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Le marié et 6 invités du « mariage de la haine » condamnés pour incitation au terrorisme

"La nature provocatrice des faits ne peut être niée", déclare le juge à propos des images choquantes de 2015 montrant les convives fêter le meurtre d'un bébé palestinien

Capture d'écran d'une vidéo montrant des participants à un mariage juif israélien extrémiste célébrant le meurtre de la famille Dawabsha. (Crédit : capture d'écran : Channel 10)
Capture d'écran d'une vidéo montrant des participants à un mariage juif israélien extrémiste célébrant le meurtre de la famille Dawabsha. (Crédit : capture d'écran : Channel 10)

Le tribunal de première instance de Jérusalem a condamné mardi le marié et six autres invités à un mariage en 2015 qui avaient été filmés célébrant le meurtre d’un bébé palestinien.

Les images du « mariage de la haine », diffusées par la Dixième chaîne en 2015, montrent des dizaines d’invités d’extrême droite fêtant l’attaque meurtrière d’une famille palestinienne dans le village de Douma, en Cisjordanie, brandissant des armes à feu, des couteaux et un cocktail Molotov factice. L’un des participants avait imprimé une photo d’Ali Dawabsha, le bébé de 18 mois tué dans l’attaque à la bombe incendiaire plusieurs mois auparavant, avec ses parents, et la brandissait en l’air avant de la poignarder avec un couteau, au milieu d’invités qui dansaient avec frénésie.

Les sept accusés ont été condamnés pour incitation à la violence et au terrorisme, mais le chanteur du mariage, qui a interprété certaines des chansons en utilisant des textes juifs faisant référence à la vengeance, a été acquitté en raison du manque de preuves contre lui.

« J’ai constaté que le caractère provocateur de l’événement ne peut être nié. Un appel à la vengeance contre les Arabes – devant toutes les personnes qui étaient présentes au mariage », a écrit le juge Itai Cohen dans sa décision, ajoutant que ceux qui se moquent de sa gravité devraient imaginer comment ils auraient réagi si, à la place de la photo de Dawabsha, les accusés avaient mis celle d’un bébé juif.

« Il s’agissait d’une manifestation de joie liée au meurtre de personnes innocentes, accompagnée de chansons provocatrices appelant à la vengeance, ce qui a eu pour effet de galvaniser les invités », a écrit Cohen.

Dov Moral, qui figure parmi les sept condamnés, a déclaré mardi dans un communiqué qu’il regrettait sa participation à l’évènement qui a choqué une grande partie du pays, mais il a fait valoir que les autorités israéliennes avaient appliqué la loi de manière sélective et que ses actions ne constituaient pas une infraction pénale.

En septembre dernier, un tribunal pour mineurs de Jérusalem a acquitté cinq autres suspects aussi présents au mariage, le juge ayant fait valoir que la participation des mineurs à la danse ne pouvait pas automatiquement être interprétée comme acte de soutien pour nuire à la famille Dawabsha. Il a également pris en compte leur âge et le fait que certains d’entre eux étaient ivres.

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