Le journal d’Adelson à Vegas lâche Trump, mais celui en Israël garde espoir
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Le journal d’Adelson à Vegas lâche Trump, mais celui en Israël garde espoir

Après avoir déclaré Biden vainqueur, le "Las Vegas Review-Journal" reproche au président ses accusations de fraude ; "Israël Hayom" continue d'affirmer qu'il a encore une chance

Le président américain Donald Trump (à droite) tape sur le bras de Sheldon Adelson, directeur général de la Las Vegas Sands Corporation et méga-donateur républicain, avant de s'exprimer lors du sommet national du Israeli American Council [Conseil Israélien Américain] à Hollywood, en Floride, le 7 décembre 2019. (Patrick Semansky/AP)
Le président américain Donald Trump (à droite) tape sur le bras de Sheldon Adelson, directeur général de la Las Vegas Sands Corporation et méga-donateur républicain, avant de s'exprimer lors du sommet national du Israeli American Council [Conseil Israélien Américain] à Hollywood, en Floride, le 7 décembre 2019. (Patrick Semansky/AP)

Un important journal appartenant au magnat des casinos Sheldon Adelson, l’un des principaux bailleurs de fonds de Donald Trump, s’est retourné contre le président américain, reconnaissant la victoire de Joe Biden aux élections et l’exhortant à renoncer à son récit mensonger de fraude électorale.

En revanche, le journal israélien d’Adelson, Israel Hayom, continue de dire à ses lecteurs que Trump a encore une chance de vaincre le président désigné par les médias Biden.

Le Las Vegas Review-Journal n’a pas perdu de temps et a fait sa première page dimanche dernier avec le titre « Biden a gagné » en grosses lettres d’imprimerie au-dessus d’un décompte des votes des collèges électoraux qui a placé Biden avec une avance de 290 à 214 sur Trump, ainsi qu’une photo de Biden et de la vice-présidente désignée Kamala Harris et de leurs conjoints levant la main en signe de victoire.

Si cela ne suffisait pas encore pour Trump, le Las Vegas Review-Journal a publié plus tard dans la semaine un éditorial véhément affirmant que Trump « rend un mauvais service à ses partisans les plus enragés en insistant sur le fait qu’il aurait gagné l’élection du 3 novembre sans fraude électorale. C’est tout simplement faux ».

L’éditorial a insisté sur le fait qu’il n’y avait « aucune preuve » que la fraude électorale avait coûté la victoire à Trump et a déploré le manque de preuves fournies par la campagne du président pour prouver la tentative destinée à « voler » l’élection.

« M. Trump a perdu cette élection parce qu’il n’a finalement pas attiré suffisamment de votes et n’a pas réussi à gagner une poignée d’États charnière qui lui ont ouvert la voie en 2016 », a déclaré le journal.

Mais à Israël Hayom, qui appartient également à Adelson et à sa femme Miriam, le ton est resté très différent.

« La victoire de Biden, même si elle s’avère certaine, n’est toujours pas acquise, et certainement pas officielle », a écrit le chroniqueur Ariel Kahane vendredi. « L’entité qui élit le président, le collège électoral, ne s’est pas encore réuni. Le décompte des voix n’est pas terminé. En tout cas, le perdant n’a pas reconnu les résultats. Il a affirmé que l’élection avait été volée, qu’il y avait eu fraude et qu’en fait la victoire lui avait été arrachée ».

Et il n’y a pas que Kahane, la première page du journal a été remplie d’articles toute la semaine soulignant les allégations de Trump concernant la fraude électorale. Jeudi, en première page, on pouvait lire « ne jamais abandonner », avec la photo d’un président américain provocateur.

Il a certes déclaré « Biden est président » en première page dimanche dernier, mais il a inclus un grand sous-titre avec une citation de Trump disant « ce n’est pas fini ».

Une autre de ses chroniqueuses de droite, Caroline Glick, continue de rédiger des articles d’opinion affirmant que Trump a encore une chance et que des recomptages dans plusieurs Etats pourraient lui permettre de remporter un second mandat.

Les premières pages de journaux israéliens, (en haut à droite) « Maariv », « Haaretz », « Israel Hayom » et (en bas) « Yedioth Ahronoth », leurs titres présentant les résultats des élections générales américaines de 2020, le 8 novembre 2020. (Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP)

Le rédacteur en chef d’Israel Hayom, Boaz Bismuth, a cependant largement jeté l’éponge, reconnaissant la victoire de Biden, mais s’éloignant de la voie du Journal-Review en faisant l’éloge de Trump pour sa politique et ses actions relatives à Israël pendant ses quatre années de mandat. « Il n’y aura jamais un autre président à la Maison Blanche avec un tel amour pour Israël », a écrit Bismuth lundi.

Le mois dernier, le GOP s’est inquiété du fait que la campagne de Trump battait de l’aile et pourrait ne pas être en mesure de rectifier le tir. Les Adelson ont donc fait don de 75 millions de dollars au Preserve America super PAC qui a attaqué Biden avec acharnement.

Trump aurait reproché à Sheldon Adelson en septembre de ne pas avoir donné suffisamment à la campagne, la collecte de fonds de Biden ayant commencé à dépasser celle du président sortant.

Adelson aurait également versé 87 millions de dollars pour la résidence de l’ambassadeur américain dans la banlieue de Tel Aviv, peut-être pour empêcher Biden de déplacer l’ambassade dans cette ville (bien que Biden ait déclaré qu’il n’en avait pas l’intention). M. Trump affirme que le déménagement de l’ambassade à Jérusalem a été l’un des temps forts de sa présidence.

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