Le Jihad islamique peut tirer jusqu’à 1 000 roquettes par jour, selon son chef
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Le Jihad islamique peut tirer jusqu’à 1 000 roquettes par jour, selon son chef

Des ballons incendiaires ont entraîné trois feux en Israël, et 7 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière gazaouïe, provoquant des émeutes qui ont fait 11 blessés

Le général Ziad Nakhaleh , secrétaire-général-adjoint du Jihad islamique à l'époque, lors d'un discours, le 14 août 2018 (Capture d'écran :   Palestine Today)
Le général Ziad Nakhaleh , secrétaire-général-adjoint du Jihad islamique à l'époque, lors d'un discours, le 14 août 2018 (Capture d'écran : Palestine Today)

Le responsable du Jihad islamique palestinien à Gaza a averti vendredi que les groupes terroristes de la bande ont la capacité d’envoyer 1 000 roquettes par jour sur le territoire israélien pendant un mois, et qu’ils disposent de missiles susceptibles de transporter une ogive d’une demi-tonne.

S’exprimant lors d’un entretien avec la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah, Ziad Nakhaleh a indiqué que son groupe et le Hamas amélioraient quotidiennement leurs capacités, citant en exemple ces ogives de taille.

« Lors de la dernière série de combats, nous nous sommes retenus et n’avons tiré que 700 roquettes en deux jours », a assuré Nakhaleh, ajoutant que le groupe s’était aussi abstenu de prendre pour cibles certaines villes situées au cœur d’Israël.

« Au cours du prochain conflit, nous ne nous contenterons pas d’ouvrir le feu sur Tel Aviv mais sur toutes les villes, et ce quoi qu’il puisse arriver », a-t-il indiqué, clamant qu’il avait la capacité d’envoyer sur l’Etat juif jusqu’à 1 000 roquettes par jour pendant un mois.

Un siège de balançoire d’enfant devant la maison de la famille Wolf dans le village du centre d’Israël de Mishmeret, qui a été détruite aux premières heures du matin le 25 mars 2019 par une roquette tirée depuis Gaza. (Jack Guez/AFP)

Un calme tendu a prévalu depuis le week-end de violences survenu au début du mois. Lors de cette flambée, le Hamas et le Jihad islamique palestinien avaient lancé presque 700 roquettes en direction de l’Etat juif.

Un accord de cessez-le-feu avait été négocié alors qu’Israël tentait de s’assurer d’un retour au calme avant les célébrations de Yom HaAtsmaout et le coup d’envoi du concours de l’Eurovision.

Depuis lors, l’Etat juif a allégé ou réimposé des restrictions sur l’enclave côtière en fonction du niveau de violence émanant de la bande, en particulier avec les ballons incendiaires.

Israël a annoncé mercredi avoir renforcé les restrictions sur la zone de pêche autorisée au large de Gaza après l’envoi, vers son territoire, de ballons transportant des matériaux combustibles.

La zone ouverte aux pêcheurs palestiniens a été réduite à un maximum de 16 et quelques kilomètres contre 24 auparavant, a fait savoir le COGAT, unité du ministère de la Défense en charge de ce type de régulations.

Cette initiative a été prise deux jours après que la zone de pêche avait été réélargie à 24 kilomètres, après la restriction décidée en réponse au lancement de ballons incendiaires la semaine dernière.

Trois incendies ont été déclenchés vendredi par des ballons, dont un qui a touché la forêt Beeri, à proximité de la frontière avec Gaza. Les sapeurs-pompiers ont été dépêchés sur place.

Un incendie dans la région d’Eshkol, le 22 mai 2019. (Crédit : Eli Cohen/sapeurs pompiers israéliens)

Depuis le mois de mars dernier, les ballons incendiaires ont provoqué des feux qui ont détruit des milliers d’hectares de terres agricoles et de réserves naturelles dans le sud d’Israël, en particulier, dans les zones frontalières avec Gaza.

Ces dispositifs ont été lancés pendant les manifestations et les émeutes hebdomadaires du vendredi le long de la frontière.

Environ 7 000 Palestiniens se sont réunis le long de la frontière sur cinq sites différents, vendredi, certains jetant des pierres et des bombes artisanales en direction des soldats israéliens qui ont répondu par des gaz lacrymogènes et des tirs occasionnels.

Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, 11 personnes ont été blessées.

Des manifestants palestiniens lancent des pierres sur des soldats israéliens à l’est de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. lors de manifestations marquant le 71ème anniversaire de la Nakba. (Said KHATIB / AFP)

Les propos d’Al-Nakhala sur le lancement de missiles vers Israël ont été tenus vingt-quatre heures après qu’un dirigeant du Hamas, Yahya Sinwar, a remercié l’Iran d’avoir fourni à son groupe terroriste les roquettes utilisées pour frapper Israël au sein de son territoire. Il a également averti l’Etat juif que Tel Aviv serait à nouveau frappé en réponse à toute offensive menée contre la bande de Gaza.

« L’Iran nous a fourni des roquettes et nous avons créé la surprise dans le monde lorsque notre résistance a atteint Beer Sheva », a dit Sinwar dans un discours prononcé en direct à la télévision, se référant aux roquettes lancées vers la ville du sud israélien située à environ 50 kilomètres de Gaza.

« S’il n’y avait pas eu l’Iran, la résistance en Palestine n’aurait pas possédé ses capacités actuelles », a noté Sinwar.

Le responsable du Hamas a ensuite déclaré que si Israël devait « reprendre ses agressions », son groupe frapperait Tel Aviv et d’autres villes avec deux fois plus de roquettes.

Des gens inspectent les dégâts causés par une roquette tirée depuis la bande de Gaza sur une maison de la ville de Beer Sheva le 5 mai 2019. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Cela fait longtemps qu’Israël accuse l’Iran de tenter d’armer les groupes terroristes palestiniens à Gaza. Jérusalem a mis en place un blocus dans la bande pour tenter d’empêcher l’importation de systèmes avancés d’armements.

L’Iran a également fourni des dizaines de milliers de roquettes au groupe terroriste du Hezbollah, au Liban.

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