué. L’organisation de défense des droits humains a accusé M. Raïssi d’avoir été membre d’une « Commission de la mort » à l’origine des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires dans le secret de milliers d’opposants détenus lorsqu’il servait comme procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran en 1988.

Le Premier ministre désigné Naftali Bennett s’adresse à la Knesset, le 13 juin 2021. (Capture d’écran)

L’élection de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi en Iran est un « signal » pour que les « puissances » étrangères se « réveillent » avant de revenir à un accord sur le programme nucléaire iranien, a plaidé dimanche le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett. Qualifiant M. Raïssi de « président le plus extrémiste » élu en Iran depuis la révolution de 1979, la diplomatie israélienne avait prévenu samedi soir que sa victoire « devrait susciter une grave inquiétude » dans le monde. Naftali Bennett, qui a succédé la semaine dernière à Benjamin Netanyahu à la tête du gouvernement israélien, a déclaré en conseil des ministres que M. Raïssi, déclaré vainqueur samedi de la présidentielle iranienne, n’avait « pas été choisi par le peuple iranien mais par (l’ayatollah) Khamenei ». « Le choix de Raïssi est un signal pour que les puissances se réveillent, un signal de dernière minute peut-être avant de revenir sur l’accord sur le nucléaire, pour leur permettre de comprendre avec qui elles font affaire et quel type de régime elles vont choisir de renforcer », a déclaré M. Bennett.

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