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Le Liban mise sur le tourisme pour pallier la crise économique inédite

Le Liban traverse l'une des pires crises socio-économiques, sa monnaie a perdu plus de 90 % de sa valeur et environ 80% de la population libanaise est plongée dans la pauvreté

Des partisans du président libanais Michel Aoun agitent des drapeaux nationaux et des bannières de couleur orange du parti politique qu'il a fondé (Le Mouvement patriotique libre) lors d'une contre manifestation à proximité du palais présidentiel à Baabda le 3 novembre 2019.(Photo by Anwar AMRO / AFP)
Des partisans du président libanais Michel Aoun agitent des drapeaux nationaux et des bannières de couleur orange du parti politique qu'il a fondé (Le Mouvement patriotique libre) lors d'une contre manifestation à proximité du palais présidentiel à Baabda le 3 novembre 2019.(Photo by Anwar AMRO / AFP)

Le Liban mise sur le retour des touristes cet été pour injecter plus de trois milliards de dollars dans l’économie de ce pays miné par une crise financière sans précédent depuis plus de deux ans, a affirmé mercredi le ministre du Tourisme.

Depuis 2019, le Liban traverse l’une des pires crises socio-économiques dans l’histoire du monde depuis 1850, selon la Banque mondiale. La monnaie nationale a perdu plus de 90 % de sa valeur et environ 80% de la population libanaise est plongée dans la pauvreté.

« Cet été est prometteur ! », a déclaré à l’AFP Walid Nassar, ministre libanais du Tourisme. « Nous nous attendons à plus d’un million de touristes et des recettes de près de 3,5 milliards de dollars américains (environ 3,3 milliards d’euros) cet été. »

Selon le ministre, environ 75 % des touristes attendus cet été sont des Libanais de la diaspora qui rentrent au pays pour visiter leurs proches.

« Les 25 % qui restent sont des étrangers venant principalement de l’Egypte, l’Irak, la Jordanie et des pays du Golfe », a dit M. Nassar.

Le tourisme constituait avant 2019 un pilier de l’économie libanaise, générant environ 10 milliards de dollars (près de 9,5 milliards d’euros) de recettes par an.

Mais la crise économique, suivie de l’épidémie du Covid-19 et de l’explosion meurtrière du port du Beyrouth qui a dévasté la capitale faisant plus de 200 morts et des milliers de blessés, ont complètement anéanti le secteur touristique.

« Certains hôtels ont fermé leurs portes à Beyrouth, mais plus de 120 maisons d’hôtes ont ouvert à travers le pays et les prix des services touristiques sont concurrentiels » par rapport aux pays voisins, a estimé M. Nassar.

Le ministre s’est par ailleurs voulu rassurant sur la question sécuritaire, affirmant que la « situation est stable » dans le pays qui demeure techniquement en état de guerre avec Israël.

« Les responsables savent à quel point la réussite de cette saison estivale est importante » pour l’économie du pays, a-t-il ajouté.

Les tensions avec le Liban ont été fortes, récemment, après des menaces proférées par le leader du Hezbollah à l’encontre d’Israël en raison du projet de l’État juif d’extraire du gaz se trouvant dans une réserve offshore disputée. Le groupe terroriste, avait dit Hassan Nasrallah, était capable d’empêcher Israël de mener ce projet à bien, y-compris en utilisant la force.

Israël et le Liban sont actuellement en lutte concernant les droits d’exploitation du champ gazier Karish qui, selon le gouvernement de l’État juif, se trouve dans sa zone économique exclusive telle qu’elle est reconnue par l’ONU – le Liban disant, de son côté, qu’il se trouve dans les eaux actuellement disputées.

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