Mort d’un bébé/mariage : 5 ados accusés d’incitation au terrorisme disculpés
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Mort d’un bébé/mariage : 5 ados accusés d’incitation au terrorisme disculpés

Le juge a statué que l'accusation a été influencée par la couverture médiatique pour intenter un procès contre les participants, mineurs au moment des faits

Des extrémistes juifs israéliens célébrant les meurtres de membres de la famille Dawabsha pendant un mariage (Capture d'écran Dixième chaîne)
Des extrémistes juifs israéliens célébrant les meurtres de membres de la famille Dawabsha pendant un mariage (Capture d'écran Dixième chaîne)

Un tribunal de Jérusalem a disculpé, mercredi, cinq Juifs qui avaient été condamnés pour incitation au terrorisme pour avoir célébré le meurtre d’un bébé palestinien lors d’un mariage en 2015.

Le juge du tribunal pour mineurs Shimon Leibo a jugé qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour condamner les cinq suspects d’incitation au terrorisme et à la violence, expliquant que « l’élément de conscience requis dans les délits d’incitation n’a pas été prouvé au-delà d’un doute raisonnable ».

Les noms des cinq personnes, qui étaient mineures au moment des faits, font l’objet d’un embargo.

Sur les images de la vidéo – qui avait été surnommée « le mariage de la haine » – figuraient plusieurs amis des personnes qui avaient été accusés d’un attentat au cocktail Molotov qui avait pris pour cible l’habitation de la famille Dawabshe, dans le village palestinien de Duma.

Dans la séquence, diffusée par la Dixième chaîne, les fêtards, lors du mariage, poignardent une photo d’Ali Dawabshe, un bébé de 18 mois qui était mort brûlé vif dans l’attaque avec ses parents. Ils brandissent également des couteaux, des fusils, d’autres armes à feu et des cocktails Molotov. L’assistance chante alors les paroles d’une chanson incluant un verset du Livre des Juges, 16:28, dans lequel Samson dit : « donne-moi de la force cette fois seulement pour que je me venge des Philistins pour l’un de mes deux yeux ! » – les fêtards changeant le mot « Philistins » par « Palestiniens ».

Huit autres adultes ont été inculpés pour leur participation au mariage et l’affaire les concernant est toujours en cours.

Leibo a déclaré que la participation des mineurs à la danse ne pouvait pas nécessairement être interprétée comme un soutien au préjudice causé à la famille Dawabsha. Il a également noté leur âge et le fait que certains d’entre eux étaient ivres.

Leibo a rejeté l’argument de l’accusation selon lequel les mineurs étaient conscients de tous les éléments de la danse, y compris le fait de poignarder la photo du bébé Dawabsha.

Le juge a critiqué la police pour avoir divulgué des images du mariage à un journaliste, alors que leur enquête était toujours en cours. Il a également critiqué l’accusation pour ce qu’il a considéré comme une application sélective de la loi par rapport à d’autres cas où des personnes n’ont pas été inculpées.

La vidéo a suscité une large indignation lors de sa diffusion, et Leibo a indiqué que l’accusation avait été influencée par la couverture médiatique pour poursuivre l’affaire.

« Les considérations qui sont normalement utilisées pour clore d’autres affaires et même pour ne pas ouvrir une enquête n’ont pas été utilisées ici, même si elles étaient nombreuses », a-t-il écrit.

« La principale considération contre les prévenus est la considération médiatique », a écrit le juge.

Dans une déclaration faisant suite au jugement, le ministère public a insisté sur le fait qu’il avait déposé les actes d’accusation de 2016 dans cette affaire « après un examen factuel et juridique approfondi », ajoutant qu’ils examineraient le verdict et envisageraient les prochaines étapes.

L’avocat des suspects, Moshe Polsky, du groupe d’aide juridique de droite Honenu, a déclaré dans un communiqué qu’il était « heureux que le tribunal ait accepté le bien-fondé de nos demandes, à la fois parce qu’il n’y avait pas d’incitation et parce que le ministère public a pris des mesures d’application sélective. »

Il a déclaré que ses clients étaient visés en raison de leurs antécédents de « jeunes des collines », connus pour s’être installés illégalement sur des collines de Cisjordanie et avoir parfois commis des attaques contre des Palestiniens et des forces de sécurité israéliennes.

 

 

 

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